Journée mondiale de la liberté de la presse: Les journalistes s’auto-évaluent

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*2016 est une année des grands enjeux et des défis politiques majeurs, en considérant que c’est au cours de cette année que sera organisée l’élection présidentielle. Comme nous l’avons vécu en 2006 et en 2011,  les professionnels des médias seront au cœur de ces enjeux car, c’est par eux que transitent tous les messages de paix et de haine. Entre-temps, chaque jour qui passe nous dévoile la hauteur de la charge du journaliste à l’approche de la période de tous les enjeux et de tous les dangers si hic et nunc les politiques ne se mettent pas d’accord pour nous éviter l’impasse

*Toujours en ce qui concerne la Rd Congo, en l’espace de six mois, soit depuis la publication du dernier rapport de « Journaliste en danger », qui avait recensé au moins 72 cas,   cette organisation a déjà documenté au moins 41 cas d’attaques contre les journalistes depuis le début de l’année. Et au moment où est célébrée cette journée, au moins deux journalistes croupissent en prison, une dizaine de médias sont fermés sur l’ensemble du pays, pendant que 15 journalistes ont été arrêtés et privés de liberté pendant au moins une longue période

En République démocratique du Congo, les organisations professionnelles des journalistes ont commémoré cette journée dans un contexte dominé par les préparatifs au dialogue qui devra conduire aux élections voulues transparentes et apaisées. Voilà qui a poussé M. Kasonga Tshilunde, président de l’Union nationale de la presse congolaise (UNPC) à dire que « la célébration annuelle de la journée internationale de la presse, c’est une occasion qui nous est offerte afin de nous interroger sur notre profession, la manière dont nous l’exerçons, les contraintes auxquelles nous sommes soumis, avant de trouver des approches pour des améliorations alternatives ».

Et d’ajouter que chaque année, un nouveau thème nous est proposé par ceux qui dirigent le monde. En 2016, il s’agit de « l’accès à l’information et aux libertés fondamentales ». En effet, 27 ans après l’instauration de cette journée, qu’est-ce qui a changé? se demande-t-il, avant de préciser qu’il ya beaucoup de choses à dire.

En effet, l’année 1991 a été une importante année pour la presse, car les journalistes africains ont adopté la déclaration sur le pluralisme et l’indépendance des médias, sans oublier la conférence générale de l’UNESCO qui en faisait autant. Depuis lors, le 3 mai est un jour d’interpellation des professionnels des médias, de leur organisation et de l’interpellation des gouvernants sur l’exercice de la liberté de la presse, en relevant les avancées ainsi que les atteintes.

C’est dans ce contexte que 2016 demeure une année des grands enjeux et des défis politiques majeurs, en considérant que c’est au cours de cette année que sera organisée l’élection présidentielle. Comme nous l’avons vécu en 2006 et en 2011,  les professionnels des médias seront au cœur de ces enjeux car, c’est par eux que transitent tous les messages de paix et de haine.

Pour lui, la lutte pour la liberté de la presse est permanente et l’accès à l’information un droit. Elle parait plus riche que les années antérieures. Chaque jour qui passe nous dévoile la hauteur de la charge du journaliste à l’approche de la période de tous les enjeux et de tous les dangers si hic et nunc les politiques ne se mettent pas d’accord pour nous éviter l’impasse.

Au fur et à mesure que nous avançons inexorablement vers la tenue des élections, que les uns et les autres veulent sur le bout des lèvres libres, transparentes et apaisées… A  en croire Kasonga Tshilunde, la liberté de la presse ne se donne pas ; elle s’arrache. Mais pour le faire, il faut le respect de l’éthique, de la déontologie et des lois du pays dans le traitement des informations. Car, fondamentalement, l’information électorale diffère de l’information tout court, dès lors que les principes de base sont respectés : chercher l’information à la source, s’assurer de la crédibilité de cette source, ne pas se contenter d’une seule source, mais de plusieurs pour conforter son information et équilibrer celle-ci. C’est ainsi que le code de déontologie insiste sur deux ou trois principes fondamentaux à savoir : la protection de ses sources d’information, ainsi que la liberté d’enquêter sur tous les faits qui conditionnent la vie publique.

Une dizaine de médias fermés

Au niveau de l’Ong « Journaliste en danger », les plus jeunes professionnels des médias risquent chaque jour la mort ou la prison pour chercher à informer les autres. Et Tshivis Tshivuadi de renchérir qu’en Rd Congo, si on peut se féliciter des garanties constitutionnelles liées à la liberté de la presse, de l’exercice d’une loi particulière qui détermine l’exercice de la liberté de la presse, force est de constater que les professionnels des médias en Rdc font face à des difficultés de tous ordres dans l’exercice de leur fonction.

« L’explosion médiatique que nous observons depuis plusieurs années en Rdc et dont on pourrait se plaindre ou se féliciter, ne peut occulter les grands maux qui minent cette profession et qui, du coup, jettent l’ombre sur la liberté de la presse en Rdc », dit-il, avant d’épingler parmi ces maux, la pauvreté des entreprises de presse, avec ses conséquences sur la modicité de la rémunération des journalistes qui en fait des proies faciles à la corruption et à la mendicité ; les actes de violence physique ou morale auxquels font face les journalistes dans l’exercice de leur métier ; l’impunité dont jouissent des personnes identifiables civiles ou militaires qui s’en prennent aux médias ou entravent le travail des journalistes ; les difficultés d’accès aux sources d’information surtout officielles ; les dérives d’éthiques et de déontologies parfois flagrantes qui jettent un doute sur le travail de certains journalistes et la crédibilité des médias ; le recours à une législation répressive pour faire taire des journalistes qui écrivent sur des sujets qui fâchent tels que la corruption, les droits de l’homme ;

Cette liste de maux et de difficultés à exercer la profession n’est pas exhaustive. Tous ces facteurs pris séparément ou ensemble, justifient l’image peu reluisante de la Rd Congo sur le plan des droits de l’homme en général et qui justifie que notre pays occupe la 152ème place sur 180 pays dans le dernier classement de Reporter au monde.

En l’espace de six mois, explique Tshivis Tshivuadi, soit depuis la publication de notre dernier rapport, qui avait recensé au moins 72 cas,   nous avons déjà documenté au moins 41 cas d’attaques contre les journalistes depuis le début de l’année. Et au moment où nous célébrons cette journée, au moins deux journalistes croupissent en prison, une dizaine des médias sont fermés sur l’ensemble du pays, pendant que 15 journalistes ont été arrêtés et privés de liberté pendant au moins une longue période.

Raison pour laquelle il a engagé un débat sur la situation qui prévaut dans le secteur des médias congolais, les pratiques et les grands défis qui nous attendent, en posant la question de savoir, avec quels médias va-t-on construire le nouveau Congo auquel nous aspirons tous ?

Dernier à prendre la parole, Tito Ndombi, président du CESAC a préféré aborder le thème prévu pour le colloque : « La liberté de l’information et la responsabilité du journaliste en période de crise ». Parce que selon lui,  « au conseil, nous avons fait de la responsabilité du journaliste un thème essentiel de toutes les actions que nous menons, parce que si les journalistes prennent leur responsabilité, ça pourra être une solution à beaucoup d’écueils que rencontre la profession. En période de crise, le professionnalisme du journaliste est souvent mis à rude épreuve plus qu’en temps normal, parce qu’en période de crise, l’homme a tendance à prendre le dessus sur le journaliste appelé pourtant à travailler sur base des principes.

(JMNK)

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