,journaliste à la radio ECC, Clarisse Musuamba : « Mon handicap ne m’est un motif ni de faiblesse ni de sous-estimation »

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Journaliste à la radio de l’Eglise du Christ au Congo, ECC depuis plusieurs années, la consœur Clarisse Musuamba Pululu la  trentaine, (voir photo)- dont le discours suit,- est épouse et mère de famille. Elle vit avec un handicap à une jambe, mais cela ne l’empêche pas de garder courage. Elle évolue, décomplexée, dans son secteur professionnel dont elle rend témoignage « L’Avenir-Femme ». « Personnellement, je ne tiens pas compte de mon handicap, qui ne m’est un motif ni de faiblesse ni de sous-estimation », a-t-elle confié.

Vivre avec un handicap et s’épanouir,  La question qui prime est de construire une confiance en soi. Car c’est plus les compétences intellectuelles qui comptent avant tout, renchérit-elle.  Et une personne en situation de handicap est valorisée par la famille dont elle est issue. D’où, l’on parlerait d’une bonne base. En effet, j’ai été instruite comme tous les autres enfants en famille, j’ai eu les mêmes affections, voire davantage que mes frères. Pour mes parents, l’idée était de me mettre en confiance envers moi-même.  Quand j’avais besoin de quelque chose, ils faisaient tout pour me satisfaire. J’ai vécu une ambiance équilibrée en famille, et c’est ce qui a fait que je sois ce que je suis aujourd’hui. Parlant de mon parcours scolaire, je me distinguais chaque fois parmi les autres condisciples. Ce qui faisait que mon état physique ne puisse pas faire l’objet de moquerie.

De nombreuses femmes se sous-estiment à cause de leur handicap quelconque, c’est parce qu’elles ont vécu dans un entourage moins favorable à leurs conditions de vie physique ou mentale. Elles ont été mal entourées tout simplement. Voilà la cause de leur complexe.

Vaincre loisiveté cest se forger une nouvelle personnalité

Durant la journée, « pour ne pas se sentir inutile  », telle la phrase employée par une dame qui a requis l’anonymat, je cherche à m’occuper par le petit commerce pour ne fut ce que gagner un petit rien pour satisfaire au besoin de premier nécessité de la famille, étant  donné je ne sais où l’on s’occupe de personne vivant avec handicap. La jeune femme a aussi peur de l’image qu’elle renvoie à ses deux enfants de 8 ans et 10 ans, qu’elle élève seule : « Même pour eux, ce n’est pas bon. J’ai envie de projeter l’image d’une maman active. Ils m’ont toujours connue en train de travailler », regrette-t-elle. La famille est contrainte de se serrer la ceinture

Plus que son handicap, la situation d’inertie dans laquelle elle se sent maintenue l’exaspère. Elle trouve que cela reflète bien le regard que porte la société  sur les handicapés. « On est quantité négligeable », regrette-t-elle.

La société taxe d’invalides les personnes vivant avec handicap et qui font l’objet de discriminations. Parfois délaissées, pas de structures adéquates pour leurs épanouissement.

De manière générale, une personne handicapée est celle sui souffre d’une déficience physique et qui est déclarée invalide. Selon le médecin en formation, Kayokolo Mukadi Bernard, lorsqu’on parle d’une personne handicapée, c’est lorsqu’elle est en perte de fonction d’un organe. Et pour faire la réintégration de toutes ces personnes, il y a deux moyens : la rééducation et la réadaptation, a-t-il- souligné. L’essentiel est de remettre cette personne dans ses fonctions perdues, en marche, par des exercices de kinésithérapie ou par les recommandations des ports des prothèses.

Les mauvais traitements à l’égard des personnes vivant avec handicap, plus précisément des femmes « Il n’y en a aucun qui parle du handicap, pas un seul », indique une autre femme handicapée, amputé d’un bras qui a également requis  l’anonymat.  « Nous sommes invisibles. Peut-être qu’on effraie des gens parce qu’ils ont peur de finir comme nous, observe-t-elle. Surtout avec un handicap psychique. Tout de suite, on s’imagine un malade schizophrène dangereux et on nous regarde avec de gros yeux, comme si on allait tuer quelqu’un. »

Effet d’impuissance et de colère, sa voix tremble quand elle évoque le sujet.

« Il y a un manque de volonté politique, un manque de financement », déplore-t-elle. Pourtant, constate-t-elle, « le handicap, ça touche tout le monde à un moment ou un autre de la vie ».

 

(Mamie Ngondo)

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