Jour ‘’J’’ pour la signature de l’arrangement particulier: Ça passe ou ça casse

Si l’on ne s’en tient  qu’au dernier ultimatum de Mgr Fridolin Ambongo, vice-président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), c’est en principe aujourd’hui que doit être signé l’arrangement particulier entre les parties prenantes, qui en détermine les modalités pratiques, pour permettre la mise en application de l’Accord politique inclusif du Centre interdiocésain de Kinshasa. C’est dans ce cadre que les questions importantes liées notamment au profil du candidat Premier ministre, à la procédure de sa désignation et de sa nomination, à la taille et au format du Gouvernement, à la répartition des responsabilités entre les composantes, à la désignation du président du comité national de suivi de l’accord (CNSA) et du rôle de la CENCO après les pourparlers, ont été renvoyées aux discussions des délégués.

Mais à scruter de près ces discussions, il s’avère que ce coup de gueule de la CENCO aura du mal à produire des résultats escomptés. Et à l’allure où vont les choses et considérant la pression tant internationale que populaire, les évêques membres de la CENCO n’auront d’autre choix que de se référer au Président de la République, celui-là même qui leur avait confié la mission de bons offices.   Sinon, à en croire, l’Abbé Jean-Marie Bomengola, le chargé de la Communication de la CENCO, la plénière du vendredi  24 mars s’est penchée sur les questions restées en suspens,  non encore traitées ou pas encore complètement évacuées. Il s’agit du mode de désignation du Premier ministre dont la formulation consensuelle peine à se dégager, la question de partage des ministères, l’évaluation de la mise en œuvre de l’application des mesures de décrispation et celle relative à la présidence du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA).

S’agissant de la formulation par rapport au mode de désignation du Premier ministre, les membres de la sous commission ont exposé les différentes propositions avancées autour de cette question. Le constat est que les délégués n’ont pas évolué dans leurs discussions en petits groupes.

Le deuxième problème sur lequel s’est focalisé le débat, concerne la présidence du CNSA. La restitution des débats qui ont eu lieu en sous-commissions a été faite à la plénière par le modérateur. D’après lui, certains soutiennent qu’on doit suivre ce qui est écrit dans l’Accord du 31 décembre 2016: « le CNSA est présidé par le président du Conseil des sages du Rassemblement ».  Pour d’autres, le décès de M. Etienne Tshisekedi exige qu’on reconsidère cette question, parce qu’il a été désigné à ce poste au titre de ce qu’il représente en tant que personne dans l’échiquier politique congolais. Pour d’autres encore, ouvrir le débat autour de cette question, c’est remettre en cause tous les équilibres qui sont dans l’Accord et donc renégocier tout l’Accord.

Il faut dire que le débat autour de cette question était très passionné, explique le prêtre catholique, qui souligne que certains ont évoqué l’esprit qui a conduit à l’élaboration de cette disposition, d’autres encore ont soutenu que l’écriture consacre la fin du processus de discussion, arguant que la présidence du CNSA ne figure pas parmi les points qui devraient faire l’objet de l’arrangement particulier. Après avoir écouté les arguments des uns et des autres, la médiation a demandé un petit temps de concertation qui a abouti à la rencontre en aparté avec les chefs de délégations. Soulignons que les points concernant la répartition des portefeuilles ministériels, l’évaluation de la mise en œuvre des mesures de décrispation et le chronogramme devraient être traités dans la plénière de samedi dernier.

Le prochain Premier ministre chargé de poursuivre les discussions

Même le samedi dernier, apprend-on de la même source, la plénière n’a commencé qu’à 20h 40’, parce que les délégués ont dû attendre le rapport du groupe qui a travaillé sur la répartition des portefeuilles ministériels. Quatre points ont été annoncés, mais un seul a réellement été traité. Il s’agit de la répartition des portes feuilles ministériels.  Parmi les autres points qui figuraient à l’ordre du jour, l’on peut citer la présidence du CNSA, le rôle de la CENCO et l’évaluation de l’application des mesures de décrispation.

En effet, pour faciliter les discussions sur la répartition des postes ministériels, le rapport regroupe les ministères en quatre secteurs d’activités parmi lesquels : 9 ministères dans le secteur Economie et Finances, 11 ministères dans le secteur Politique et Sécurité, 12 ministères dans les secteurs Productifs et 13 ministères dans le Secteur social. Les composantes ont convenu d’assurer une représentation équitable dans les quatre secteurs en considérant la proportion des ministères relevant de chacune des composantes.

Tenant compte de la répartition effectuée sur base des prétentions exprimées par les composantes. Il est apparu trois catégories : les ministères revendiqués par une seule composante et qui sont considérés comme les ministères attribués ; Les ministères revendiqués par plus d’une composante et qui sont dits ministères en conflit ; les ministères non revendiqués par une composante et considérés comme non attribués.

Les discussions continuent autour de cette question, et les points n’ayant pas recueilli le consensus seront confiés au Premier ministre lors de la formation du gouvernement après la signature de l’arrangement particulier. C’est ici où le problème se pose car, comment prétendre signer l’arrangement particulier et confier un certain nombre des questions au prochain Premier ministre, pendant que son sort fait toujours l’objet d’une vive polémique entre parties prenantes ?

C’est ici qu’en ce qui concerne la formation du Gouvernement au niveau national, la Majorité Présidentielle fait observer que les questions sur la nomenclature des portefeuilles et les quotas réservés aux parties prenantes ont déjà fait l’objet d’un consensus. Le Gouvernement à mettre en place comprendra donc 45 ministres et 8 vice-ministres, soit un total de 53 membres dont les portefeuilles seront répartis de manière suivante: Majorité Présidentielle: 17 ministres et 3 Vice-ministres ;  Rassemblement: 12 ministres et 3 Vice-ministres ; Opposition: 8 ministres et 2 vice-ministres ; Opposition Républicaine: 2 ministres, et la Société civile: 2 ministres.

Quel avenir ?

Parmi les points qui divisent les parties prenantes à l’arrangement particulier de la CENCO, figurent en bonne place l’attitude de l’UDPS qui a claqué la porte, sans oublier la difficulté pour la CENCO de mettre sur la même table les différentes branches du Rassemblement. Comment signer un quelconque arrangement particulier dans ce contexte ? Devant un tableau aussi sombre que compliqué, sur quel signe pouvons-nous voir l’avenir de la Rd Congo ? Si l’on ne s’en tient qu’à la volonté de la classe politique de la Rd Congo, on  est loin de sortir de l’auberge. Mais comme il y a un Garant de la Nation, celui-là qui n’a jamais caché sa volonté d’amener les Congolais aux élections, et de sauver ainsi la démocratie, il ne manquera sans doute pas de prendre les taureaux par les cornes.

(JMNK)

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