Joseph Kabila élève Baudouin Banza à titre posthume

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Inhumation du ministre de la Culture et Arts

Joseph Kabila élève Baudouin Banza à titre posthume 

Banza  s’en est,  enfin,  allé! Ce n’est plus qu’une information qui  a circulé   depuis samedi 14 mai 2016. Mais aujourd’hui, c’est plus qu’une réalité, que celui qui était amoureux des belles lettres,   puisse quitter la terre des hommes à 63 ans. Sa dépouille mortelle a été exposée  le  jeudi 19 mai 2016,  au Palais du peuple. Ses obsèques ont été marquées par une avalanche de  hauts cadres du pays.  Ainsi, sa mort est une grande perte pour la RD Congo. Car,  il était honnête, humble, grand en culture,  homme intègre et intelligent. A dire vrai, le ministre Banza  est un vrai héros ! Il entre  désormais,  dans la lignée   de ceux  qui, depuis  des temps immémoriaux,  ont gagné l’immortalité par la gloire acquise au combat. Il est l’un des héros des  temps modernes qui ont obtenu leur immortalité par le dévouement qu’ils ont porté à la culture de leur pays. Ses écrits témoignent de lui plus que les belles paroles des politiques et des médias aujourd’hui. Sa vie reste pour l’éternité une référence aux générations présentes et futures.  Qui l’a tué véritablement, si ce n’est qu’une pire ennemie qui se colle à  tout homme ? Vieux et jeunes, pauvres et riches, gouvernants et gouvernés. Eh bien, plus que l’on vit, chacun doit se munir de  ses  flèches pour faire face à cette méchante arme qui ouvre la porte à la fatalité.  Il s’agit du diabète de type 2 qui a terrassé  l’illustre disparu depuis les années 1990.

Nonobstant, cette maladie à laquelle il faisait face  avec courage, Baudouin Banza n’a jamais reçu à altérer sa lucidité, son enthousiasme, son dynamisme, et encore moins,  son érudition. Travailleur chevronné, amoureux de  belles lettres jusqu’à la moelle épinière et acteur politique aux convictions inébranlables, le Ministre Banza  Mukalay Nsungu a,  quelques minutes avant l’heure fatale, après avoir traité  quelques  parapheurs, remplissant ainsi ses devoirs  d’Etat à l’article de la mort, ouvert le chantier  de son livre d’entre-deux-mondes, sous le titre : « sur mon lit de mort » !

Banza savait bien  sa mort. Le mal et le pire sont pour ceux qui ne le savent pas. Si on le sait du moins, chacun changera son attitude. Sachant qu’il ne lui restait que très de peu de temps à vivre, Banza, s’inspirant de la vie sociale indienne, a laissé aux Congolais un héritage impérissable : les clés du développement de la RD Congo.  Le premier élément, c’est la prise de conscience des responsables. Le deuxième, c’est la discipline  au travail et la foi dans les valeurs morales.

Sa lettre écrite à ses enfants, l’est aussi pour tous les Congolais. Il s’était ainsi profondément exprimé  par ses mots : «  Depuis décembre 2013, je passe d’hôpital en hôpital, de ville en ville, de pays en pays, rongé par l’aggravation de mon diabète dont je souffre depuis  les années 1990. Diabète de type 2…

C’est à la fin de 2013 que j’ai commencé à sentir des ennuis  sérieux de santé  quand l’espoir  et l’espérance  s’amenuisaient, au fur et à mesure que déclinait ma santé…De vous, je ne recevais que soutien, réconfort… vous m’avez donné le plus beau des cadeaux qu’un parent pouvait espérer de sa progéniture : l’amour, l’affection, l’attention. Votre attitude a permis à ce que la foi que j’avais perdue dans le lien de sang, revienne. Perdu car dans mon cursus, il m’avait été donné de constater que des liens de sang  étaient  souvent  supplantés par l’amour  d’argent, par la jalousie et la haine.

Quand les médecins indiens  ont conclu que mon cas  était,   certes,   grave, mais  que  je pouvais m’en tirer en respectant un régime strict, je me suis  senti libéré, soulagé.  L’Inde est un pays aux  multiples paradoxes, où  la modernité côtoie la tradition. De grands  buildings côtoient des taudis. Des Mercédès côtoient   des piki piki, des vaches, des chiens sur la route…

La question que l’on peut se poser est celle  de savoir comment  les pouvoirs publics  ont réussi  à donner  à manger  à ce peuple si nombreux et si divers.  Comment les pouvoirs publics ont réussi à lui donner des soins  de qualité à moindre coût ?

Le premier élément que je note, c’est la prise de conscience des responsables. Le deuxième, c’est la discipline  au travail et la foi dans les valeurs morales.

En Inde, il y a, certes,  plusieurs  dieux, plusieurs religions, plusieurs croyances, mais chacun croit  fermement en quelque chose.

A la base, il y a évidemment  une vision, une volonté inébranlable de partage. En donnant, nous recevons. Mais donner quoi ? S’interroge-t-on. Il répond : oh ! Compatriotes ! En donnant vous recevez le bonheur, dans le corps ; et vous avez tout à donner. Si vous avez la connaissance, partagez-la ; si vous avez des ressources, partagez-les avec les nécessiteux. Utilisez votre esprit et votre  cœur pour atténuer la peine de ceux qui souffrent ; consolez le cœur triste. En donnant, vous recevez le bonheur. Le Très-Haut va bénir toutes vos actions. Telles sont les paroles d’un centenaire Sree Sivaku Marra.

Ceci implique que des hommes de science rentrent au village pour  y partager la vie de leurs frères et sœurs, et réfléchissent aux solutions locales pour alléger la vie des leurs.

Le développement économique est propulsé par la compétition ; la compétition, elle, est propulsée par la connaissance ; la connaissance est propulsée par la technologie et l’innovation.  Les acteurs publics ont réalisé que le développement des villages  est vital pour le développement du pays, les préalables du pays , les préalables étant,   entre autres : la connexion des villages par de bonnes  routes, par des  chemins de fer, etc. ; la conservation de la culture, âme du peuple, qu’il faille enrichir  avec l’apport technologique moderne ; l’accès des villages   à une bonne éducation, aux soins médicaux de qualité, aux nouvelles techniques agricoles et/ou piscicoles, ainsi qu’à l’électricité et à l’eau potable.  Ces éléments élèvent le niveau de vie  des populations  rurales et freinent,  par conséquent, l’exode  rural».

Plusieurs ont ainsi témoigné de son héritage. La Représentante du Centre Wallonie-Bruxelles a reconnu Banza comme l’homme qui a révolutionné la culture congolaise. L’homme du théâtre qu’il était, à en croire cette dame, le Ministre Banza a  su coopérer avec toute la culture française, en vue de laisser au Congolais  un héritage durable. Par ses lettres, le Ministre Banza demeurera éternel dans les esprits des congolais, a-t-elle ajouté.

«Notre  patrie vient d’en perdre un, dont les traces en nos mémoires  resteront  profondes  à jamais.  Honnêteté, humilité, grande  culture, générosité, loyauté, patriotisme, homme d’Etat aux connaissances  débordant le domaine politique, son impénitente vocation, et la littérature, sa passion… Voilà les mots  et les évocations qui se répètent en boucle chaque  fois que ceux et celles qui ont connu, côtoyé et pratiqué le ministre  Banza  Mukalay Nsungu regrettent sa disparition », s’est  exprimé, pour sa part,  Joseph Kabila, dans un message de condoléances rédigé en guise de derniers hommages à  Baudouin Banza.

(Pius Romain Rolland)

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