Jeanine Mabunda lance la Fondation « Briser le silence »Pour aider les enfants et femmes victimes de violences

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Le Représentant Personnel du Chef de l’Etat, Mme Jeanine Mabunda, a lancé la Fondation « Briser le silence ». Celle-ci vise à venir en aide aux femmes et enfants victimes de violences dans les pays en situation de post-conflit.

Mardi 13 septembre 2016 à Paris, lors d’un déjeuner réunissant des personnalités internationales issues du monde économique, politique et médiatique, Jeanine Mabunda a officialisé le lancement de la Fondation « Briser le silence ». A ses côtés, elle avait aussi les membres de la Fondation et son président Éric Chinje.

Ce lancement officiel vient couronner le travail déjà réalisé par le Bureau du Représentant Personnel du Chef de l’Etat en charge de la lutte contre les violences sexuelles et le recrutement des enfants dans des groupes armés. Créé en juillet 2014, le Bureau a entrepris diverses actions pour venir en aide aux victimes de ces violences en leur offrant assistance sanitaire et juridique ou encore en œuvrant pour leur réinsertion sociale.

La Fondation « Briser le silence » est un pilier supplémentaire de cette lutte et elle vient renforcer les actions dans le long terme en mobilisant des ressources humaines et financières pour soutenir des programmes sociaux et éducatifs et en travaillant en étroite collaboration avec les instances étatiques ou privées agissant dans la lutte contre les violences sexuelles et le recrutement des enfants. « Je suis fière des actions déjà accomplies, mais je reste déterminée à poursuivre le combat afin de montrer un autre Congo qui n’est pas celui du désespoir et de la guerre, mais celui de femmes et d’hommes ordinaires qui font des choses extraordinaires», a déclaré Jeanine Mabunda.

Le viol, arme de guerre dans une Rdc en conflit

La création du Bureau du Représentant Personnel et le lancement de la Fondation « Briser le silence » démontrent la volonté de la Rdc de se mobiliser dans la lutte contre les violences sexuelles et le recrutement des enfants dans des groupes armés.

En effet, pendant près de vingt ans, ce pays a été le théâtre de conflits meurtriers pendant lesquels le viol était utilisé comme arme de guerre et de nombreux enfants étaient recrutés pour remplir les rangs de milices armées. Cette situation a causé des dommages conséquents. En 2013, on dénombre plus de 15.000 femmes victimes de viols et pas moins de 46.000 mineurs devenus enfants soldats.

Au-delà de la détresse psychologique et de l’incapacité pour les victimes d’obtenir une aide médicale et une réparation juridique, ces femmes et enfants victimes d’abus ont souvent fait l’objet d’exclusion sociale, se retrouvant alors dans une situation économique désespérée.

Avec le retour à la paix en 2013 et face à l’urgence de la situation, femmes et hommes ont décidé de se mobiliser pour lutter contre ces fléaux et rétablir la dignité de la femme congolaise. C’est de cette volonté qu’est né le « Bureau du Représentant Personnel ». Un ensemble de programmes sociaux et éducatifs ont ainsi été mis en place pour venir en aide aux victimes et agir en faveur d’un changement des mentalités. En 2015, une campagne « Brisez le silence ! » a été lancée sur l’ensemble du pays et un numéro vert mis en place pour encourager les victimes à dénoncer leurs bourreaux et les orienter dans l’obtention d’une aide médicale et juridique.

Des actions éducatives ont été menées afin de prévenir les tragédies et d’informer les populations cibles quant à leurs droits en matière d’accès aux soins et d’accès à la justice. Les victimes sont désormais accompagnées dans leurs démarches médicales et juridiques et bénéficient d’un suivi thérapeutique.

Un programme de formation professionnelle a vu le jour permettant ainsi de favoriser la réinsertion économique et sociale de ces victimes trop souvent marginalisées. D’autres mesures ont permis l’instauration d’un devoir de mémoire en hommage aux femmes et enfants touchés par ces violences.

Les résultats sont là

En deux ans, le nombre de viols recensés a diminué de 50 % sur l’ensemble du territoire ; 246 officiers de l’armée ont été condamnés ; des dizaines de victimes ont pu être indemnisées après décision de justice et plus d’un millier ont bénéficié d’une formation professionnelle et ont été réinsérées socialement sur des fonds groupés du gouvernement, du secteur privé et de la Coopération japonaise.

La Fondation « Briser le silence » toujours plus loin

La création de la Fondation « Briser le silence » va ainsi permettre de pérenniser les actions déjà engagées. Elle sera dirigée par un Comité d’administration, garant de l’utilisation des dons et des fonds.

Forte de six membres entièrement dévoués à la cause, elle permettra de mobiliser des ressources humaines et financières pour soutenir davantage de programmes sociaux et éducatifs et de travailler en étroite collaboration avec les instances étatiques ou privées agissant en faveur de la lutte contre les violences sexuelles et le recrutement des enfants.

Les membres du Comité d’administration de la Fondation « Briser le silence » : Éric Chinje – Président, Dr Paul Law – Vice-président et les autres.

(RTM/Cp)

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