Jean-Pierre Kalamba tranche : « La CENI est consensuelle » Le Rapporteur coupe l’herbe sous les pieds de l’Opposition

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Jean-Pierre Kalamba tranche : « La CENI est consensuelle » Le Rapporteur coupe l’herbe sous les pieds de l’Opposition
vendredi 13 mars 2015

• Le rapporteur de la CENI, Commission électorale nationale indépendante, Jean-Pierre Kalamba a été reçu hier jeudi 12 mars 2015, sur le plateau de la radiotélévision du groupe l’Avenir (Rtga World). Pendant plus d’une demi-heure, il a rencontré les aspirations des uns et des autres, répliquant armes à la main, à ceux qui pointent d’un doigt accusateur son institution que celle-ci est bel et bien consensuelle, à travers le cadre de concertation
• Confirmant la tenue des élections aux dates affichées depuis 30 jours lors de la publication du calendrier électoral global, la bouche autorisée de la CENI ne voit aucun problème qui viendrait jouer en faveur du glissement de ce dernier. Et même la question d’argent, souvent évoqué comme une épine sous le pied de cette institution d’appui à la démocratie, ne constitue pas un souci

Les activités au sein de la Commission électorale nationale indépendante avancent comme escompté, à en croire Jean-Pierre Kalamba, Rapporteur de la CENI, reçu hier sur le plateau de la Rtga World, au cours de l’émission Grand Jury. Celui-ci revient d’une campagne de sensibilisation autour dudit calendrier dans l’Est du pays. Sa mission consistait à discuter de cette feuille de route avec la base qui se retrouve d’ailleurs.
Un périple dans l’Est
En effet, lors des consultations dans cette partie de l’Est, il était exprimé le besoin de maintenir le scrutin direct pour les députés ; de coupler ce scrutin avec celui de la présidentielle, et de coupler aussi les locales avec les provinciales. Aujourd’hui, cette base peut s’estimer heureuse tant le vœu exprimé est tel que consigné dans ce calendrier électoral.
Déjà, pour s’en convaincre, 30 jours seulement après la publication du calendrier électoral global par la CENI, 6 conditionnalités sur les 23 alors évoquées sont déjà tombées. Il s’agit, entre autre, de la Loi électorale promulguée par le Chef de l’Etat, la liste des entités territoriales décentralisées, les mesures d’application, la liste des partis politiques, la répartition des sièges,…
Si lors de cette mission, le rapporteur était accompagné de deux membres de la plénière, c’est parce dans la configuration de la CENI, on met aussi l’accent sur l’origine. L’un était du Maniema, l’autre du Sud-Kivu. De quoi affirmer que « la CENI se porte bien avant comme après la publication du calendrier électoral, notamment au niveau du bureau et de l’assemblée plénière ».
Le calendrier n’est pas constipé
A ceux qui pensent que le calendrier électoral est constipé, voire irréaliste, le rapporteur de la CENI balaye leur argument d’un revers de la main. Pour lui, ce n’en est pas le cas. Au-delà de sa valeur consensuelle, ce calendrier est constitutionnel et ne donne lieu à aucune violation de la Constitution. Tout en affirmant n’avoir pas encore été en possession du projet de calendrier de l’Opposition, renversant l’organisation des scrutins législatifs et présidentiel avant les locales, municipales et provinciales, et ne présentant qu’une déclaration de l’opposition qui l’annonçait, M. Kalamba affirme qu’il faut rester dans le schéma de Sun City et ne pas renverser l’entonnoir. Le faire, c’est violer la Constitution. En clair, tout auditeur et tout lecteur de cette pensée comprendra que la CENI, dans toute son indépendance, ne saurait faire marche arrière après publication du calendrier électoral. Ce qui rime encore avec un calendrier mort-né dont on parle du côté Opposition.
La CENI et l’argent pour les élections
A la question de savoir si la CENI est financièrement à même de relever le défi, le Rapporteur déclare que « la Ceni n’organise pas les élections pour le plaisir ; c’est plutôt une exigence constitutionnelle ». Selon la loi, les ressources en vue de l’organisation des élections proviennent du budget de l’Etat, des dons et legs, ainsi que de la Communauté internationale.
Pour cette fois-ci, les prévisions de la CENI s’élèvent à hauteur de 1,145 milliard de dollars Us. Tous les partenaires dont la Monusco et le Pnud les avaient endossées, puis le gouvernement, le parlement,… c’est un budget triennal s’étalant sur la période allant de 2014 à 2016. Et toutes les opérations et réalisations en cours font partie intégrante de cette cagnotte qui se constitue et se dépense progressivement.
Toutefois, à ceux qui attendent des millions des chancelleries, Jean-Pierre Kalamba évoque plutôt la notion de souveraineté du pays. De même, parler d’un dialogue c’est prêter le flanc aux tenants de violation de la constitution et au glissement du calendrier électoral. « En cas de dialogue, combien de temps cela prendra-t-il ? On aura déjà dépassé les délais seulement avec l’étape des concertations en vue d’un pareil dialogue.
Mais l’on devra reconnaître qu’il y a plusieurs innovations avec l’organisation des élections prochaines, comparées à celles de 2006 et 2011. Le Gouvernement vient de déposer une liste de 477 partis politiques à la CENI ; il y aura 1.435 circonscriptions électorales, le pays passe de 11 à 26 provinces, les nouveaux majeurs sont pris en compte, la diaspora ne sera pas en reste,…
Mais, où est passé Malumalu ?
Depuis plus d’un mois, l’abbé Apollinaire Malumalu est invisible à Kinshasa. Les débats sont nourris au sein de plusieurs états-majors politiques. Pour les uns, le Président de la CENI a fui la tempête. Pour d’autres, le stratège Malumalu est en retraite et se cache quelque part, en ce temps de carême. Il n’en est rien de tout cela. « L’abbé président sait que je suis présentement à la Rtga. Il est sur deux fronts ces derniers temps. En effet, le président est en mission. En outre, il est invisible pour des raisons de santé », a affirmé le rapporteur de la Céni. Et donc, Malumalu fait d’une pierre deux coups.

Edito
Un calendrier global de tous les enjeux

S’il est un homme qui souffre d’insomnies à propos des échéances électorales aussi bien de cette année que celles de l’année 2016 à venir en République démocratique du Congo, c’est bien l’abbé Apollinaire Malumalu, plus que tous les politiciens et autres assoiffés du pouvoir réunis, entend-on dire dans les salons huppés et autres états-majors sociopolitiques de Kinshasa.
Le Président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) en serait victime depuis le vote très controversé de la Loi électorale par le Parlement. C’était à l’occasion de la clôture de la session extraordinaire de janvier dernier.
Pourtant, il est un secret de Polichinelle. L’objet de la guerre étant la victoire, celui de la victoire, la conquête ; celui de la conquête, la conservation. L’heure est donc déterminante pour tous ceux qui veulent aspirer ou rempiler. Mais le lourd fardeau, c’est sur les épaules de celui qui tient la barre de la destinée de toutes les institutions de la République étant donné que la CENI, cette institution d’appui à la démocratie, n’a pas droit à l’erreur, et que les jours sont comptés en vue de l’organisation de tous les scrutins.
Pourtant, l’abbé président devrait fermer un peu l’œil. Dans cette entreprise tous risques, l’engourdissement des nerfs est aussi fatal que l’échec. La loi votée a poursuivi son bonhomme de chemin dans les couloirs de la Cour constitutionnelle avant sa promulgation par le Président de la République, suivant les dispositions constitutionnelles. Et malgré la célérité dans laquelle le processus est engagé, ce n’est qu’après cette promulgation intervenue le jeudi 12 février qu’une décision de la CENI a été rendue le même jour dans la soirée.
Il sied toutefois de noter que l’homme sur qui repose les espoirs de toute la République, voire de la communauté internationale en vue de l’organisation des élections crédibles, locales, municipales, provinciales, législatives ou présidentielle, soient-elles n’est pas à son premier ballon d’essai. Et il ne sera certes pas devant la moindre surprise, lui qui attendait cette loi de pied ferme depuis belle lurette. Et il a eu le temps de mettre à jour sa feuille de route alors que l’on se tirait à boulets rouges dans des altercations entre la proposition du député Delly Sesanga, retirée de justesse d’une part, et le projet du Gouvernement ayant fait l’objet de l’examen approfondi d’autre part.
Votée en des termes non identiques, après des échauffourées : marches, bain de sang, pillages,… du 19 au 21 janvier 2015 dans bien des villes de la Rd Congo, cette loi aura certes le mérite d’avoir éteint le feu d’une population en furie. La sagesse des sénateurs,
en faveur du souverain primaire, dont la voix a été entendue sans référendum.
Néanmoins, comme la main qui donne est toujours au- dessus de celle qui reçoit, toutes les pressions des bailleurs de fonds ne devront pas désorienter le président de la CENI. Après tout, sa structure est totalement indépendante, dans un pays totalement souverain.

(Emmanuel Badibanga /BE)

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