Jean Goubald : « mon côté humoriste, je l’assume (…)»

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S’attaquant à ces condisciples, Jean Goubald (dont l’interview suit), exige que les musiciens énoncent clairement dans leurs chansons qu’ils sont chanteurs ou interprètes. Pour lui, on ne peut pas être tout à la fois. Il l’a dit à la radio nationale et évoqué plusieurs thématiques de la vie musicale dont les « mabanga », « humoriste ».

Comment appréciez-vous les « mabanga » ?

Les « mabangas », c’est pour nous une façon de penser aux gens qu’on aime et qui  nous accompagnent dans notre carrière depuis toujours. Moi, je n’en vends pas. Quand on en vend, les gens veulent en acheter. Parfois les gens que je lance dans mes chansons, eux-mêmes ne sont pas au courant. Et moi j’aime ça, des surprises pour marquer mon affection, ma gratitude envers les gens qui nous accompagnent dans cette vie de musicien.

En retour, y a-t-il des cadeaux ou des récompenses qui suivent en même temps

Parfois pour qui veut. Je n’en vends pas. Je ne commence pas par dire que je suis au studio  entrain d’enregistrer mes chansons et venez pour des « mabangas ». J’ai comme l’impression que c’est un manque de respect par rapport à l’œuvre d’art. Entre-temps, la culture de « mabanga », c’est depuis toujours dans les chansons du Congo. Et depuis toujours dans les chansons congolaises, ont fait des clins à une ou deux personnes. Pas prendre toute une plage d’un disque pour vendre et donner de l’espace aux noms ne qui veulent rien dire, d’ailleurs, dans la chanson. Parfois, cela encombre les sons qui doivent ressortir. Parfois, c’est une guitare qui doit être entendue, une voix, un instrument… à un moment, il y a du tohu-bohu presque une bagarre entre les sons et les « mabanga ».

Jean Goubald, l’humoriste, quel plaisir faites-vous sur scène ?

Ah ça, je remarquais depuis très longtemps. Le premier théâtre que j’ai fait, c’était radiophonique au Collège Albert I. J’avais 8 ans et j’ai fait un théâtre qui passait sur la Voix du Zaïre. Dans tous mes concerts, il m’arrive des moments où l’on prend une pause, je dis des blagues et les gens aiment. Je crois que c’est l’internet qui a donné un trait de départ à ce fait là. Les gens m’ont pris un jour et lancé sur les réseaux sociaux. C’est comme ça que c’était parti. Finalement je suis passé dans le Festival Toseka.il faut dire que ce côté-là comédien, je l’ai. Il y a aussi des gens qui ont découvert en moi ce coté là de comédien et acteur de cinéma. Parce que Balufu m’a fait jouer dans son film : « Nous aussi avons marché sur la lune ». Donc, ce côté-là, je l’assume aussi.

De temps en temps, aimez-vous vous afficher comme comédien ?

J’aime faire ça directement quand je livre des concerts. Je n’aime pas faire ça seul sur scène. Généralement, le Congolais n’a pas la culture de bien payer le plaisir. Il se fait plaisir, il veut taxer lui-même ce plaisir qu’il se fait.

Dans l’album « normes », vous faites un clin à Wenge Musica, « Awa tokabwani chou »

Ce n’est pas que je fais un clin au groupe Wenge, mais c’est eux qui ont pris cette partie dans ma chanson « Moli ». C’est une chanson que j’ai écrit en 1976. Et ; ils venaient à mes répétitions au Collègue Boboto. Je crois que JB Mpiana venait souvent et d’ailleurs, il a l’habitude de dire qu’il est musicien parce qu’il nous a suivis. Moi, Je suis un peu comme les gens d’ailleurs, comme Bob Marley qui sort une chanson et on prend une partie ça ne lui dérange pas. Il y a « Longembo » que je donnais à Papa Wemba,  et je l’ai repris aussi. Il en y a comme ça plusieurs. J’aime que les gens apprennent  à faire comme ça se fait partout dans le monde. Non.

…Vous étiez averti par les Wenge ?

On a un comportement au rabais qu’il n’ait pas des paroliers, pas des gens qui écrivent des gens pour les autres, tout le monde veut passer pour auteur, compositeur, arrangeur… Tout le monde ne peut pas être tout le monde. Il y a des chansons qui quand on les attend, on sait dire que cette bouche qui les changent ne peut pas réfléchir au niveau de ces paroles là. On nous prend pour des cons. Mais on sait qu’à regarder certains chanteurs, leurs pensées peuvent pas donner naissance à une chanson comme ça. Alors il faut que les musiciens apprennent à garder leurs vrais rôles. Je ne suis qu’un simple interprète, je m’arrête là. C’est ça aussi la norme.  On ne doit pas venir exécuter une chanson très savante, alors qu’on connait le gars dans ses speech, il ne va pas au-delà de 3ème primaire. Il faut qu’on apprenne à dire ce qu’on est vraiment. Le texte est de tel auteur.

 

(Onassis Mutombo)

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