J. Kabila : « Remettez à ma petite sœur une copie de la Constitution …»

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La dernière conversation du Chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange avec la Presse nationale et internationale, continue de défrayer la chronique, puisque jalonnée par plusieurs réponses en forme de paraboles.

Ceux qui ont assassiné la démocratie en 1960 doivent être humbles“, “nous ne voulons pas le diktat“, “Mon pays n’est pas à vendre“, “On vous a dit tout, sauf la vérité“, “les responsables belges doivent comprendre que le Congo n’est plus une colonie“, “Vous,  vous êtes journaliste…comment on dit encore? Il voulait parler de “médiocre”, le célèbre mot employé par le Cardinal Laurent Monsengwo lors d’une communication à la presse, après les événements du 31 décembre 2017.

C’est là un échantillon de phrases fortes utilisées par le Raïs, lors de sa récente conversation avec la presse. Ici, la phrase qui intéresse, c’est la réponse que Joseph Kabila a donnés à sa « jeune sœur » et journaliste de Rfi basée à Kinshasa. Cette dernière qui voulait savoir si l’actuel président de la RDC serait candidat à sa propre succession.

« Quelqu’un a-t-il une copie de la Constitution? Si on peut remettre ça à ma petite sœur », répond Joseph Kabila. La journaliste insiste : « donc vous ne serez pas candidat? » Kabila réplique encore : « attend on va te remettre la Constitution ». Est-ce qu’il faut dire que le président s’est senti mal à l’aise ? Pas du tout !

Mais que voulait dire Kabila ici, quel est le message caché ?

Après sa réponse à sa “petite sœur” de Rfi, une copie a vite été remise à cette dernière. Elle se tait jusqu’à la fin de la conférence, puisque mise KO débout.

Mais alors, tout le monde sait comment la pression monte en RDC, autour de la question qui veut que le président de la République se prononce au sujet de sa représentation ou non aux prochaines élections. Des médias internationaux, des sénateurs américains, des parlementaires européens, l’Eglise catholique de la RDC en communion avec le Vatican, tout le monde et alors tout le monde veut savoir si Kabila va se représenter ou non pour un autre mandat à la tête de la RDC. Et si aujourd’hui, le Comité Laïc de Coordination organise des manifestations violentes au pays, c’est pour chercher à ce que Kabila se prononce à ce sujet. Heureusement ou malheureusement, le fils de maman Sifa est un homme averti. Il sait ce que l’opinion veut connaitre sur son avenir politique. Or Kabila n’a que la Constitution dont il a lui-même battu campagne en vue de son adoption au référendum. Ce, à l’heure où plusieurs étaient dans des bistrots, des ambassades, certains même dans des boites de nuit en train de boire et danser. Il fallait le dire. A cette heure-là, même le fils de l’opposant historique ne savait pas s’il serait politicien un jour. Et pour ne pas tergiverser, Kabila Kabange renvoie la journaliste à la Constitution. On se demande si elle a lu réellement cette Constitution lui remise? Oui ou non, la réponse qu’elle cherchait se trouve dans la Constitution de la République. On pense même qu’il lui fallait aussi l’Accord de la Saint Sylvestre. Mais…

La Constitution stipule dans son titre III portant organisation et exercice du pouvoir, article 70, alinéa 1 : ” le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois”. Or Kabila est toujours dans cette logique.

L’éclaircissement vient encore dans l’alinéa 2 de ce même article 70 : “A la fin de son mandat, le président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau président élu“. Y-a-t-il déjà un président élu en RDC? Est-ce que le président de la RDC devrait tout dire à la journaliste concernant cette disposition de la Constitution?

D’ailleurs, le député national Henry Thomas Lokondo, considéré aujourd’hui comme un opposant vivant dans la Majorité, a indiqué que le président de la République avait tout dit.

« J’ai suivi que le président a réaffirmé qu’il ne sera pas candidat à la prochaine présidentielle parce que la Constitution le lui interdit. Sur le plan juridique, il le confirme parce qu’il demande de remettre une copie de la Constitution à la journaliste », a dit Thomas Lokondo. Faut-il encore s’inquiéter autour de ce sujet ? A suivre…

(Bernetel Makambo)

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