J. Kabila félicite D. Trump

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Le républicain Donald Trump a été élu hier mercredi matin, 45ème Président des Etats-Unis d’Amérique, face à la candidate démocrate Hillary Clinton. Donald Trump a remporté les votes de 276 grands électeurs contre 218 pour sa rivale, dépassant largement les 270 voix des «Swing States» requis pour accéder à la Maison Blanche. Hillary Clinton a reconnu sa défaite et félicité le vainqueur Donald Trump qui succède ainsi au démocrate Barack Obama.
En République démocratique du Congo, où les autorités ont opté pour la voie démocratique dans l’accession au pouvoir, cette élection a été suivie avec un grand intérêt et comme il est de coutume, le Président de la République ne pouvait que féliciter Donald Trump qui, convient-il de le rappeler, n’avait pas les faveurs des pronostics. « Au nom du peuple congolais et en son nom propre, le Chef de l’Etat adresse les sincères félicitations à Monsieur Donald Trump pour sa brillante élection et, à travers lui, au peuple américain qui, souverainement, a décidé de lui confier son destin », indique un communiqué de la Présidence de la République signé par le Directeur de Cabinet Néhémie Mwilanya Wilondja, avant d’ajouter que le Chef de l’Etat saisit cette occasion historique pour exprimer solennellement sa disponibilité à œuvrer avec le Président élu, à l’affermissement des relations d’amitié et de coopération qui existent fort heureusement entre la République Démocratique du Congo et les Etats- Unis d’Amérique.
Force est de constater que la campagne électorale aura été la plus éprouvante qui puisse exister, et beaucoup d’Américains en étaient même fatigués qu’ils ne juraient qu’à l’organisation rapide des élections pour que le choix soit opéré. L’on a assisté à un débat qui escamotait les problèmes réels des Américains. Au contraire, le monde a assisté impuissant à des révélations troublantes à la limite de l’indécence. Un débat qui ne reflète nullement le niveau de civilisation de la société américaine. Une société qui tient compte du parcours pour accéder à des postes de responsabilité.
L’héritage Obama
Il sied de souligner qu’avec une dette de 16.000 milliards de dollars, les Etats-Unis n’ont plus les moyens de l’hyper puissance de la fin des années Clinton, quand l’excédent budgétaire était de 240 milliards. D’emblée, l’opinion devra noter que si le nouveau président élu, Donald Trump met en œuvre les mesures de son programme, il va faire prendre un virage radical aux Etats-Unis. D’autant plus qu’il a obtenu les meilleures conditions possibles pour appliquer son programme. Sa victoire à l’élection présidentielle américaine contre Hillary Clinton, s’est accompagnée du maintien des majorités républicaines au Congrès. Jusqu’à la prochaine élection à la Chambre des représentants, en 2018, le nouveau locataire de la Maison Blanche pour les quatre prochaines années dispose de toutes les conditions requises pour mettre en œuvre ses propositions de campagne.
Pour rappel, Barack Obama avait redéfini le leadership américain selon ses propres termes. Il intervient en Libye mais pas en Syrie. Il encourage le départ de Hosni Moubarak mais se retient de condamner la répression à Bahreïn, position stratégique pour la marine américaine. Selon Vali Nasr, doyen de la School of Advanced International Studies (SAIS) de l’Université Johns Hopkins, les Etats-Unis seraient devenus une nation « dont on peut se passer », et non plus la « nation indispensable » qu’ils étaient à l’époque de Bill Clinton. L’objectif d’Obama, écrit Nasr, « n’est pas de prendre des décisions stratégiques, mais de satisfaire l’opinion publique ». « La crédibilité des Etats-Unis n’est pas des plus élevée, note Aaron David Miller, l’un des anciens négociateurs de Bill Clinton pour le Proche-Orient. Tout le monde dit « non » à l’Amérique sans conséquences. Netanyahou, Karzai, Abbas, Poutine, Téhéran… ».
Sur la politique étrangère à mener, Donald Trump s’est contenté de donner des pistes. Il a ainsi déclaré que les Etats-Unis ne devaient plus payer pour la défense des pays alliés. Il s’est dit prêt à remettre en cause le fonctionnement actuel de l’Otan, promettant donc un séisme dans l’équilibre des relations internationales. Cette vision plutôt isolationniste, s’accompagne cependant de velléités interventionnistes. Il n’a pas exclu d’envoyer de troupes au sol pour combattre l’Etat islamique en Irak et en Syrie. Au cours de la campagne, il a fait part de son admiration pour le président russe Vladimir Poutine et s’est dit prêt à lui tendre la main.
Avec Obama, la Syrie est devenue, selon l’expression de l’éditorialiste Fred Hiatt, dans le Washington Post, « le laboratoire du désengagement américain ». Pour lui, les Etats-Unis ne sont appelés à intervenir dans des conflits sur le sol étranger que lorsque « nos intérêts et nos valeurs sont en jeu », précisait-il en mars 2011. A l’inverse de Bill Clinton, qui avait passé outre l’opinion de Moscou dans les Balkans, il n’entend en aucun cas ignorer la légitimité internationale, surtout dans le cas d’un pays dont le régime se situe dans l’orbite iranienne. Pas de résolution de l’ONU, pas de recours à la force.
Le minimalisme est de rigueur, les objectifs revus à la baisse, sachant que la mesure des attentes du premier mandat a nui à l’efficacité de la diplomatie Obama et donc à sa faculté d’entrainer. Or le président n’ignore pas que, comme le dit le diplomate et chercheur Aaron David Miller, « l’idéologie dominante actuellement n’est plus le capitalisme, mais le succès ». Le succès, autrement dit « ce qui marche », comme l’expliquait Tom Donilon.
Mais Trump s’est montré beaucoup moins vague en ce qui concerne les relations commerciales avec d’autre pays. Il compte stopper net les négociations pour un accord de libre-échange entre les Etats-Unis et l’Europe, le fameux Tafta. Il va enterrer le Traité transpacifique, qui se trouvait bloqué par le Congrès. Surtout, il envisage de sortir de l’Alena s’il n’est pas possible de renégocier ces accords conclus en 1994, en particulier avec le Mexique. Le retour sur le sol américain d’emplois industriels délocalisés, notamment au sud du Rio Grande, est l’une des promesses piliers de sa campagne.
Qu’attendre de Trump ?
Nombreux sont les Africains qui nourrissaient des attentes démesurées à l’élection de Barack Obama, mais qui ont déchanté. A ce jour, ils n’ont que leurs yeux pour couler les larmes. En réalité, un président américain ne vient pas réaliser la politique africaine ; mais américaine. Il ne vient pas résoudre les problèmes des Africains ; mais des Américains qui l’ont élevé à ce poste de responsabilité. Comme pour dire qu’on est à une époque où il faille éviter une adoration angélique de Donald Trump, au risque d’être une fois de plus déçus.
Certes, l’histoire révèle qu’il y a eu des présidents va-t-en guerre. Mais cette guerre, pour bien des cas est justifiée par plusieurs raisons. Ça peut être une faiblesse étatique ou une instabilité chronique, voire même une menace régionale. Ça peut aussi être une incapacité à répondre aux besoins de sa population, ou de réprimer ces derniers à longueur de journées. Logiquement, il appartient aux Africains eux-mêmes de se prendre en charge, de se chercher une démocratie adaptable à leurs aspirations, aux moyens qu’ils s’octroient et aux objectifs qu’ils s’assignent.
(Jean-Marie Nkambua)

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