Isaac Moleka : « le plus important pour la jeunesse aujourd’hui, c’est l’organisation des élections »

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Président du Forum national de la jeunesse (FNJ), Isaac Moleka revient dans cet entretien sur quelques questions d’actualité et la part de la jeunesse dans la formation du prochain gouvernement.

Parlez-nous en deux mots de votre structure et comment vous avez accueilli la nomination du nouveau Premier ministre

Le forum national de la jeunesse est une plateforme fédératrice qui réunit en son sein les jeunes de la société civile, confessions religieuses, des associations de toute tendance confondue. L’on a aussi au sein du forum des ligues de jeunes des partis politiques et des jeunes leaders d’opinion.  Par rapport à l’actualité, nous avons aussi pris acte de la nomination d’un nouveau premier ministre. Pour nous, tout ce qui se passe dans la politique, nous voyons une bonne part d’opportunité derrière pour la jeunesse mais tout dépend encore une fois, de la volonté politique de nous accompagner et de faire en sorte que les jeunes se retrouvent dans tout ce qui se passe à leur niveau.

Le nouveau Premier ministre, nous l’encourageons et félicitons. Un monsieur qui a combattu plusieurs années au sein de l’opposition, donc c’est un opérateur politique  qui doit avoir des convictions, pour son engagement dans un combat pendant plus longtemps. Je pense que c’est quelqu’un qui peut beaucoup  nous apprendre à ce  niveau-là, puisque nous aussi sommes en quelque sorte dans une forme de lutte bien que différente de celle de la politique. C’est quand même une lutte qui veut permettre à la jeunesse de prendre ses responsabilités et avoir la possibilité d’user d’énormes capacités dans tous les niveaux de gestion.

Vous êtes Président du FNJ. Qu’attendez-vous du nouveau Premier ministre ?

Un des premiers combats depuis que nous sommes à la tête du forum, c’est d’obtenir la ratification de la charte africaine de la jeunesse. C’est un point de départ. Ce n’est pas une fatalité, moins encore une finalité.  Pour nous, c’est un point très important  puisque c’est un outil juridique qui renferme beaucoup d’opportunités pour  la jeunesse congolaise. Je vous rappelle que la RDC a été partie prenante lors de la réunion des chefs d’Etat à Banjul en 2008. Prendre un tel engagement pour se conformer aux lois et réglementations qui ont reconnu l’importance  de la jeunesse, je crois que c’est une responsabilité que la RDC doit s’exécuter. La première étape est de signer cet accord comme ils l’ont fait, la deuxième de ratifier  la charte afin que tous les jeunes bénéficient de 0tous les avantages qui  vont avec : des formations, d’échanges d’expériences à l’intérieur et à l’extérieur du pays qu’on peut  participer. Un autre volet important de ce document, c’est le rappel des responsabilités des jeunes vis-à-vis de la société. Généralement, on voir des jeunes attendre que le gouvernement fasse quelque chose pour eux, mais ce document mettra au courant les jeunes sur leur part de contribution dans l’évolution de la société.

Le Premier Ministre a consulté, vous les jeunes, vous sentez-vous concerné par ces consultations ?

Nous avons pris connaissance à travers les médias que les consultations allaient commencer.  Nous avons essayé d’entreprendre quelques démarches auprès du bureau du Premier ministre, malheureusement nous n’avons pas fait  partie de la couche consultée.  Oui, nous étions  surpris du calendrier élaboré et vu le temps dans lequel tout a été fait, on n’a pas eu l’opportunité de figurer parmi.

Pensez-vous que la jeunesse est-elle le cadet des soucis de nos dirigeants ?

Nous avons soutenu, à l’époque, l’accord du 18 octobre sorti des assises de la cité de l’UA puisqu’on avait retrouvé certaines résolutions qui visaient directement la jeunesse. Elles impliquaient l’engagement de la jeunesse dans toutes les instances de décisions.  Mais, en regardant l’accord de la Saint- Sylvestre, honnêtement, on ne s’est pas retrouvé.  Je n’ai aucune résolution touchant la jeunesse. Actuellement, la jeunesse est mise de côté.

Au-delà de la ratification de la charte, confier le ministère de la jeunesse à un jeune, serait-ce une solution ?

C’est là où nous félicitions le Chef de l’Etat, nous avons beaucoup milité pour que la jeunesse ait un ministère qui lui soit propre. Et lorsque nous avons vu au sein du gouvernement Badibanga qu’il y avait un ministre a été dédié à la jeunesse, on a été encouragé. Est-ce cela va se poursuivre, on l’espère. Si tel est le cas, nous allons continuer à le féliciter. Si ce n’est pas le cas, ça sera un grand pas en arrière.

N’est-ce pas que ce ministère n’est resté qu’une nomenclature, les actions sur terrain n’ont pas suivi ?

De ce que nous avons vu, le gouvernement Badibanga n’a pas eu le temps de travailler réellement. Deux ou trois mois seulement, la jeunesse congolaise a tellement d’enjeux et de problèmes. Mais encore, nous tenons vraiment à le rappeler qu’il y ait dialogue en octobre ou au centre interdiocésain, le plus important  pour la jeunesse aujourd’hui, c’est l’organisation des élections. Et curieusement, l’on voit que la classe politique en parle de moins en moins mais on a quand même suivi que le chef de l’Etat dans son tout dernier discours devant le congrès l’a rappelé aux uns et autres.

(Propos recueillis par Onassis Mutombo)

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