Irène Vaweka : « Mw’Akeli, la femme artiste et entrepreneure au cœur du développement » (…)

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Difficile de la définir parce qu’elle porte plusieurs casquettes. Irène Vaweka est artiste, réalisatrice, productrice, coordinatrice et fondatrice de MalKia Production. Assistante à l’Institut National des Arts (INA) et enseignante à l’Institut National des Arts du spectacle (INAS), la jeune dame organise, du 24 au 25 mars 2017, à la « Pépinière » dans la commune de la Gombe, « Mw’Akeli » qui est une activité qui met en avant la femme artiste et entrepreneure dans le développement de la RDC. Dans les lignes qui suivent, l’intégral de l’entretien qu’elle a bien voulu nous accorder :

Avec toutes ces tâches, comment arrivez-vous à vous départager ?

D’ailleurs entant que réalisatrice, j’ai produit pas mal des œuvres. Mon premier film, je l’ai réalisé  en 2011, « Un diable dans ma vie » de 59 minutes qui a remporté le prix du meilleur film du pays des Grands lacs au SKIFF de Goma. A part ça, je travaille en coproduction avec d’autres structures notamment avec Mutoto du défunt Kiripi Gatembo.

C’est vrai que c’est à la fois beaucoup de choses à faire, je n’ai pas vraiment de temps libre mais j’arrive tout de même à m’organiser. Dans ma structure, je travaille avec des collaborateurs.

Que retenir de votre structure « MalKia » ? Est-elle spécifiquement femme ?

« Malkia » est une structure culturelle qui travaille pour le développement à travers l’art. D’abord, elle veut dire jeune en swahili. C’est vrai qu’on met en valeur la femme mais au-delà de ça on sensibilise aussi les hommes.  Nous avons eu à initier des projets pour les hommes. Cependant, maintenant pour son développement, « Malkia » travaille pour les droits de la femme et l’enfant.

Quelle activité avez-vous déjà organisé avec MalKia ?

Nous avons lancé la première édition du Festival scolaire de la danse le 29 avril 2016 avec pour thème « Droit à l’éducation pour tous » à l’occasion de la journée mondiale de la danse. Là, on se prépare déjà pour la deuxième édition. Nous prévoyons faire des concours avec les écoles. Les professeurs de l’INA vont travailler en amont avec toutes ses écoles pour préparer des spectacles. Elle aura pour thème « la lutte contre la corruption dans le milieu scolaire ».

Mois de la femme oblige, la parité 50/50 d’ici 2030, pensez-vous que c’est réalisable ?

Oui, Oui,… on vit d’espoir. Mais aussi c’est un combat pas seulement pour les femmes, (beaucoup plus pour les femmes), parce que c’est nous les victimes, à nous de nous battre, de travailler durs pour qu’on prouve au monde qu’on est capable. Que cette histoire des coutumes rétrogrades ou la discrimination de la femme, ce sont des choses qui n’ont pas de place en ce 21ème siècle. Je pense que tous ensemble, avec les hommes, si on se décide, on peut arriver mais maintenant, il faut qu’on se mette au travail.

Qu’attendez-vous par coutume rétrograde ?

Coutume rétrograde, c’est les us et traditions qu’on a inculqué à nos grands-mères depuis longtemps disant que la femme peut faire ceci, et ne peut pas faire cela. La femme peut manger cette nourriture ou pas. C’est rétrograde. Tout ça prive la femme de sa liberté et la condamne à ne pas faire certaines choses. Tout ça c’est révolu. L’homme et la femme doivent travailler ensemble pour le développement de notre société.

Pour y arriver, il faut mettre en avant les compétences ou le nombre ?

Les deux. Je pense qu’il nous faut les compétences et le nombre. Parce que il y a plusieurs femmes compétentes dans ce pays. Mais il faut les aider. Avec cette histoire de coutume rétrograde, à un moment, la femme elle-même n’a plus confiance en elle-même. Elle n’arrive plus à essayer, à aller de l’avant. Il faut qu’on la mette en confiance, qu’on exploite ses capacités, qu’on soit nombreuse dans tous les secteurs puisque l’union fait la force.

« Mw’Akeli » se tient du 24 au 25 mars prochain, dites-nous de quoi s’agit-il ?

« Mw’Akeli » est une activité de MalKia Production initié pour faire la promotion et valoriser de la femme artiste et entrepreneure. C’est aussi pour montrer au monde qu’à Kinshasa qu’il y a des femmes avec des bonnes initiatives. Il y aura des stands pour promouvoir les entreprises et leurs actions. Il y aura aussi des femmes artistes de l’Académie de Beaux arts et de l’INA qui vont exposer leurs œuvres d’arts de peintures, sculptures,… Au-delà ça, il y aura une scène pour que les femmes s’expriment : slameuses, humoristes, danseuses, chanteuses mais également des hommes qui ont fait des œuvres valorisant la femme.

Mais l’idée principale, c’est de montrer que la femme artiste et entrepreneure contribuent au développement. Tout est parti du fond que la femme artiste est vraiment dénigré. Si l’on observe bien, toutes les femmes artistes, malgré le nombre d’albums sortis mais on voit toujours qu’est ce qu’elle a fait ? Avec qui elle est sortie ? La femme artiste est toujours l’objet de dénigrement. C’est aussi le même cas pour la femme danseuse, je suis aussi chorégraphe, on dit que danser n’est pas un métier. Bref, une fille artiste est prise comme une légère. A travers Mw’Akeli, nous voulons montrer au monde que la femme artiste est celle qui réfléchie, qui travaille parce que la création est vraiment une aubaine.

(Onassis Mutombo)

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