Interpellation musclée de Lambert Mende: Un frein à l’Etat de droit

par -
0 311

Grave entrave contre la liberté individuelle et contre les institutions de la République démocratique du Congo. On peut ne pas aimer Lambert Mende, mais il y a des principes sur lesquels nous ne saurons transiger, à  moins de sacrifier volontairement notre jeune démocratie. Tout être humain a le droit d’être traité avec dignité et respect. L’être humain est traité avec dignité et respect lorsqu’il peut exercer ses droits fondamentaux et est protégé par l’Etat de droit. Ces mots que nous ressassons sans cesse ne doivent pas être des simples éléments de langage, de la rhétorique politicienne, utilisée naïvement en période de campagne. Mais cela doit devenir une réalité en RDC. Personne n’a le droit d’user de son autorité et d’engager les moyens de l’Etat avec légèreté pour simplement assouvir une soif personnelle.

Qui a envoyé une centaine d’agents de l’ordre, conduit par un général,  au domicile privé du député national, en exercice,  un dimanche midi, en dehors de toute flagrance et sans mandat ? Quels faits infractionnels, et de quelle gravité, auraient été mis à la charge de Lambert Mende pour justifier la violation de son domicile, de sa vie privée  et,  de surcroit, de son immunité parlementaire? Le ministre de l’Intérieur, par intérim, contacté,  dément être à  l’origine de cette bavure. Une enquête devrait être menée, avec célérité, pour expliquer comment, dans un pays qui se veut un Etat de droit, un escadron de militaires  peut se mouvoir sans ordre et interpeller à domicile un citoyen congolais et lui infliger un traitement inhumain en dehors du cadre légal?

Que reprocherait-on  à Lambert Mende ?


A ce stade,  il semblerait qu’un petit exploitant artisanal, originaire de Sankuru, qui est en possession d’une pierre précieuse de grande valeur, creusée dans une concession privée, et poursuivi pour ce fait par des gros bras qui veulent la lui arracher, est venu chercher protection auprès de l’élu de Sankuru. Les gros bras l’auraient appris et ont voulu intimider l’ancien ministre. En somme, il n’y a  aucune infraction à mettre sur la tête de Lambert Mende. Quand bien même, par impossible, il y en aurait,  l’Etat de droit ne peut s’accommoder d’une telle sauvagerie.

En effet, l’Etat de droit exige que les règles de procédure, les institutions et les normes essentielles soient compatibles avec les droits de la personne et avec les principes fondamentaux que sont l’égalité devant la loi, la responsabilité au regard de la loi et l’équité dans la protection et la défense des droits. Ce qui est arrivé à  Lambert Mende est inacceptable.  Si les auteurs d’une telle bévue ne sont pas identifiés et appréhendés, le début de mandat du président de la  République en souffrirait longuement. Aucune haine ne peut justifier que l’honneur d’un homme d’Etat de la trempe de Mende soit jeté aux chiens, aucun désir de vengeance ne peut permettre à une autorité de bafouer le statut et l’honorabilité d’un député national en toute irrégularité.

Ces écrits ne sont couchés pour défendre un homme. Non. Ils sont l’expression d’une indignation face à une dérive inacceptable. Nos institutions sont inviolables, ainsi que les privilèges de juridiction accordés à leurs occupants. Il faut éviter d’ouvrir imprudemment la boite de pandore. L’on sait que quelques aigris, aveuglés par leur mal être, vont multiplier des entorses à la marche en avant de la RDC. Ils doivent être stoppés net. Qu’ils soient du camp du chef de l’Etat ou non.  Le Président Tshisekedi doit réconcilier les Congolais divisés par la rude bataille présidentielle. Il est le garant de l’unité nationale et du bon fonctionnent des institutions. Comme Joseph Kabila l’a fait, Felix Tshisekedi doit veiller au respect de la Constitution et de toutes les institutions pour le fonctionnement harmonieux du pays.

Noëlla Mbula

ALLIANCE POLITIQUE CCU ET ALLIES

Regroupement Politique du Front Commun pour le Congo

Communiqué de Presse

L’Alliance Politique CCU et Alliés, Regroupement Politique du Front Commun pour le Congo dirigé par l’Honorable Lambert Mende Omalanga condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et les traitements inhumains, dégradants et indignes infligés à son Président, l’Honorable Lambert Mende Omalanga.

L’Alliance Politique CCU et Alliés dénonce avec la plus grande énergie la violation de l’immunité parlementaire de l’Honorable Lambert Mende Omalanga dont l’arrestation et les traitements inhumains qui s’en sont suivis, se sont faits au plus grand mépris de inviolabilité de la résidence d’un des meilleurs élus de la République.

Tenant compte de la gravité de la situation, l’Alliance Politique CCU et Alliés exige une enquête rapide pour établir les responsabilités et poursuivre l’auteur moral et matériel de cette grave situation.

L’Alliance Politique CCU et Alliés exige que le résultat de l’enquête soit rendu public dans les 48 heures au-delà desquelles elle tirera les conséquences aussi bien politiques que juridiques qu’imposent cette affaire.

Fait à Kinshasa, le 19 mai 2019.

Le Porte-Parole de l’Alliance Politique CCU et Alliés,

Dieudonné Nkishi

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse