Interdiction de manifester: Kimbuta reste ferme

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Dans un pays où certains partis politiques ne se préoccupent guère de donner une formation appropriée aux militants, de leur inculquer les fondamentaux nécessaires sur la protection des biens publics, André Kimbuta, Gouverneur de la ville province de Kinshasa, doit-il accorder l’autorisation au Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement pour son meeting prévu le samedi 05 novembre prochain à Kinshasa? C’est en substance ce que demande un groupe d’experts des droits de l’homme des Nations Unies, qui a appelé hier jeudi les autorités de la République démocratique du Congo à lever la mesure d‘interdiction des manifestations dans la capitale Kinshasa, dans le contexte de la signature de l’accord politique issu du dialogue de la Cité de l’Union africaine.

Il sied de souligner que cette interdiction a été imposée en septembre dernier. C’était après une série de grandes manifestations, pourtant autorisées par l’Hôtel de ville, mais qui s’étaient vite muées en une vaste opération de pillages et de vandalisme de commerces, des sièges de partis politiques et autres propriétés privées. Ces manifestations ont provoqué morts et blessés du côté de la population et des forces de l’ordre. « Les droits à la liberté d’expression et à la liberté de réunion pacifique et d’association sont des droits fondamentaux garantis par le droit international. Ces droits ne peuvent être limités que dans des circonstances très précises et étroitement définies », ont déclaré les experts.

Que recherchent ces experts ?

Nombreux sont les Congolais qui n’ont pas hésité à se demander ce que recherchent réellement ces experts, lorsqu’on sait qu’après ces événements douloureux du 19 et 20 septembre 2016, le Gouvernement de la République et le Bureau conjoint des Nations Unies ne se sont pas accordés quant au bilan. Devons-nous encore autoriser d’autres manifestations qui ne feront qu’exacerber le climat d’intolérance politique et de tension perceptible au pays ? A travers cette insistance, il faut craindre que les experts de l’ONU ne soient à la recherche ou à la consolidation de bilans macabres, afin d’enfoncer le Gouvernement de la République.

Comme il a été évoqué ci-haut, nombreux sont les partis politiques en Rd Congo qui n’ont pas appris à former leurs membres. La conséquence est grave : ceux-ci ignorent tout, même les fondamentaux des partis politiques (l’idéologie), voire les missions et les objectifs poursuivis par un parti politique. Nombreux sont les militants qui n’ont pas appris le respect et la protection des biens publics. Dans ce contexte, la Rd Congo ne mérite qu’une démocratie adaptée à son niveau, mais pas celle qui lui est imposée et qui ne correspond pas à son histoire politique. Beaucoup de régimes qui entourent la Rd Congo sont hostiles aux manifestations, pourquoi pas à la liberté d’expression. Et si la Rdc peut interdire pour un temps et pour des raisons évidentes les manifestations publiques, la liberté de parole reste de mise. D’ailleurs, un adage populaire ne souligne-t-il pas que « lorsqu’un poisson raconte que le crocodile est souffrant, il faut le croire, parce que les deux vivent dans l’eau ».

En plus, au moment où se poursuivent les tractations avec la Conférence nationale et épiscopale du Congo (CENCO) et d’autres acteurs internationaux en vue de l’élargissement ou de l’ouverture de l’accord politique de la Cité de l’Union africaine à ceux qui ne l’avaient pas signé, il est de bon aloi de maintenir un climat de paix, qui constituera une référence et une raison pour les uns et les autres de trouver un consensus, afin d’éviter au pays un chaos.

André Kimbuta Yango, celui dont une partie de la population avait critiqué l’autorisation à manifester accordée à l’opposition politique, ne pourra pas, au regard de toutes les raisons avancées, s’aventurer à autoriser ce meeting qui risque de se transformer en un mouvement de masse incontrôlable et aux conséquences imprévisibles. Cet appel des experts de l’ONU devrait être cette fois-ci ignoré, et le ciel ne tombera pas sur la Rd Congo.

Soulignons que ces experts sont Mainia Kiai, Rapporteur spécial sur les droits à la liberté d’association et de manifestation pacifique, Michel Forst, Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, et David Kaye, Rapporteur spécial sur la promotion et la protection des libertés d’opinion et d’expression. « Il est clair que la situation actuelle en Rdc ne justifie pas l’interdiction générale des manifestations dans certaines villes », ont-ils noté. « En effet, étant donné que le pays se trouve dans une période électorale hautement délicate, les citoyens devraient avoir davantage d’espace pour exprimer leurs libertés fondamentales ». Depuis que l’interdiction des manifestations à Kinshasa a pris effet le 22 septembre dernier, au moins quatre manifestations ont été annulées.

« Dans la perspective des manifestations à venir, en particulier celles prévues pour le 5 novembre, nous exhortons les autorités congolaises à révoquer leur décision d’interdire les manifestations », ont-ils ajouté. « La RDC est tenue de faciliter les droits de manifestation et d’association et de protéger les personnes qui exercent ces droits », ont noté les experts. « Il est de la plus haute importance que le pays permette le développement d’un secteur de la société civile inclusif et participatif en ce moment critique, dans le développement de sa démocratie ».

L’Avenir

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