Insécurité à Kinshasa: Atundu, cible d’une attaque terroriste

A quelques jours de l’organisation des élections combinées (présidentielle, législatives nationales et provinciales), la sécurité des personnes, et particulièrement celles des personnalités politiques, constitue un des grands enjeux dans une vague de violence et d’intolérance qui menace  Kinshasa.

Devant l’incapacité de convaincre, certains acteurs politiques, voyant l’opinion se détourner d’eux, sont tentés de s’en prendre à l’intégrité physique de leurs adversaires.

Et ce, lorsqu’on sait qu’il y en a qui, ayant échoué à se préparer convenablement pour les élections, voudraient mettre le pays à feu et à sang, pour empêcher leur tenue. La recrudescence de l’insécurité à Beni (Nord-Kivu) et ailleurs, sans oublier certaines actions d’éclat de bandits dans la capitale Kinshasa, ne sont pas à négliger.

Le porte-parole de la Majorité présidentielle, l’ambassadeur André-Alain Atundu a été, dans la nuit de dimanche à lundi, victime d’un attentat perpétué par des personnes, lourdement armées, non autrement identifiées. A  en croire les occupants de la maison, située à Ma Campagne, dans la commune de Ngaliema, c’est vers 01h30’ que la résidence du Président du conseil d’administration (PCA) de la Snel a été attaquée par des terroristes à bord d’une voiture de marque Toyota IST, communément appelé Ketch.

La résidence portait, ce lundi, au lever du soleil, les marques d’un petit champ de bataille. Trois grenades lancées de l’extérieur par ces criminels ont causé d’énormes dégâts matériels : toitures et vitres de la maison arrachés, trois véhicules criblés de balles, trous béant laissés au sol, œuvres d’art du jardin détruites.…

La volonté de donner la mort marque cette attaque, qui semble avoir été minutieusement préparée. En effet, deux des trois grenades ont visé les postes des deux policiers affectés à la sécurité de l’Ambassadeur André-Alain Atundu.

Réveillés par les déflagrations de ces grenades, les habitants, perplexes sous le choc, lient tout de même  cette attaque aux tracts de menace, jetés, il y a quelques semaines, par des personnes non autrement identifiées, dans la résidence d’Alain Atundu.

Toutefois, il n’y a pas eu mort d’homme et toute la famille du porte-parole de la Majorité présidentielle, même traumatisée, est en sécurité et se porte comme un charme.

L’on apprend aussi, presqu’au même moment et au cours de la même nuit, la résidence de Lambert Mende Omalanga, ministre de la Communication et médias, porte-parole du Gouvernement a aussi été visitée par des inciviques. Malheureusement, les assaillants se sont trompés d’adresse, en allant opérer chez quelqu’un d’autre, soit le voisin. La thèse d’une simple coïncidence étonnerait. Soulignons que la police scientifique qui est descendue sur les lieux promet de tirer les choses au clair. Affaire à suivre !

Renforcer la sécurité

Toute cette situation d’insécurité est une preuve que le Gouvernement doit nécessairement renforcer la sécurité de tout le monde. C’est aussi ça le sens des check-points qui sont visibles à travers certains tronçons routiers, dont l’objectif est de décourager ceux-là qui veulent semer le trouble et la désolation, parce qu’ils sont sûrs qu’ils n’ont aucune change de gagner aux prochaines élections.

Dans leur mission de protéger la population et ses biens, les forces de l’ordre doivent faire tout ce qu’elles peuvent, afin d’empêcher ceux qui ont la gâchette facile de mettre Kinshasa à feu et à sang. En dehors de l’attaque des résidences des personnalités politiques, il faut analyser froidement cette situation et se rendre compte que ces assaillants veulent semer l’insécurité à Kinshasa, pour empêcher que les élections ne se tiennent le 23 décembre 2018.

Car, si déjà à Beni, toute chose restant égale par ailleurs, les Adf ont la possibilité de perturber les élections, ils voudraient généraliser le même climat d’insécurité et de terreur, pour empêcher non seulement le déploiement des machines à voter, mais aussi l’organisation des élections. C’est ici l’occasion pour interpeller le Gouvernement et son partenaire la Monusco de tout faire pour que cette insécurité cesse et que la population réponde aux urnes le 23 décembre 2018. De même à Kinshasa, tout doit être fait pour décourager ces hors la loi qui voudraient obtenir par la violence ce qu’ils n’espèrent pas obtenir par les urnes.

JMNK

 

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