Inondations à Kinshasa: Le pari de la révolution de la modernité et la gestion des déchets

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Les immondices obstruent la voie sous le pont Bongolo à Kalamu Ph. Grâce K.
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A ce jour, Kinshasa vit un paradoxe tel que la mise en train du macro-programme de la révolution de la modernité va bon train dans les secteurs cible, laissant l’homme en marge faute de se l’approprier vraiment. La gestion des déchets ne relève guère d’une bonne culture dans le contexte kinois. Et cela au niveau aussi bien ménager qu’institutionnel. Au niveau ménager, en effet, un dicton populaire suspendu à certaines lèvres dont celles des ménagères kinoises dit : « balabala ya l’Etat », (entendez la voie publique). Comme pour dire que ce qui appartient au domaine public ne pourrait requérir de soin particulier. Et quand la ménagère rappelle cela, elle se débarrasse de l’essentiel de ses déchets ménagers, des eaux domestiques sur la voie publique. Ceci entrainant cela, maints Kinois ne prennent pas soin du bien commun. Dans le secteur de la santé publique, le service d’hygiène sous sa forme héritée de l’administration coloniale, a cessé d’exister depuis la décennie quatre-vingt (80). Ce service exerçait une contrainte sur la population en effectuant des tournées d’inspection dans les parcelles, à un rythme hebdomadaire. Les occupants qui ne se conformaient pas à la bonne tenue d’hygiène dans la parcelle, étaient passibles de pénalités. A ce jour face à la persistance d’une gestion irraisonnée des déchets, les pouvoirs publics ne peuvent faire entendre l’autorité de l’Etat. La Police d’assainissement, une unité de la Police nationale congolaise, PNC mise en service vers 2005, n’est plus perceptible.

La tripartite Hôtel de Ville, OVD, B.E.A.U pour sauver les meubles

Kinshasa est fragile voire très fragile à l’occasion des pluies. Plus d’une fois, en effet, les averses l’ont démontré à suffisance, à travers notamment des scènes d’inondations ci et là. Il s’observe que les eaux de pluie trainent à la surface, les rigoles et les rivières étant obstruées par des emballages en plastique et divers déchets ménagers. Il se pose un problème de drainage, une mission dévolue à l’Office des Voiries et Drainage (OVD). Au regard de la situation, les observateurs proposent justement et pour sauver les meubles, la conjugaison des efforts dans un cadre tripartite : Hôtel de Ville, OVD, B. E.A.U. Le dernier sigle renvoie au Bureau d’études et d’aménagement urbain, dont les locaux sont situés à Limete/Funa.

Quid de la tripartite Hôtel de Ville, OVD, B.E.A.U

Les rivières, les rigoles et les collecteurs des quartiers de Kinshasa sont « tenus à la gorge » par des déchets, faute de mise en application planifiée d’un programme de drainage. Les rivières Kalamu, Makelele, Matete, N’Djili, N’Sanga, Yolo… pour citer ces quelques-unes qui se déversent au fleuve Congo.  Maints observateurs estiment qu’il est temps que les décideurs réhabilitent l’OVD dans ses prérogatives statutaires. Ceci revient à dire que  la gouvernance devrait préserver les services techniques mis en œuvre. Et au besoin, les doter des moyens de leur politique. Dans la mesure où, l’absence de moyens empêche la poursuite des objectifs qui ont prévalu à la création dudit service. Il est un manque de logique que de créer un service et d’en définir la mission, et de le rendre coquille vide au gré des circonstances. Aussi sous des pesanteurs diverses, l’OVD se mue-t-il en entreprise de construction, pour ne pas disparaître carrément. Face aux inondations et au débordement d’emballages en plastique, Kinshasa court le risque de compromettre la valeur du sol, et particulièrement dans sa vocation agricole. En son temps, M. Jean-Paul Ngoumpandé, ancien Premier ministre centrafricain faisait la recommandation suivante : « L’Etat doit être là… Il doit se manifester là où il est question des intérêts vitaux de la nation. (…) », a-t-il insisté. Ainsi, au plan institutionnel, l’impératif d’une gestion rationnelle des déchets dont les emballages en plastique implique un engagement déterminant de l’Hôtel de Ville, qui doit donner le déclic par un booster politique dont il a les moyens en tant que « gouvernement provincial ». Car au niveau de l’Hôtel de Ville, de l’OVD et du B.E.A.U, expertise et données coexistent, n’appellent qu’une impulsion politique.

(Payne)

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