Inga III : deux développeurs retenus

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Le décor est ainsi planté pour lancer les travaux titanesques de construction du barrage Inga 3 basse-chute. Car depuis début septembre dernier, les deux groupes développeurs, chinois et espagnol qui étaient restés en lice pour la construction du barrage ont été retenus. Ce troisième barrage sur Inga produira 4.800 Mw.

En plus de ses immenses richesses du sol et du sous-sol, la République démocratique du Congo regorge également une forte potentialité énergétique. Rien que pour l’hydroélectricité, le pays possède une capacité de 100.000 mégawatts (Mw). Cela, sans compter les autres énergies telles que solaires, éoliennes, etc.

Cependant, le paradoxe est qu’en dépit de cette forte potentialité énergétique de la Rdc, aujourd’hui, l’on évalue à seulement 15 % la moyenne de la population congolaise qui a accès à l’énergie électrique. Et à cause de la vétusté des infrastructures énergétiques, la Rdc arrive même à importer de l’électricité.

Pour faire face à cela, l’Etat congolais s’investit à la construction d’autres centrales hydroélectriques, en plus de ceux qui existent déjà dans le complexe énergétique d’Inga, pourvus d’une capacité de 40.000 Mw, dans la province du Kongo central. Selon des experts, pour atteindre cette capacité, il faudrait construire des barrages jusqu’à Inga 8. D’où, le Projet Grand Inga : le développement du Site d’Inga, d’Inga 3 à Inga 8, pour plus de 100 milliards de dollars américains.

Quid des groupes développeurs

Dans ce seul site d’Inga, se concentre la capacité de production de 40.000 mégawatts d’énergie électrique, sur les 100.000 Mw du potentiel énergétique que regorge la Rdc pour l’hydroélectricité. A ce jour, deux barrages existent dans le site : Inga 1 (d’une capacité de 351 Mw avec six tribunes dont deux seulement fonctionnent) et Inga 2 (d’une capacité de 1424 Mw avec 8 tribunes dont 5 en fonction), construits pendant la deuxième République.

Depuis, le Gouvernement s’attèle à réaliser une troisième centrale hydroélectrique dans ce site énergétique d’Inga. Il s’agit du barrage d’Inga 3 basse-chute (il y aura également Inga 3 haute-chute), d’une capacité de 4.800 Mw. Pour le Gouvernement, c’est la première phase de l’aménagement du Grand Inga en une série de projets hydroélectriques.

Les travaux pour la construction de ce grand barrage Inga 3 basse-chute devront durer au moins cinq ans. Le projet comporte donc sept phases. Le coût pour sa réalisation oscille autour de 12 milliards de dollars américains.

Un consortium privé (ou développeur du projet) se chargera de ce fait, de la construction du barrage ainsi que d’autres infrastructures sur le site. Au départ, six développeurs étaient en lice. Quelque temps après, ils sont restés trois.

Puis, il ne restait plus que deux groupes de développeurs dans le processus compétitif de sélection : les chinois Sinohydro et Three Gorges Corporation (exploitants du barrage chinois des Trois Gorges, actuellement le plus important au monde) et les espagnols Activadades de Construccion y Servicios (ACS), Eurofinsa et AEE. Le groupe des coréo-canadiens Daewoo, Posco et SNC Lavalin ayant désisté en juin dernier.

Et depuis le début du mois de septembre dernier, l’ADPI annonçait que les deux groupes chinois et espagnol sont finalement retenus.

De la contribution de la Société civile

Signalons par ailleurs que la Société civile mène des plaidoyers en diverses directions pour que ce projet Inga 3 Bc profite plus à la population congolaise. Elle dénonce que ce projet Inga 3 Bc a une vocation commerciale et non sociale.

Puisque, sur les 4.800 Mw que ce barrage Inga 3 Bc produira, 2.500 Mw sont déjà accordés à l’Afrique du Sud, 1300 Mw serviront à l’industrie minière de l’ex Katanga, et les 1.000 Mw restants seront donnés à la SNEL (Société nationale d’électricité) pour la consommation domestique de la population.

Selon la Société civile, les 1.000 Mw pour la population sont encore insuffisants. Elle réclame que ces 1.000 Mw soient augmentés jusqu’à 50 % des 4.800 Mw du projet Inga 3, au besoin de la population.

Dans le cadre du Projet d’appui au plaidoyer pour l’accès inclusif à l’énergie financé par la Fondation OSISA (Open society initiative for Southern Africa), des acteurs de la Société civile recommandent au Gouvernement d’indemniser les populations affectées par la construction des barrages Inga 1 et Inga 2, et aussi, celles qui seront affectées par la construction du barrage Inga 3.

Aussi réclament-ils une implication totale de la Société civile et des communautés locales dans toutes les phases du projet. Que les populations concernées soient également informées en temps réel de tout ce qui se fait dans la mise en œuvre du projet.

Ils exigent surtout des études complémentaires au préalable (dont les études d’impacts environnementaux et sociaux) avant le démarrage du projet, et cela, jusqu’à Inga 8. Enfin, ils encouragent le Gouvernement à développer aussi beaucoup plus de micro-barrages, barrages à taille moyenne, et d’autres énergies renouvelables.

(Lepetit Baende)

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