Infiltration des ex-M23: Vers un bras de fer Monusco-Gouvernement

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De plus en plus, l’on s’achemine vers un bras de fer entre le Gouvernement de la République et la Monusco, au sujet de l’infiltration des ex-rebelles du  M23. Sinon, l’opinion nationale ne comprend pas comment, même lorsque le Gouvernement provincial du Nord-Kivu brandit des rebelles arrêtés, la Monusco ne croit pas toujours. Dernièrement, même le chef de la maison militaire du Chef de l’Etat, le Général d’Armée François Olenga, de passage à Goma, a confirmé l’information donnée par Julien Paluku, Gouverneur de cette province. Pas plus tard qu’il y a quelques jours, c’est l’Ouganda qui a affirmé avoir arrêté une centaine de ces rebelles. Sinon, ce comportement ne se justifie pas pour les deux partenaires appelés à travailler ensemble. Qu’à cela ne tienne, la Monusco est une force invitée, et toute la responsabilité incombe au Gouvernement congolais appelé à protéger la population et ses biens, sans oublier les frontières, contre cette déstabilisation qui ne dit pas encore son nom.

Comme chaque mercredi, la Mission des Nations Unies pour la stabilité au Congo (MONUSCO) a tenu hier à Kinshasa, la conférence de presse hebdomadaire des Nations Unies. Au menu, la présentation des activités des composantes de la Monusco, des activités de l’Equipe-pays des Nations Unies, de la situation militaire ayant prévalu la semaine dernière dans le pays et des principales tendances des violations des droits de l’homme au cours de l’année 2016. Dans la seconde partie de ce face-à-face de routine avec la presse, le porte-parole de la Monusco, M. Félix Prosper Basse, a répondu à quelques questions sécuritaires et politiques lui posées. Entre autres, la situation d’une éventuelle nouvelle infiltration des rebelles du M23 dans la province du Nord-Kivu. Laquelle avait été signalée il y a près de deux semaines par les autorités provinciales.

Pas d’éléments probants pour la Monusco

A ce sujet, la Monusco par la bouche de son porte-parole, déclare avoir également appris « la tentative d’exfiltration de ces éléments qui étaient initialement basés à Bihanga suite justement à leur défaite menée par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) appuyées par la Monsuco ». Pour Félix Basse, jusqu’à présent, la Force de la Monusco poursuit bonnement ses opérations sur le terrain, en étroite collaboration avec les forces de défense et de sécurité congolaises.  Il a souligné que les Casque bleus ont ainsi pris en compte les différents points d’entrée à partir desquels les éléments M23 pourraient s’infiltrer. Aussi, poursuivent-ils, leur déploiement aérien pour confirmer ou infirmer les informations de la présence du M23 dans la région.

Le porte-parole de la Monusco affirme quant à lui que jusqu’à présent, la Force de la Monusco n’a pas encore d’éléments probants, recueillis sur le terrain, qui puissent la montrer des indices vraiment probants de la présence massive de ces éléments du M23 dans la région du Nord-Kivu. « Donc, nous ne désespérons pas. Nous travaillons avec les forces de défense et de sécurité congolaises… nous poursuivons ce travail, et nous pensons que nous aurons des résultats concrets », affirme-t-il. Il s’interroge en outre pourquoi jusqu’à présent, toutes les organisations de la Société civile restent encore assez muettes sur cette question. Parce que ce sont elles qui, généralement, sonnent l’alerte, se dressent en sentinelles vigilantes, permettant ainsi d’alerter en temps opportun, aussi bien les autorités provinciales que les forces de défense et de sécurité congolaises.

A en croire M. Basse, la Monusco réitère son ferme engagement et sa détermination à travailler avec les forces de défense et de sécurité congolaises « comme nous l’avions fait par le passé pour défaire le M23 ». Si toutefois des incursions d’hommes armés du M23 étaient confirmées, évidemment des actions rigoureuses seront prises par les forces de défense et de sécurité congolaises pour mettre un terme à ces nouvelles menaces sécuritaires, a-t-il ajouté. « Mais ce que nous disons au M23, c’est qu’il est aussi partie prenante à l’accord de Nairobi. Donc, il faudra que chacun se conforme à la signature qu’il a apposée dans ce document-là, qui a été garanti par les Nations Unies, la SADC, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, mais aussi par l’Union africaine », a dit la bouche autorisée de la Monusco.

Il faut des preuves palpables

Qu’est-ce qui expliquerait à présent la projection d’une rencontre entre le Représentant des Nations Unies en Rdc et le président ougandais s’il n’y avait pas d’indices probants ? A cette question, Félix Basse fait savoir que la Monusco n’est pas dans des déclarations conflictuelles avec un tel ou avec un autre. « Vous savez, nous ne sommes pas non plus à la remorque de toutes les rumeurs, ou en tout cas, à la remorque des informations qui sont exprimées çà et là. Les déclarations des uns et des autres n’engagent que leurs auteurs », a-t-il déclaré, en soulignant que la Monusco livre des informations vérifiées, vérifiables.

Il a indiqué qu’évidemment, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies s’est rendu aussi en Ouganda pour rencontrer les autorités ougandaises en compagnie de M. Said Djinit, parce qu’il s’agit effectivement d’un problème. « Nous avons vu les échanges de communiqués, nous avons vu la bataille médiatique qui a existé, et pour en avoir le cœur net, je pense que c’est dans le cadre de ses activités normales, que le Représentant spécial s’est rendu en Ouganda pour s’entretenir avec les autorités ougandaises, mais aussi, mettre sur la table cet Accord de Nairobi, qui engage la responsabilité de toutes les partie signataires de cet accord », a-t-il expliqué.

Mais il s’agit aussi d’efforts communs, ajoute-t-il. « Il ne s’agit pas tout simplement pour la Monusco de trouver les solutions idoines à ce problème. Il ne s’agit pas aussi d’un problème qui incombe exclusivement à la République démocratique du Congo. Il y a eu un accord qui a été garanti, comme je l’ai dit tantôt, par les Nations Unies, l’Union africaine, la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs et la SADC. Donc, c’est tous ces acteurs mis ensemble qui s’évertuent à trouver des solutions ».

Pour M. Basse, il faudra une situation claire. Car, il s’agit d’une situation sécuritaire. Il s’agit d’une éventuelle menace sécuritaire qui doit être prise très au sérieux. « En tout cas au niveau de la Monusco, c’est ce que nous faisons, nous prenons ces informations très au sérieux. Nous ne les minimisons pas, bien au contraire. Nous ne nous mettons pas non plus en conflit avec ceux qui ont déclaré çà et là ».

Le porte-parole de la Monusco estime qu’au-delà des déclarations, des preuves palpables aussi pourraient être présentées concernant « deux colonnes d’éléments du M23 » qui auraient franchi la frontière. « Je pense que c’est beaucoup d’individus qui entreraient aussi facilement en Rdc, parce que vous semblez dire par cette affirmation que les forces de défense et de sécurité congolaises, à qui incombe la responsabilité première de la défense de l’intégrité territoriale et des populations, vous semblez nous dire qu’elles ne font rien du tout. Parce que je pense qu’elles font leur travail, il faut aussi respecter les efforts qui sont faits, il faut respecter aussi les actions qui sont entreprises par ces forces de défense et de sécurité pour sécuriser ce pays », a-t-il répondu au confrère de la Rtnc.

(Lepetit Baende )

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