Incroyable mais vrai ! La RD Congo à genou pour l’aide humanitaire !

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Congo Bashing fonctionne à plein régime avec le «pilotage» des forces politiques et sociales qui sont en train de réussir la mission commandée : ramener le Congo au maternage… Dès lors qu’il se révèle que les humanitaires bidonnent des rapports sur les Droits sociaux, comment leurs collègues n’en feront-ils pas autant des rapports sur les Droits politiques, juridiques et judiciaires ?

Genève a un programme connu pour ce VENDREDI 13 (!) avril 2018 avec la tenue d’une conférence internationale sur l’aide humanitaire en faveur de la RD Congo. Jusqu’au 9 avril dernier, la position des autorités congolaises reste la même : pas question d’une participation des officiels. Ainsi, rapporte www.radiookapi.net dans sa dépêche du mardi 10 avril 2018 intitulée «Conférence de Genève : Kinshasa réitère son boycott», il s’avère qu’«A l’issue d’un Conseil des ministres présidé par le président de la République, Joseph Kabila, le gouvernement congolais a réaffirmé lundi 9 avril sa décision, annoncée par le vice-premier ministre aux Affaires étrangères, de ne pas participer à la conférence humanitaire de Genève» et que «Cette annonce intervient pendant le séjour en RDC du Haut-commissaire pour les réfugiés, Filippo Grandi. Ce dernier a pourtant appelé Kinshasa à participer à cette conférence internationale, prévue le 13 avril, afin d’obtenir le maximum des moyens pour faire face à la crise humanitaire du pays». Il faut avouer que la position des autorités congolaises relève de la logique dès lors que dans l’élaboration des TDR (termes de références), elles ont été littéralement ignorées, le montage financier ayant du reste été opéré par la communauté des humanitaires sans leur apport. Au final, un appel de fonds évalué à 1,37 milliards d’euros a été lancé…

Cet appel est fondé sur le fait qu’en novembre 2017, révèlent les humanitaires, «le pays a atteint ‘le plus haut niveau d’urgence humanitaire (L3)’, selon les Nations unies. Une situation justifiée par les crises au Kasaï, dans le Centre, à Tanganyika, dans le Sud, et au Sud-Kivu, dans l’Est ». D’après le coordinateur humanitaire Kim Bolduc, «Les projections sont alarmantes : un tel niveau de vulnérabilités et de besoins n’a jamais été enregistré de toute l’histoire des appels humanitaires en RDC, mettant en péril la reprise d’un cycle de stabilisation et de développement (…)».

Les statistiques brandies sont les suivantes : «18 des 26 provinces que compte la RDC sont impactées par les conséquences humanitaires. 13,1 millions de personnes, dont 7,7 millions d’enfants auront besoin de protection et d’assistance humanitaire en 2018, une augmentation de 50% par rapport à 2017. Parmi eux, 7,5 millions de personnes déplacées et retournées auront besoin des efforts conjugués de tous pour trouver un abri ou de l’eau potable, 9,9 millions de personnes pour se nourrir et 4,5 millions d’enfants de traitement médical pour survivre à la malnutrition».

En réaction, le Gouvernement, par l’entremise du VPM des Affaires étrangères et Coopération Léonard She Okitundu, va les qualifier d’exagérées. «La situation de la crise dans les trois provinces concernées n’a pas atteint le degré de gravité dont parlent les Nations unies», a-t-il souligné le 3 avril 2018 lors d’une conférence de presse à Kinshasa avant d’ajouter : «Ce que nous avons refusé, c’est qu’on organise une conférence humanitaire sur la détresse en République démocratique du Congo, en ignorant le gouvernement de ce pays. C’est tout à fait intolérable. Et là, on viole les textes et nous ne pouvons pas l’accepter». Il est convaincu d’ailleurs que la qualification L3 «est de nature à repousser les investisseurs désireux d’investir en RDC».

 

Effectivement, cette qualification est appliquée aux pays connaissant une forte crise humanitaire à la suite des guerres intenses, cas de la Syrie, du Yémen, de l’Irak et de la Somalie. Des pays où, à ce jour, l’organisation des élections est carrément chimérique. Or, en RD Congo, on s’y prépare…

…il n’y a pas que des rapports biaisés sur l’assistance humanitaire

A la suite de la réaction musclée de Kinshasa, Marck Lowcok, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires aux Nations Unies, a saisi le 5 avril 2018 les autorités congolaises au travers d’une correspondance. « … Je vous écris personnellement pour vous faire savoir que nous avons écouté attentivement vos préoccupations au sujet de la désignation de la crise humanitaire en RDC. Les Nations Unies désactiveront la désignation L3 plus tard ce mois-ci« , a-t-il dit. Date précise : 20 avril 2018, soit une semaine après l’ouverture de la conférence.

Dans la foulée, il a décrit en ces termes la situation au Congo telle qu’il la perçoit : «Permettez-moi de réitérer mon point de vue selon lequel la RDC a enregistré des progrès considérables depuis ma dernière visite dans votre pays, qui remonte à plus de 15 ans. Il y a eu des améliorations dans l’infrastructure; Kinshasa, comme d’autres villes, est devenue une ville africaine moderne. Il y a plus d’enfants qui vont à l’école et ont accès à l’éducation, moins d’enfants meurent et plus des femmes survivent à l’accouchement. Votre gouvernement a presque doublé son investissement dans le secteur de la santé publique et le taux d’immunisation s’est considérablement amélioré » !

Le 6 avril 2018, Filippo Grandi, haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, a été reçu en audience par le Président Joseph Kabila. «J’espère que la RDC va participer à cette conférence pour expliquer au président qu’il s’agit d’une conférence pour convaincre les bailleurs de fonds, les partenaires, à nous aider à gérer les aspects humanitaires. La réponse du président a été constructive. On verra comment le gouvernement répond maintenant à notre demande de participation qui est une demande très sincère et très positive», a-t-il déclaré.

Aussi, tout esprit lucide ne peut que se demander comment et pourquoi a-t-on fait passer au monde un message contraire au point d’entamer la respectabilité de l’Onu. Car, au-delà des rapports volontairement biaisés relatifs à l’assistance humanitaire dans les domaines sociaux comme la santé, l’éducation, la culture etc., il y a aussi des rapports volontairement biaisés sur la gestion des Droits politiques, juridiques et judiciaires, alias «Droits de l’homme». (Lire Editorial intitulé « Rapports sur les Droits de l’Homme : le doute s’installe… »

Qu’on ne le perde pas de vue : les autorités congolaises sont l’objet des sanctions occidentales dites ciblées, préconisées par des ONGDH étrangères et nationales clairement identifiées, encouragées, du reste, dans leur sale besogne par des personnalités élevées en dignité du fait de leur aura en international.

Pourtant à la pointe de la contestation politique

Pendant le bras de fer «Gouvernement et Humanitaires», ces ONGDH et ces personnalités se distinguent par des piques. Cas, entre autres, du Dr Denis Mukwege, du cardinal Laurent Monsengwo et du Comité laïc de coordination, pour ne citer que les trois. «Nous sommes dirigés par des personnes qui ne nous aiment pas. Ils le prouvent, ils l’ont toujours prouvé, et là refuser que la population soit aidée, c’est une preuve supplémentaire», clame le premier. «On ne peut refuser de l’aide quand on a les mains vides», déplore le deuxième. Le troisième, le Clc, va même plus loin en demandant carrément à l’Onu d’«ignorer le refus du gouvernement congolais de prendre part à la conférence des donateurs».

Ce qui est fort embarrassant par rapport à toutes ces prises de position, c’est le fait que l’un des pays organisateurs, en l’occurrence les Emirats Arabes Unis, conditionne sa participation à la conférence de Genève par la décision du Gouvernement congolais. Question de respect de la souveraineté d’un Etat. Certes, des considérations électoralistes sur fond des considérations humanistes expliquent ces déclarations qui ne peuvent que surprendre tout pays membre des Nations Unies jaloux de sa souveraineté.

Après tout, pour une opération du genre «Restore Hope» menée en Somalie en 1992 – car au final c’est de cela qu’il s’agit pour la RDCongo – il va bien falloir aux humanitaires, sous la couverture de l’Onu et/ou de l’Union européenne, obtenir au préalable l’accord du pays d’accueil. En 1994, pour le déploiement de l’«Opération Turquoise» à l’Est du Zaïre, l’Onu et la France l’avaient fait avec Mobutu. Léon Kengo, à l’époque Premier ministre issu des Accords du Palais du Peuple ayant mis fin aux schémas de la Cns et du Cpk est en vie. Il peut en témoigner.

En 2000, pour le déploiement de la Force onusienne appelée par la suite «Monuc», l’Onu avait obtenu l’autorisation du Gouvernement congolais via l’Accord de siège ou Sofa. En 2002, pour le déploiement de l’«Opération Artémis», l’Union européenne et les pays membres – France en tête – avait obtenu la caution du Gouvernement congolais quand bien même l’Ituri était entre les mains des mouvements insurrectionnels.

Il s’agit là des principes qui régissent les relations internationales. En l’espèce, l’Accord de siège conclu entre la RDC et l’Onu confie au Gouvernement la sécurisation de tous les personnels et de toute la logistique de la Mission onusienne. Il serait anormal que les humanitaires des Nations Unies se considèrent comme au Kosovo, au Cambodge ou au Timor Oriental. C’est donc surprenant que certains leaders – pourtant à la pointe de la contestation politique – ignorassent ces évidences simples. Car, si pour l’aide humanitaire, ils acceptent de mettre la RDC à genou, comment pour le financement du développement, n’amèneraient-ils pas les Congolais à ramper ?

Omer Nsongo die Lema/Cp

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