Il y a 20 ans mourrait l’ancien Chef de l’Etat zaïrois: Que reste-t-il du Maréchal Mobutu ?

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07 septembre 1997-07 septembre 2017, il y a 20 ans mourrait en exil au Maroc, l’ancien Président de la République du Zaïre, le Maréchal Mobutu Sese Seko. Décès survenu quatre mois après qu’il ait quitté de force le pouvoir à la suite de la révolution enclenchée dans l’Est de la République, conduite par l’AFDL, avec comme cerveau moteur, M’Zée Laurent Désiré Kabila. Ce dernier fait tomber Kinshasa, la capitale le 17 mai 1997, contraint par ailleurs, son prédécesseur en exil au Maroc, où il mourut, enterré au cimetière royal, à Rabat.

32 ans après son règne sans partage, au lendemain de son premier coup d’Etat, le 05 septembre 1960, opposant par la suite Joseph Kasavubu à son premier Ministre Patrice Emery Lumumba, et Mobutu se fait nommer Chef d’Etat-Major général, avec grade de Colonel.

C’est le 24 novembre 1965, qu’il prend l’effectivité du pouvoir par un coup d’Etat contre Joseph Kasavubu et son premier ministre Evariste Kimba. Ce dernier pendu publiquement à l’actuel emplacement du Stade des Martyrs de la Pentecôte. La suite de son règne sans partage, était l’ombre d’un tyran qui n’écoutait jamais son peuple paupérisé ; qui a détruit le tissu économique avec son premier ballon d’essai de la radicalisation de l’économie zaïroise. Il a débaptisé les avenues et autres places publiques, à la suite de ce qu’il a nommé le recours à la l’authenticité, puis les pillages des années 1990 qui ont effondré l’économie jusqu’à ce jour.

L’on reconnait à son actif, l’unité du pays. Par son aura, il suscitait la crainte de ses voisins,  bénéficiant à coup sûr, de l’appui ses amis occidentaux.

Il fonda le Mouvement Populaire de la Révolution (MPR), un certain 20 mai 1967, fusionnant la majeure partie des partis politiques en un seul, à l’exception de PSA d’Antoine Gizenga et du MLC de Patrice Emery Lumumba. Ce, dans un environnement politique monolithique qui a consacré ce parti politique, en parti-Etat, avec  ses structures telles, le CADR (Corps des Activistes pour la Défense de la Révolution) ; CVR (Corps des Volontaires de la Révolution) ; Mopap (Mobilisation Populaire et Animation Politique) ; Garde Civile, Division spéciale présidentielle (DSP) ; Service d’action et de renseignements militaires (SARM) ; Service nationale d’intelligence et de protection (SNIP) et autres Condition féminine et famille (Condifa), Comité central ; Bureau Politique du MPR. Ces structures budgétivores et oppressives ont cimenté pendant 32 ans le pouvoir du Maréchal Mobutu, titre autoproclamé après sa débâcle dans la guerre de Kamanyola et de Kolwezi. Régulièrement réélu aux élections monolithiques et fortement contesté, l’ancien Président du Zaïre a connu plusieurs rébellions, dont celles de Pierre Mulele (dans le Kwilu), Antoine Gizenga (Province Orientale), Gbenye et Sumialo (dans le Kivu) et Laurent Désiré Kabila (dans le Tanganyika) qu’il a neutralisé à la faveur de ses amis occidentaux. La dernière conduite par M’Zée Laurent Désiré Kabila l’a envoyé en exil où il mourut. Depuis, le rapatriement de sa dépouille qui git à Rabat se fait attendre. .

Sa politique tournée vers la prédation et la promotion d’antivaleurs, le Guide suprême qui interdisait l’érection de bâtiments en hauteur, n’a pas permis à la République d’aller vers son émergence par l’expansion de logements, quand bien même il aurait fait construire la Cité de la N’Selé, la Cité Maman Mobutu pour ne citer que celles-là.

Mérites et limites du régime

5 ans après l’accession de la République Démocratique du Congo à la souveraineté nationale et internationale, Mobutu Sese Seko passe par les différentes reformes, en bâtissant son régime politique sur la pensée, et dont la doctrine fut le « mobutisme », c’est-à-dire « un parti politique, un seul chef et une seule nation », autour de la philosophie africaine dite « recours à l’authenticité » qui est une prise de conscience du peuple, de son identité et de sa dignité. Et ce, en rejetant les noms occidentaux, dits chrétiens, en reprenant les noms de nos aïeux, synonyme de se replacer dans la lignée africaine. Et lui, même adopte Mobutu Sese Seko Kuku Gbendu wa Zabanga, entendu « Mobutu, le Léopard qui va de conquête en conquête », en d’autres termes, l’homme fort du Zaïre instaurait déjà la dictature à partir de sa nouvelle identité sans le dire ouvertement. Par la suite, il débaptisa le nom du pays, Congo en Zaïre, de la rivière zandi, avons-nous appris, mettant ainsi terme au conflit entre Patrice Emery Lumumba et l’Abbé Fulbert Youlou dans l’appropriation du nom « Congo ».

A sa prise du pouvoir, pour ce qui est de l’économie du pays, il créa la monnaie locale en défaveur du franc belges dont l’unité monétaire valait deux dollars américains, en ce que le PIB du Congo indépendant était supérieur à celui du Canada et de la Corée du Sud.

On lui reconnait l’unité du pays, et pour mieux la consolider, il instaura une seule université, dénommée UNAZA, pour dire Université Nationale du Zaïre. Son régime fut assis sur les différentes dates, surtout personnelles qu’il dédia parfois à la jeunesse, aux parents, et la journée des poissons, etc. A la place du Débout congolais, il décide d’un nouvel hymne national « La Zaïroise ».

Dans son actif, on lui reconnait également le fait qu’il ait restauré la dignité de la femme, par sa philosophie de « L’émancipation de la femme zaïroise », autrefois oubliée par la colonisation. Parmi les têtes couronnées du régime, l’on pouvait citer : Sophie Kanza, Mayuma Kala, Catherine Nzuzi wa Mbombo, Wivine NLandu Kavidi, Kalanga Mwana Zaïre, Maïdoda, Soki Fwani Eyenga, Ndombe Sita, Ekila Liyonda etc.

Et sur le plan culturel, le Maréchal a fait promouvoir la musique à travers les orchestres tels TP OK Jazza, Africa Jazz, Negro Succès, Zaïko Langa Langa, Africa Fiesta etc. qui chantaient à son honneur avec les chants patriotiques. Et sur le plan sportif, il organisa le plus grand gala de boxe historique, « Combat du Siècle entre George Foreman et Mohamed Ali », à Kinshasa, au Stade du 20 mai, en défaveur de l’Angleterre. Il fit venir le célèbre chanteur et musicien négro-américain James Brown. Il offrit au Zaïre deux coupes d’Afrique des Nations en 1968 et 1974 ; puis 3 coupes d’Afrique des Clubs, dont 2 au Tout Puissant Mazembe en 1967 et 1968 et une à l’AS V. Club en 1973, et une coupe des vainqueurs en 1981 au tout Puissant Mazembe. Cette la période dite de la prospérité, où il fit même construire et bâtir d’importantes infrastructures immobilières et industrielles, telles le Grand Barrage d’Inga dit Eléphant Blanc, substituant à la coopération internationale le terme « sous-développement », en faveur des pays « sous-équipés ». A l’ONU, il prononça un discours resté historique de plus de 3 heures, s’attaquant à Israël en guerre contre l’Egypte, dont la phrase « Entre frère et ami, le choix est clair ». Egypte le frère africain, et Israël un ami dont l’amitié peut se rompre à chacun instant. Mobutu choisit le camp de l’Egypte. Il a été à l’initiative des travaux communautaires dits « Salongo », pour le maintien de la propreté de l’environnement résidentielm=.

Les limites du Maréchal Mobutu sont exhaustives, inhérentes à tout être humain, mais pas de la manière dont il était dépeint par l’Occident et l’UDPS, principal parti de l’opposition. Il est vrai, que Mobutu avait la volonté de mieux faire, comme toujours l’entourage est indexé à la gestion, les finances publiques ont été saignées à blanc. Plusieurs réformes monétaires en défaveur des hommes d’affaires du Kasaï ; l’hyperinflation monétaire, la criminalité et des enlèvements, notamment de ses adversaires politiques, des services secrets opprimants, l’enrichissement illicite, militarisation de son régime etc. La dictature qu’il instaura fut sanguinaire et oppressive, au point qu’il supprima le cours de religion et éducation civique et morale, occasionnant l’incivisme dans le chef de la population. Les étudiants ne sont pas restés en marge de l’oppression du régime de Mobutu. Il fut enrôlé dans l’armée plusieurs cadres universitaires, après un procès expéditif qui  condamna plusieurs d’entre eux à mort.

Quant aux manifestations politiques de son parti le MPR, il a saigné à blanc le trésor public au profit de bonzes du régime, et petit à petit, l’économie du pays s’est effondrée par cette pratique malveillante.

Sur le plan des infrastructures, le Maréchal avait une phobie de développer la voie de communication, de peur que les rebelles l’atteignent et l’éclabousse du pouvoir. Faisant ainsi, du Zaïre, un pays dépourvu des routes, ponts reliant les provinces entre elles. En perpétuel conflit non seulement avec les prélats catholiques, et la classe politique interdit de fonctionner, mais la population terrorisée.

Par le vent de la Pérestroïka, le Maréchal Mobutu libéralise le secteur politique par un discours sur la tripartite politique, c’est-à-dire, qu’il délimitait a trois les partis politiques, (MPR, UDPS et PDSC) et qu’il se placerait au-dessus de la mêlée, un certain 24 avril 1990, à N’Sele. Sous pression, il libéralise par le multipartisme politique, et à ce jour, la RDC compte 560 partis politiques agrées.

Pour se soustraire de la pression politique de ses adversaires, il fit construire une demeure somptueuse en plein fort Equatoriale, dit Kawele, où il passe les 7 ans de la transition  après la Conférence Nationale Souveraine. Hospitalisé à Nice de suite de la prostate, il regagne Kinshasa convalescent en pleine révolution Afdlienne, malgré les moyens mis à la disposition de ses généraux pour vaincre et repousser ladite rébellion, il mourut à 66 ans, en exil au Maroc. Le Roi du Zaïre s’en est allé avec son Mouvement Populaire de la Révolution. Ce parti s’est fragmenté en deux ailes ; l’une conduite par Catherine Nzuzi wa Mbombo, et l’autre par son ancien directeur de Cabinet Félix Vunduawe Te Pemako. A ce jour, aucune de cette aile ne draine du monde comme le fut à l’époque. A dieu le MPR !

Réfléchi pour vous par

(Pius Romain Rolland)

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