«Il faut multiplier les initiatives pour amener beaucoup de femmes en politique »

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une vue de Mme Anna Mayimona Ngemba, Directrice nationale de l’Union congolaise de femmes des médias (UCOFEM)
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Dans le cadre de son édition féminine de chaque weekend, le Quotidien L’Avenir a ouvert ses portes à Mme Anna Mayimona Ngemba, Directrice nationale de l’Union congolaise de femmes des médias (UCOFEM), une association qui regroupe les femmes journalistes. Elle travaille pour la promotion des droits de femmes de manière générale, et les droits de femmes à travers les médias, en particulier. Dans cet échange, cette femme dévouée à la cause de ses collègues femmes donne son avis par rapport au rôle de la femme dans les partis politiques, pourquoi pas dans la sensibilisation, pour ne pas tout simplement servir de décor.  

Par rapport au rôle que peut jouer la femme en politique, elle pense que la femme, c’est une personne à part entière, qui a des droits que la constitution lui reconnait et qui a sa place dans les partis politiques. A l’en croire, si nous regardons la loi qui régit les partis politiques dans notre pays, la place de la femme est clairement reconnue. Même si en réalité on essaye un peu de la mettre à côté, elle a sa place comme l’homme. Et ce, parce que la société est composée des hommes et des femmes et les partis politiques doivent aussi reconnaitre à la femme ce droit-là.

Comme difficultés rencontrées par la femme en politique, Mme Anna Mayimona estime que la plus grande difficulté que les femmes rencontrent en politique, c’est d’abord les pesanteurs culturels, d’abord en elle et dans la société. D’abord en elle-même, parce qu’elle a été éduquée d’une certaine manière : que c’est l’homme qui prend des décisions, c’est l’homme qui s’affiche et elle doit rester en arrière… Or, pour faire la politique, il faut prendre le devant.  Et de renchérir que cette éducation qu’elle a reçue fait qu’elle reste toujours en arrière par rapport à l’homme. Les choses doivent changer, parce que les lois congolaises reconnaissent à la femme ces mêmes droits. Du côté de la société, on voit l’autorité incarnée par l’homme. C’est l’homme qui incarne l’autorité, or lorsqu’on s’engage en politique, c’est pour arracher le pouvoir et l’exercer. Donc l’autorité est plus représentée par l’homme que par la femme.

A titre d’illustration, quand il y a une autorité qui arrive dans un coin donné et que l’on doit se préparer pour l’accueillir, la première image qu’on a, c’est l’homme. Parce que dans notre entendement, l’autorité est représentée par l’homme. La femme qui joue le même rôle dans la famille, peut aussi le jouer dans la communauté.

Les femmes ne votent pas les femmes

Concernant cet adage, elle conseille de dépasser cette étape, autant pour l’homme que pour la femme. Selon elle, lorsque la femme va voter, elle regarde d’abord l’homme, qui va diriger, parce que la personne qui dirige, c’est l’homme. C’est comme ça qu’elles ont beaucoup plus tendance à voter pour les hommes que pour les femmes. Elles oublient que la femme peut avoir les compétences un peu plus que les hommes.

Mme Mayimona a témoigné avoir reçu une femme très forte, engagée dans la société civile et qui est entrée plus tard en politique. Maintenant, cette femme recule, tout simplement parce qu’il y a des violences que les femmes vivent. Comme tu es femme, tu dois accepter de sortir avec des collègues hommes pour par exemple avoir une promotion. « Ils ne le demandent pas aux hommes, parce que c’est une femme, elle doit être la femme de tout le monde. Cette femme, appréciée par certains de ses collègues, mais combattue. Elle a dit, je peux tout accepter, sauf vendre mon corps », martèle-t-elle, avant d’ajouter que l’on doit respecter la femme pour inciter les autres. Sinon, si la plus part de femmes refusent d’entrer en politique, c’est par rapport à cet élément-là. Il faut que les choses changent, qu’on puisse voir la femme comme partenaire politique au même titre que les hommes et non la considérer comme un objet de plaisir.

La patronne de l’UFEM s’est dite opposée à cet adage rétrograde en ce 21ème siècle.  Elle répond avec un autre adage latin selon lequel « homo omini lupus ». Comme pour dire, l’ennemi de l’homme, c’est l’homme. Et de préciser qu’ici on parle de l’homme avec le H. Il ne faut pas dire que c’est un problème de l’homme seulement. Ça c’est une façon limitée de voir les choses. Si l’ennemi de la femme était la femme, aujourd’hui il n’y aurait pas de femmes au monde. C’est vrai que nous nous combattons entre nous les femmes, les hommes entre eux. Cela fait partie de la vie, parce que l’être humain doit se battre pour se confirmer. La femme a une certaine manière de montrer cette concurrence, de même que l’homme. Vous allez vous rendre compte que l’ennemi de la femme, ce n’est pas la femme. Et l’ennemi de l’homme, ce n’est pas l’homme. Nous devons tous essayer de travailler ensemble.

Les hommes ont pris de l’avance sur les femmes

Selon elle, il faut multiplier les initiatives pour amener beaucoup de femmes en politique.  Elle l’a dit, avant d’ajouter un autre facteur, qui freine l’émergence de la femme. Et de dire que les hommes ont pris de l’avance sur les femmes. Parce qu’ils sont partis à l’école plutôt que les femmes et ils ont une certaine expérience que les femmes n’ont pas. Et cette avance leur a permis économiquement d’être fort. Les femmes ne sont pas économiquement forte, quand elles vont se battre sur le même terrain que les hommes, elles n’ont pas les mêmes armes. Il faut aussi travailler dans le renforcement économique de la femme et quand elle va se retrouver avec les moyens pour mobiliser, elle va le faire. Il faut de politiques pour promouvoir l’engagement de femmes en politique.

(Propos recueillis par Jean-Marie Nkambua)

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