Hier au Conseil de sécurité de l’ONU sur la RDC: R. Tshibanda contre M. Kobler

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  • La réunion d’hier au Conseil de sécurité de l’ONU a été l’une des plus chaudes. Alors que Martin Kobler a plaidé pour un nième renouvellement du mandat de la Monusco, Raymond Tshibanda, lui, réplique que la RDC est désormais en mesure de poursuivre le travail seule, tout en restant favorable au départ progressif de la Monusco

 

  • Toujours à New York, Ban Ki moon a nommé six nouveaux membres du groupe d’experts sur la Rdc. Il s’agit de Kodjo Attisso du Togo ; Zobel Behelal du Cameroun ; Gaston Gramajo d’Argentine ; Michel Sharp des USA ; Koenraad de Swaef de Belgique  ainsi qu’Emmanuel Viret de France. L’Argentin Gramojo sera le coordonnateur du groupe. En même temps, le mandat du groupe d’experts est prorogé jusqu’au 1er août 2016

 

Partira, Partira pas ? En tout cas, les choses vont dans le sens d’un nouveau renouvellement du mandat de la Mission onusienne en République démocratique du Congo. Le Conseil de sécurité de l’Onu s’est réuni jeudi 19 mars à New York. Au menu, la situation en RDC et le renouvellement du mandat de la Monusco.

Un duel à New York

Prenant la parole en premier, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, Martin Kobler a appelé au renouvellement du mandat de la Monusco, estimant que beaucoup de choses restent encore à faire pour stabiliser davantage la RDC. Une manière pour lui d’annoncer, d’entrée de jeu, que sa mission doit se poursuivre. Eternellement ? Si possible.

De son côté, le ministre congolais des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda, a plaidé pour le départ progressif de la Monusco. Le Conseil devrait se prononcer dans la soirée, si pas très prochainement.

Martin Kobler a dressé la situation politique, sécuritaire et humanitaire qui prévaut en RDC. Cette situation, selon lui, est relativement stable grâce aux efforts du gouvernement congolais avec le concours de la Monusco.

Pour le chef de la Monusco, beaucoup de choses ont déjà été accomplies sur le terrain. Mais beaucoup reste encore à faire pour stabiliser davantage la RDC, qui nécessite un renouvellement du mandat de la mission onusienne.

«Nous sommes ici au service du peuple. Nous sommes aussi ici pour offrir nos services au Gouvernement. Notre volonté de quitter le pays est réel et sans équivoque. Le départ de la Monusco doit être lié aux résultats obtenus et à l’amélioration concrète de la situation sur le terrain», a expliqué Martin Kobler, relayé par la radio onusienne.

Répliquant à la position de Kobler, Raymond Tshibanba qui représente le pays à cette séance, a reconnu les résultats positifs obtenus dans la lutte pour la stabilisation de la RDC par son gouvernement avec l’appui de la Monusco:

«Aujourd’hui, il y a certes encore quelques poches d’insécurité à certains endroits bien localisés du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Partout ailleurs sur le territoire national, la paix et la sécurité règnent. Bien plus, il y a un Etat qui fonctionne, les institutions légitimes et efficaces, une armée en pleine reconstruction.»

Selon lui, la RDC est désormais en mesure de poursuivre ce travail seule. Raymond Tshibanba a donc plaidé pour le départ progressif de la Monusco:

«La République démocratique du Congo est reconnaissante envers l’Organisation des Nations Unies pour son estimable concours dans la poursuite et l’atteinte de ces résultats. Elle estime cependant que le moment est venu pour elle d’assumer pleinement ses responsabilités quant à sa sécurité et à celle de sa population. Elle plaide donc pour que le Conseil fasse droit à cette aspiration légitime qui est consubstantielle à la notion même de souveraineté.»

Sans surprise, à l’allure où vont les choses, l’on assistera bientôt à l’exaucement du vœu du Chef de la Monusco, pensent déjà bien d’analystes.

Encore des experts pour la RDC

Ban-Ki Moon a nommé six nouveaux membres du groupe d’experts sur la Rdc : Kodjo Attisso du Togo ; Zobel Behelal du Cameroun ; Gaston Gramajo d’Argentine ; Michel Sharp des USA ; Koenraad de Swaef de Belgique ; Emmanuel Viret de France.

L’Argentin Gramojo sera le coordonnateur du groupe. En même temps, le mandat du groupe d’experts est prorogé jusqu’au 1er août 2016.

Cela rime avec les non-dits. Déjà, en date du 11 mars dernier était distribué le Rapport du Secrétariat général sur la mise en œuvre de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo et la Région. Ce, depuis son dernier rapport du genre, daté du 24 septembre 2014.

« Le présent rapport porte sur les principaux faits nouveaux survenus depuis les rapports du 30 décembre 2014 notamment en ce qui concerne la tenue des engagements pris par le République démocratique du Congo dans l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo et la région et les progrès accomplis par la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) dans l’exécution de son mandat », avait-il dit.

Parlant de principaux faits nouveaux, l’accent a été mis sur l’Évolution de la situation politique, essentiellement dominé, depuis le 12 février par la Commission nationale électorale indépendante (CENI) qui a publié un calendrier électoral global selon lequel les élections locales et provinciales se

tiendront le 25 octobre 2015 ; et les élections présidentielle et législatives, le 27 novembre 2016. « Cette mesure a été bien accueillie par les parties prenantes nationales et les partenaires internationaux, qui y ont vu un pas important vers la tenue d’élections en temps voulu, mais certains partis d’opposition ont mis en doute sa faisabilité », a-t-il reconnu.

Des progrès notables

Le S.G. de l’ONU reconnaît que des progrès notables ont été enregistrés en RDC, notamment dans la tenue des engagements pris par la République démocratique du Congo au titre de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo et la région, dans la mise en œuvre des engagements pris par la République démocratique du Congo au titre de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération ont été réalisés dans le domaine de la décentralisation.

Pour ce qui est de la consolidation de l’autorité de l’État et stabilisation, le SG note que certains progrès ont été accomplis dans l’élaboration de stratégies de stabilisation provinciale et de plans d’action pour le Nord-Kivu, la province Orientale et le Sud-Kivu, dans le cadre de la Stratégie internationale d’appui en matière de sécurité et de stabilisation. Il en est de même avec les réformes de gouvernance, la promotion des réformes financières et du développement économique.

Évolution de la situation régionale

Les relations entre pays de la région demeurent tendues à propos de la question des FDLR et de l’application des Déclarations de Naïrobi du 12 décembre 2013. Le délai fixé par la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et approuvé par le Conseil de sécurité pour le désarmement volontaire des FDLR est venu à expiration le 2 janvier. Dans une déclaration publiée le 2 janvier, le Gouvernement de la République démocratique du Congo a noté que puisque 26 % seulement de quelque 1. 400 éléments des FDLR dans le pays se sont rendus, les opérations militaires devenaient inévitables. La Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, la SADC et les partenaires internationaux sont parvenus à la même conclusion.

Des progrès limités ont été enregistrés en ce qui concerne l’application des Déclarations de Nairobi. La troisième réunion d’évaluation de l’application des Déclarations de Nairobi s’est tenue à Kinshasa le 11 février, sous la présidence du Coordonnateur exécutif du Mécanisme national de surveillance du plan-cadre. Il a été convenu à cette occasion de dépêcher en Ouganda une équipe pluridisciplinaire à direction gouvernementale en vue d’accélérer et de coordonner le rapatriement des anciens éléments du M23 et de leurs armes.

Bonne note aux FARDC

Bien que traqués, les FDLR compromettent la stabilité dans l’Est de la République démocratique du Congo et le reste de la région, félicitant les FARDC pour avoir lancé des opérations militaires pour entraver leurs activités. Il a en outre salué la détermination du Gouvernement à prendre la tête des efforts visant à les neutraliser. « Je me félicite que, malgré des conditions difficiles, les FARDC soient déterminées à neutraliser ce groupe armé », a-t-il reconnu.

Parlant du départ de la Monusco, le numéro 1 des Nations Unies martelait que « le Gouvernement devrait engager un dialogue avec l’ONU en vue d’établir une stratégie de retrait progressif de la MONUSCO qui sera subordonnée à la réalisation d’objectifs de consolidation des acquis des 10 dernières années et de stabilisation du pays à long terme définis conjointement ». Il en appelait à un dialogue qui devrait être considéré comme une occasion de redéfinir et d’améliorer le partenariat entre l’ONU et le Gouvernement et devrait contribuer à faciliter le transfert des tâches de la MONUSCO au Gouvernement et à accélérer le retrait de la Mission.

 

Emmanuel Badibanga

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