Hier à l’Assemblée nationale: Matata présente un budget réaliste

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*Le Premier ministre a présenté hier à l’Assemblée nationale le projet de Loi de finances pour l’exercice 2016 évalué à 8.437,4 milliards de FC, soit un taux de régression de 0,7% par rapport à la Loi de finances de 2015 arrêtée à 8.496,3 milliards de FC. A l’en croire, c’est un projet de budget  réaliste qui tient compte d’un environnement économique et social défavorable. Voilà pourquoi il a exhorté tout le monde à un élan de patriotisme, à un sursaut d’altruisme et à une raison d’espérer, pour poursuivre cette glorieuse marche vers le destin du pays

*Pour le chef de l’Exécutif congolais, le pays n’a pas d’autre choix que de s’ajuster, aux risques de retomber dans l’hyperinflation de triste mémoire, avec son chapelet d’événements tragiques tant sur le plan social, économique que politique. Il a rappelé à l’endroit des députés nationaux, le taux d’inflation de près de 10.000% en 1994, et du taux de dépréciation monétaire de 100 %, qui ont conduit  le pays à imprimer des billets à valeur faciale de cinq millions de zaïres au cours des années 1990. Et les conséquences sociales au niveau de la destruction du tissu économique et social ont été plus que dramatiques

Comme annoncé par votre Journal, le Premier ministre a présenté hier à l’hémicycle de l’Assemblée nationale le projet de Loi de finances pour l’exercice 2016 évalué à 8.437,4 milliards de FC, soit 20,6% du PIB et un taux de régression de 0,7% par rapport à la Loi de finances de 2015 arrêtée à 8.496,3 milliards de FC.

Les ressources à mobiliser pour l’exercice 2016 sont constituées des recettes du budget général évaluées à 7.205,1 milliards de FC, des recettes des budgets annexes de 830,4 milliards de FC et des recettes des comptes spéciaux chiffrées à 401,9 milliards de FC.

Les six axes prioritaires

A l’occasion de la présentation de ce budget, le Premier ministre a mis un accent particulier sur les six axes prioritaires du Programme d’Actions du Gouvernement en 2016. Il s’agit de la poursuite et finalisation des réformes institutionnelles en vue de renforcer l’efficacité de l’Etat : 2.396,6 milliards de FC, représentant une part relative de 33,3% consacré notamment aux opérations électorales, à la mise en place des nouvelles provinces, à la mise en œuvre des lois de programmation de la Police et de l’Armée ainsi qu’au fonctionnement régulier des institutions de la République, axe 1 ; Consolidation de la stabilité macroéconomique, accélération de la croissance et création d’emplois : 2.115,5 milliards de FC, soit une part relative de 29,4% affectée entre autres à l’extension des parcs agro-industriels, à la réalisation de l’ouvrage INGA, à la quote-part de l’Etat dans les capitaux de la CILU et de la sucrière de KILIBA, à la certification des réserves gazières, à l’extension progressive en provinces du Cadre Permanent de Concertation Economique, au renforcement du fonds pour la Consolidation du Secteur Forestier, au Fonds d’appui aux PME et à l’OPEC, à l’informatisation et à la télécommunication des Administrations financières ainsi qu’à diverses constructions et réhabilitations dans les secteurs porteurs de croissance, axe 2 ;

Poursuite de la construction et de la modernisation des infrastructures de base : 274,7 milliards de FC, soit une part relative de 3,8% consacrée en particulier à la construction et à la réhabilitation des infrastructures routières et portuaires, axe 3 ; Amélioration du cadre de vie et des conditions sociales de la population : 2.313,7 milliards de FC, soit une part relative de 32,1% dédiée essentiellement à la poursuite de la construction et de la réhabilitation des infrastructures scolaires et sanitaires, à la lutte contre les maladies, à la  desserte en eau potable et électricité en milieu rural, axe 4 ; Renforcement du capital humain et de l’éducation à la citoyenneté : 51,4 milliards de FC, représentant une part relative de 0,7% en vue d’assurer notamment une adéquation entre la formation et le monde du travail et promouvoir l’initiation à la nouvelle citoyenneté au sein des établissements scolaires ainsi qu’à la promotion des étudiants doctorants, axe 5 ; Renforcement de la diplomatie et de la coopération au développement : 53,2 milliards de FC, soit une part relative de 0,7% destinée notamment à la poursuite du rapatriement des diplomates en fin de carrière, à l’amélioration des conditions sociales des diplomates ainsi qu’à la contribution aux organismes internationaux, axe 6.

Les élections ne sont pas oubliées

S’agissant du financement des élections, Matata Ponyo a expliqué qu’il est prévu des ressources suffisantes dans le budget évaluées à 537,8 milliards de FC, soit 500 milliards sur ressources propres et 37,8 milliards sur ressources extérieures. Toutefois, des efforts devront être conjugués pour la maîtrise de coûts et le respect des procédures de passation de marchés.

Il sied de souligner que le projet de Loi de finances de l’exercice 2016 est buté à l’étroitesse des recettes publiques, ce qui influe sur le niveau des dépenses requis pour la mise en œuvre des politiques publiques dont notamment celles en rapport avec les secteurs prioritaires, les grandes réformes ainsi que le fonctionnement des institutions de la République.

Le Gouvernement préconise la mise en œuvre des mesures fiscales et administratives des Administrations financières pour la mobilisation effective des recettes projetées, la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale ainsi que la maîtrise des impôts réels. Au-delà de ces mesures, une thérapeutique appropriée est indispensable pour résoudre cette question de faible mobilisation des ressources devenue chronique. Nous allons y travailler profondément.

En vue d’atteindre les objectifs fixés sur le plan politique, économique et social, le Gouvernement de la République sollicite l’implication de l’ensemble des institutions dans la mise en œuvre des mesures relatives à des ajustements compatibles avec l’environnement économique national et international.

Ces mesures visent, au regard de la contrainte budgétaire, l’encadrement des ressources disponibles en vue d’assurer le fonctionnement régulier des services publics et l’affectation des économies ainsi dégagées dans les secteurs sociaux prioritaires.  Dans le domaine des dépenses, il devra être procédé à la rationalisation des missions de service, à l’optimisation des structures existantes et au gel de création de nouvelles structures.

De même, dans le cadre de la rationalisation de la politique salariale, les efforts en cours vont se poursuivre pour la maîtrise des effectifs et de la masse salariale, à travers l’opération de bancarisation de la paie qui sera renforcée avec la mise en œuvre du nouveau système intégré de gestion des ressources humaines et de la paie. L’opérationnalisation de ce système électronique intégré entre les ministères de la fonction publique, du budget et des finances mettra en place des procédures sécurisées de consolidation du fichier unique de référence de la paie du personnel de carrière de l’Etat. Dans cette optique, le contrôle de la paie initié au niveau de Kinshasa est en cours d’extension à tous les secteurs et dans toutes les Provinces.

De la crédibilité du budget

Le Premier ministre  a anticipé des questions que se poseraient certains députés sur la crédibilité du budget de l’Etat. C’est ainsi qu’il a répondu que les stratégies énoncées par le gouvernement visent à réduire les incidences des chocs extérieurs sur notre économie. Toutefois, les mécanismes prévus par la Constitution, sous la direction du Président de la République, et de la loi n° 11/011 du 13 juillet 2011 relative aux finances publiques, notamment le projet de loi de finances rectificatives, seront mis en œuvre en cas de nécessité.

Le Chef de l’Etat s’est employé pour consolider la paix sur toute l’étendue du territoire national. C’est grâce à cet engagement politique que la révolution de la modernité est devenue une réalité pour conduire notre pays vers l’émergence.

Pour lui, aucune nation n’est allée très loin sans un esprit de sacrifice, d’abnégation et de regard sur les autres. Ces sont les valeurs fondamentales qui doivent caractériser la nouvelle citoyenneté.  La République Démocratique du Congo a fait un pas de géant avec le concours et grâce aux sacrifices de toutes ses filles et de tous ses fils. « Nous n’avons pas le droit de perdre les avantages acquis. J’exhorte donc tout le monde à un élan de patriotisme, à un sursaut d’altruisme et à une raison d’espérer, pour poursuivre cette glorieuse marche vers le destin du pays. Ce pays est notre héritage commun », conseille Matata.

Aussi, il a insisté sur le fait que les efforts à consentir par le Gouvernement visent essentiellement à éviter les dérapages du cadre macroéconomique, qu’on est en train d’observer déjà dans certains pays africains, à la suite des chutes continues des prix des matières premières. Dans ces pays, les monnaies se déprécient et les prix intérieurs montent tandis que le pourvoir d’achat des populations diminuent. Ce qui augmente le niveau de pauvreté de la population.

C’est ici qu’il dira que le pays n’a pas d’autre choix que de s’ajuster, aux risques de retomber dans l’hyperinflation de triste mémoire, avec son chapelet d’événements tragiques tant sur le plan social, économique que politique. Il a rappelé à l’intention des députés nationaux, du taux d’inflation de près de 10.000% en 1994, et du taux de dépréciation monétaire de 100 %, qui ont conduit le pays à imprimer des billets à valeur faciale de cinq millions de zaïres au cours des années 1990. Et les conséquences sociales au niveau de la destruction du tissu économique et social ont été plus que dramatiques.

« Nous avons tous la responsabilité de ne plus replonger l’économie nationale dans un tel cauchemar. Nous devons préserver les performances macroéconomiques exceptionnelles actuelles qui situent l’inflation à moins d’un pourcent par an et le taux de dépréciation monétaire annuel à près de zéro pourcent », martèle-t-il, avant d’ajouter que c’est pourquoi, votre gouvernement sollicite l’appui de l’Auguste Assemblée pour que les résultats envisagés, dans le cadre de cette loi de finances de l’exercice 2016, soient atteints. C’est un projet de budget  réaliste qui tient compte d’un environnement économique et social défavorable.

Suite à la fatigue qui avait déjà gagné l’assistance, le Président de l’Assemblée nationale, l’honorable Aubin Minaku Ndjalandjoko a mis un terme au débat, tout en demandant au Premier ministre Matata Ponyo de repasser demain mercredi, pour répondre aux pertinentes préoccupations des députés nationaux.

 

(JMNK)

 

 

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