Henri Kalama veut « réinventer l’Académie des Beaux-arts »

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« J’ai un rêve pour cette institution (…) », nous répond le Directeur général de l’Académie des beaux-arts  (ABA). A la tête de cet établissement depuis bientôt deux ans, Henri Kalama, au départ peintre, nous ouvre ses portes dans un entretien franc sur la gestion et les innovations de ce moule des plasticiens congolais.

Y a-t-il une différence entre le DG de l’Académie des beaux-arts et l’artiste peintre ?

Il n’y a pas de différence. Je crois, être artiste demande de l’inspiration. L’inspiration à elle seule ne suffit pas. Il faudrait apprivoiser les techniques pour concrétiser cette inspiration pour arriver à une œuvre d’art. Pour être un bon manager ou un bon Directeur Général, il faut avoir de l’inspiration, les moyens et les animateurs qui interviennent  comme des éléments dans cette politique pour concrétiser la vision. Nous sommes une institution d’enseignement d’arts.  J’ai un rêve pour l’ABA. Pour y arriver, il faut avoir de l’inspiration et les moyens pour récréer et réinventer l’Académie des Beaux-arts (ABA).  Du coup, je me retrouve dans ce que j’aime faire : créer, projeter et voir émerger les fruits de l’engagement. Je suis artiste, bien-sûr que j’aurais voulu passer beaucoup de temps dans mon atelier à créer mes œuvres ; mais je me retrouve en train de passer une bonne partie de mon temps à réinventer cette Académie. C’est qu’à une consolation, parce que si je ne le faisais pas il faudrait quelqu’un d’autre qui le fasse. On est mieux servi que par soi-même. De toute façon, on ne quitte jamais l’Académie des beaux-arts.

Est-ce-que vous avez les moyens de votre politique ?

Les moyens, il faut les chercher. C’est ce qu’on essaye de faire. Les études ne sont pas gratuites. Quand on est inspiré, on essaye d’utiliser le peu de moyen que nous avons avec beaucoup de rationalité. Et puis, nous sommes un site touristique. Il arrive qu’on accueille des événements sur notre site dans le cadre de l’autofinancement, pour nous permettre d’avoir un banc, un auto-projecteur,…

En dehors de vos murs, pensez-vous dénicher des talents pour encadrement ?

(Rires…) ah ! Là, c’est une mission du Ministère de la Culture et des Arts. Mon engagement du coté de la jeunesse, c’est d’abord parce que je m’identifie parmi les jeunes. A notre niveau, entant que centre culturel, tout ce que nous pouvons donner, c’est l’espace d’expression. L’on doit comprendre que le talent artistique en RDC mérite d’être conjugué au pluriel. Notre politique est de créer un brassage ou passerelle de collaboration entre les jeunes. Les bourses, on ne l’annonce pas. Si non, on risque de s’attirer une foudre. Il y en a déjà mais peut-être moi qui paye ou un autre ami. Là, c’est un accompagnement non structuré basé sur des rencontres heureuses. Généralement, on donne ce qu’on peut et on approche d’autres personnes pour apporter en termes de moyens. Voilà, c’est un engament qui ne s’inscrit pas dans un cadre structurel. A l’ABA, nous le faisons entant qu’institution. Il y a des étudiants qui apprennent sans payer ici. L’on n’a pas besoin de monter sur le toit pour le crier, parce que tout le monde est dans le besoin. Bref, j’ai le fardeau de tous les jeunes qui ont besoin de mon soutien pour éclore.

L’ABA refait peau neuve, comment évaluez-vous vos activités en 2017 ?

D’ailleurs, le 13 mars 2018, je vais totaliser deux ans de prise de fonction. Quand nous sommes arrivé dans cette institution, il  n’y avait ni banc ni table. Bureaux non équipés. L’environnement impropre. Manque de souci de digitalisation des enseignements…

A ce jour, nous avons réussi à asseoir 1200 étudiants. Et d’ici la fin de cette année académique, nous n’aurons plus de chaises en plastique. Car elles ne sont pas recommandées pour une salle de cours. Maintenant, tous les auditoires sont vivables. Ils sont éclairés, il y a des bancs et tables. Des claustras ont été remplacés, des fenêtres. Nous avons acheté des rétroprojecteurs pour la digitalisation de l’enseignement. Le système pour la gestion des étudiants est informatisé.  Nous n’allons pas nous arrêter à mi-chemin. Il y a une nouvelle salle dédiée au master class de photographie qui sera transformée en département. Grâce à l’appui de l’Union européenne, elle est équipée d’ordinateurs, appareils photos et caméras. Nous avons maintenant une salle moderne d’expo qui a accueilli la première grande exposition de fin d’année. C’était une insulte de prétendre être une grande école d’arts en Afrique centrale sans une salle d’exposition. Le terrain de foot est réhabilité, on se bat pour celui de basket et nous avons un projet de construire un restaurant moderne pour les étudiants. Nous sommes en train de reconstruire la bibliothèque. d’ici trois mois, vous viendrez pour son inauguration. Et nous sommes aussi entrain de travailler pour une salle de machines, pour prendre en charge les étudiants qui n’ont pas d’ordinateurs.

Voilà, je me dis à ce niveau que je suis totalement satisfait.  Je crois ne pas avoir tout dit, mais vous pouvez circuler, vous verrez beaucoup d’innovations puisque l’enseignement repose sur trois piliers : Infrastructure, Curriculum et les animateurs. A vrai dire, nous sommes résolument engagés vers la modernité.

 L’ABA en 2017 est resté apaisé malgré les tensions universitaires, qu’elle a été la magie ?

C’est le dialogue. Je suis heureux d’être toujours accompagné par les étudiants qui voient notre engagement sur terrain. Ils sont acteurs dans l’engagement du comité de gestion d’améliorer leur condition et la qualité de l’enseignement. Les décisions ne sont prises d’une manière unilatérale.

Qu’elles sont les perspectives ?

C’est la création de nouveaux départements. La transformation du département visuel en une section avec beaucoup de départements notamment de la photographie, de la communication, new media, théorie de l’art, animation 3D… En somme, l’Académie de beaux-arts doit être transformée en préservant les biens publics.

 

(Onassis Mutombo)

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