Guerre d’usure et instabilité en RDC

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Le rôle controversé de la Monusco au centre du débat à Fatima

« Résistez au diable et il fuira loin de vous ». L’esprit de cette recommandation biblique, le vice-président au quotidien Le Potentiel et Télé Radio 7, Freddy Mulumba l’a rappelé, en guise de mobilisation samedi dernier, à l’assistance à une conférence-débat à la cathédrale Notre-Dame de Fatima à la Gombe.  C’était autour du thème central : « Guerre d’usure et instabilité en RDC ». En effet, le 2ème orateur du jour a exposé sur : « Les îlots de stabilité dans l’est et après ? ». « Prenons-nous en charge comme M’Zee Laurent Désiré Kabila l’avait préconisé. Il nous faut pour cela : une classe politique capable de défendre le pays, une presse qui s’intéresse à ce qui se déroule dans l’est. Si nous voulons défendre notre pays, nous devons nous inspirer de ce que d’autres, à l’instar de Martin Luther King, Malcom X… ont fait chez eux à savoir, la résistance », a-t-il lancé.

L’orateur précédent, Agamaka Bazamata a tablé sur « les effets de Berlin sur l’Afrique ». Un sujet qu’il porte « au bout des ongles », puisque ce chercheur panafricain indépendant est l’auteur de l’ouvrage intitulé : « Berlin, tombeau de l’intégrité africaine ».

« Les puissances de la Conférence de Berlin n’ont pas de droit divin sur la RDC », dixit Agamaka

Le premier orateur a centré son exposé sur « les effets de Berlin sur l’Afrique ». « Le principal objet de la conférence de Berlin de 1885, tenue par 14 puissances occidentales de l’époque, a été de se partager les zones d’influence en Afrique, une de ses principales résolutions a été de faire du Congo un bien de la communauté internationale », a-t-il indiqué. Et de poursuivre : C’est pourquoi, depuis l’indépendance nationale en 1960, cette communauté internationale tient à imposer sa vision sur la RDC. Ainsi, chaque fois que les intérêts occidentaux ne sont pas garantis par le pouvoir en place, guerres et rébellions sont imposées pour le besoin de la cause.

Et l’orateur d’évoquer l’exemple de la rébellion du M23. Cette force négative, soutenue notoirement par le Rwanda et l’Ouganda, a été vaincue militairement le 5 novembre 2013. Curieusement, la guerre se poursuit dans la partie est de la RDC.

Pour le chercheur panafricain, en effet, C’est à tort que les occidentaux revendiquent quelque « droit divin » en RDC, se traduisant par leur ingérence collective et unilatérale sur les affaires intérieures de ce pays. Ces  puissances prétextent que des chefs coutumiers africains de l’époque auraient paraphé des documents relatifs aux arrêts de la conférence de Berlin, pour céder leurs terres aux blancs. Pour l’orateur, ces documents sont simplement faux et l’Afrique mérite de revoir Berlin et de prouver le faux et usage de faux de ces documents qu’auraient paraphé des Africains, aux fins de céder leurs territoires aux colonisateurs.

La RDC = 20 ans sous les feux, perspective balkanisation ( ?)

Quand le droit international est en crise, faut-il pour cela supprimer l’ONU ? S’est interrogé l’orateur. Le Congo est sous les feux depuis presque vingt (20) ans, cette situation ne donnant nullement lieu à quelque débat de fond, encore moins entre intellectuels. Le second orateur a décrié le mutisme observé par des intellectuels nationaux, réduits aux préoccupations d’ordre existentiel. « La plupart préfèrent se faire conseillers dans un cabinet ministériel, pour survivre… », a-t-il déploré.

La guerre d’usure imposée à la RD Congo met sur table la problématique du « rôle réel ou supposé » de la mission onusienne qui, depuis 1999 dans ce pays, est passé de la Monuc à la Monusco. « Les Nations unies ne sont plus au services des peuples et des gouvernements, mais de (puissants) groupes d’affaires. A cet effet, le pacte ONU-Secteur privé remonte au mandat du Ghanéen Kofi Annan », a-t-il rappelé. Dans une constance reposant sur le souci d’éclairer l’opinion, l’orateur a donné des cas d’illustration, en Afrique et dans le monde, où une crise similaire a été vécue et ressentie par les nationaux, sous l’accompagnement d’une mission onusienne. La crise au Soudan, a-t-il dit, avait donné lieu à la création de la Mission des Nations unies au Soudan, la Minuss.

« Le processus est semblable », a-t-il fait observer, évoquant la connaissance comme antidote à la manipulation.

Appel à la mobilisation tous azimuts

« Il faut parvenir à la mobilisation de toute l’opinion congolaise, c’est elle qui est capable de s’opposer aux manœuvres des acteurs de la balkanisation. La société civile doit, en ce qui le concerne, faire le lit d’un Etat très à la hauteur des enjeux en présence », a insisté l’orateur.

La situation actuelle au Soudan, a-t-il démontré, est que le pays est depuis lors, dans une balkanisation de fait. Cela a abouti à la création du Soudan du sud par référendum. En RD Congo, et c’est là où le bât blesse, la mission onusienne s’emploie, pince-sans-rire, à la mise en place des îlots de stabilité. Une démarche consistant, a indiqué l’orateur, dans la reprise par les autorités congolaises, des positions auparavant sous contrôle ennemi. « Le processus est semblable », a fait observer l’orateur, évoquant la connaissance comme antidote à la manipulation. La Mission onusienne s’est installée en RD Congo par Kinshasa. Progressivement, la Monusco délocalise « son point d’appui » pour Goma, s’employant à la protection des civils et à l’accompagnement à la consolidation de la paix. Dans la sagesse de la tribu luba (au Kasaï), un adage clarifie en ces termes : « tshishi tshidiadia lukunda, tshidi munda mwa lukunda » (traduire : l’insecte qui ronge le grain de haricot agit de l’intérieur). Aussi l’orateur frissonnant de chair de poule, a-t-il questionné la Providence en ces termes : « Va-t-on connaître un référendum dans l’est de notre pays comme au Soudan ?». Et de soulever quelques considérations : depuis Jean Scram (rebelle français recruté contre le Congo nouvellement indépendant) jusqu’aux FDLR, quatre-vingt-dix (90)% des attaques subies par la RD Congo ont été perpétrées dans la partie est du pays. Alors, les Congolais doivent cesser d’être naïfs, en croyant que l’ONU est là pour leurs beaux yeux. Dans la partie « parole au public », la chercheur Kabangu Eulalie (Université de Kinshasa) a formulé une suggestion d’essence mobilisatrice. « J’ai retenu de cette conférence qu’un grand complot a toujours existé contre la RDC, à cause des richesses naturelles que regorge le pays. D’où, la raison d’être de la guerre d’usure. Mais cela n’est pas que l’affaire de l’élite congolaise. Je suggère que la compilation de ces communications qui se tiennent depuis six années soit traduite en langues nationales », a-t-elle dit.

(Payne)

 

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