Grève motivée par l’insécurité permanente, Beni : l’année scolaire 2018-2019 compromise

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Du fait de l’insécurité, les activités scolaires dans la ville de Beni, province du Nord-Kivu, ont été  perturbées ou paralysées. Et ce, à cause des cris de détresse des enfants, qui en ont marre de l’insécurité qui empêche nombreux parmi eux d’aller à l’école. Mais cette situation devra être gérée avec prudence, pour non seulement sauver cette année scolaire, mais aussi empêcher que les rebelles ougandais n’en profitent pour se livrer à leur sale besogne.

Dans plusieurs pays francophones, les élèves ont déjà renoué avec l‘école dans le cadre de l’année scolaire 2018-2019. À Beni par contre, certains élèves n’ont pas encore mis pied à l‘école. C’est le cas dans des quartiers tels que Paida, Bel Air, Kasinga et Boikene dans la commune de Rwenzori à l’est de la ville. Une commune qui est souvent le théâtre d’affrontements entre les forces armées de RDC (FARDC) et des membres présumés du groupe islamiste ougandais Forces démocratiques alliées (ADF). Non sans faire des victimes parmi les civils.

Hier mercredi, c’était le deuxième jour de grève des élèves des écoles de Beni qui déplorent la recrudescence de l’insécurité, indique notre correspondant dans cette ville, qui ajoute que la Police et les FARDC ont usé des balles non létales et des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, mais en vain. Le calme est revenu vers 16 heures, lorsque l’opération Sokola1 a déployé d’autres militaires dans la ville. Selon la même source, un élève a été atteint par balle. Ces élèves contactés par notre source, précisent que seul l’assurance des autorités sur la sécurisation de leurs écoles dans la commune de Ruwenzori mettra fin à la grève. Rappelons que toutes les activités sont restées paralysées ce mercredi. L’on apprend aussi qu’à Kitsanga ville de Beni, au moins deux personnes viennent d’être blessées par balle autour de la résidence de l’officier accusé d’héberger des suspects. Pour leur part, le SYECO et la SYNECATH/Beni ville (respectivement le syndicat des enseignants du Congo et le syndicat des enseignants des écoles catholiques) vont en grève illimitée, jusqu’au retour de la paix dans la région de Beni.

Selon Human Rights Watch (HRW), cette ville du Nord-Kivu dans l’est de la RDC a déjà perdu plus de 1000 de ses habitants ces quatre dernières années, du fait d’attaques souvent attribuées à des ADF. La dernière tuerie en date est celle qui a fait, ce 8 octobre 2018, près de cinq morts. D’ailleurs, le 22 septembre dernier, 17 victimes personnes avaient trouvé la mort dans un assaut imputé aux ADF. Deux jours plus tard, près de 16 personnes (pour la plupart des enfants) ont été kidnappées et manquent jusqu’ici à l’appel. Depuis le début de cette année, plus de  cent (100) attaques ont été perpétrées, tuant ainsi plus de 235 civils.

Mais, au-delà des morts, c’est l’avenir des enfants qui semble mis à rude épreuve et cette année scolaire risque d’être compromise, si rien ne change. Une situation « intenable » à laquelle les élèves de Beni veulent réagir. Ainsi qu’en témoignent des manifestations qui ont eu lieu ce 9 et 10 octobre à Beni pour dénoncer « l’incapacité » des autorités et de la MONUSCO à mettre les assaillants hors d‘état de nuire.

« Nous sommes venus voir Monsieur le Maire, pour qu’il nous dise un dernier mot sur les massacres des civils à Beni. Il y a d’autres écoles comme Paida, Emmaüs où les enfants ne sont pas en train de suivre les cours, pourtant nous ici à l’institut Munyabelu, Basayi et de Beni au centre-ville, nous sommes en train d‘étudier. Cela ne me plaît pas. Notre message au maire est que nous voulons la paix en ville de Beni », a expliqué un manifestant cité par un site local. Sorti pour les calmer, le Maire Masumbuko Nyonyi n’a pas pu « rassurer » ces jeunes manifestants visiblement en furie. Ils ont ainsi continué à manifester.

Et comme lors des manifestations des organisations de la société civile dont la Lutte pour le changement (LUCHA), ces jeunes manifestants ont été dispersés au moyen de gaz lacrymogène.  « Les enfants sont arrivés jusqu’à la Mairie de Beni. La Police a tenté de disperser la foule sans succès et a finalement utilisé le gaz lacrymogène. Cela ne nous a pas plu en tant que structure de défense et de promotion des droits des enfants. Finalement, le Maire était sorti pour tenter de calmer les élèves », explique Benjamin Asimoni, président du Parlement des enfants à Beni.

Des observateurs font état de trois arrestations et d’un nombre important d‘élèves blessés « légèrement ». La déclaration universelle des droits de l’enfant du 20 novembre 1959 définit l‘éducation en son principe 7 comme un des droits fondamentaux de l’enfant.

JMNK

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