Grève de travail à la Sokimo: Les agents réclament 44 mois de non-paiement

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C’est devant l’entrée du siège sociale de la Société Minière de Kilomoto que les agents ont déclenché hier mercredi 30 mars 2016 la grève. ET ce, après le préavis adressé à l’employeur. A en croire les banderoles affichées à la représentation, l’intersyndical de la Sokimo dénonce le génocide social et exige  notamment le paiement du salaire mensuel, le paiement des 44 mois d’arriérés de salaires, puis la reprise du dialogue.

En outre, les agents de la Sokimo réclament la revisitation de tous les contrats léonins signés par la société et dénoncent l’abandon de cette dernière par le Gouvernement congolais. Cette situation met en mal la poursuite des activités au sein de la société qui, du reste, est en réelle difficulté de production.

Informé de ce mouvement de grève, un journaliste du Groupe L’Avenir a échangé  avec la délégation de l’intersyndicale pour avoir le son de cloche de ses membres ayant déclenché ladite grève. A en croire le secrétaire de l’intersyndical, les agents de la Société Minière de Kilomoto ne sont pas payés pendant 44 mois, et que l’outil de production commandé n’est pas encore acheminé ni au Congo ni sur le lieu de la production de l’or. Cette situation dit-il, met en mal les agents qui attendent pendant plusieurs mois sans réaction positive de la part de l’employeur.

Décontenancé, troublé et fatigué d’attendre, l’intersyndical a voulu s’exprimer à ce sujet : « Les agents sont entrain de revendiquer par rapport à leur droit du au contrat de travail lié à la Sokimo. Depuis un certain temps, ça fait 44 mois aujourd’hui, les agents ne sont pas payés et il y a une cumulation assez importante de ces arriérés. Nous ne revendiquons pas seulement les arriérés, mais aussi la production. Notre outil de production est bradé en ce que les titres miniers, les permis d’exploitation acquis à Kilo, au site de Nizi, au 5110 où il y a plusieurs rejets et avons lancé un programme de production depuis l’année passée. On a acheté un certain nombre d’équipements, de mitraillette. Il reste l’usine et le laboratoire déjà acheté qui traine à l’étranger. D’où nous avons constaté que ça nous pose un sérieux problème », a révélé le Secrétaire de l’intersyndical de la Sokimo.

Faute de production, accumulation d’arriérés de salaire

Après avoir entendu le son de cloche de grévistes à travers le secrétaire de l’intersyndical, le même journaliste s’est entretenu avec l’assistant de l’ADG à ce sujet. Dans ses éléments de réponse, il affirme par ailleurs qu’effectivement, la Société Minière de Kili Moto accuse un retard de paiement de ses agents de 44 mois, mais que les avances sur salaire l’ont été jusqu’au mois de novembre, selon le mémorandum de l’intersyndical qui précise.

Pour l’assistant de l’ADG, la délégation de l’intersyndical est allée outre mesure après qu’elle soit reçue par le conseiller du vice-ministre, ministre de l’Emploi et de retour au lieu du travail, les travailleurs ont bafoué le conseil reçu au ministère de l’Emploi. « Comme ils nous ont lancé un préavis de grève, ils s’en tiennent à ça ! Ils ont demandé aux travailleurs d’être dehors avec calicots et T-shirt. Mais nous avons conseillé aux travailleurs de ne pas faire du bruit, parce que le moment ne s’y prête pas », a-t-il évoqué.

Et c’est dernier  de souligner que ces travailleurs s’exposent à de sanctions du fait qu’ils troublent l’ordre public. Pour lui, les délégués syndicaux violent l’article 264 du Code du travail qui les enjoints à veiller à la discipline au sein de l’entreprise. Mais le fait d’entretenir ce bruit dehors les expose aux sanctions réglementaires et légales. « A l’heure qu’il est, l’employeur les a toujours reçu à chaque fois qu’ils sollicitent un entretien avec l’employeur qu’il s’agisse d’ici ou de l’intérieur, ils sont reçus même d’une manière indue », nous a-t-il informé et lorsqu’ils sortent du bureau de l’ADG après entretien, ils se comportent comme si rien ne s’est passé ni dit, déplore-t-il, tout en insistant que les délégués syndicaux cherchent parfois à imposer les lignes de conduite au Directeur général, ce qui ne peut pas se faire sous d’autres cieux, indique-t-il. « Il y a un lien de subordination entre l’employeur et l’employé qui doit prester, soumis à la hiérarchie, et l’employeur doit payer le salaire », a-t-il fait savoir.

S’agissant du matériel qui n’est pas arrivé sur le lieu de production, il nous a été dit que c’est depuis les différentes guerres  connues par la RDC, plus précisément dans l’ancienne province Orientale que la production est aux arrêts  et les matériels achetés l’ont été sur fond d’une ligne de crédit  déjà épuisé avant l’arrivée de l’actuel comité de direction. Et que les délégués syndicaux qui étaient tout le temps en contact avec l’employeur en savent mieux et peuvent répondre à cette question, nous a-t-il été signifié. D’ajouter qu’à l’heure actuelle, la Sokimo qui ne produit plus de l’or, ses partenaires à travers le partenariat public privé (PPP) qui devraient soulager leur mise, mais depuis 2012, les investisseurs ne mettent plus les moyens dans le secteur dont les matières premières sont à la baisse. « Au jour d’aujourd’hui, nous comptons plus de 6 millions de dollars comme note de débit que nos partenaires devraient nous payer,  mais qu’ils ne payent plus…», nous a-t-il précisé une fois de plus.

(Pius Romain Rolland)

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