Grâce à laccord politique: Le Congo a gagné

Azarias Ruberwa, Néhémie Mwilanya, Madeleine Kalala et Vital Kamerhe brandissent l’Accord politique signé par les quatre délégués représentant les quatre composantes : Personnalités politiques, Majorité présidentielle, société civile et opposition politique. Ph/Pius Romain Rolland
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Néhémie Mwilanya Vital Kamerhe, Azarias Ruberwa et Madeleine Kalala ont signé l’Accord politique  pour l’organisation d’élections apaisées, crédibles et transparentes en République Démocratique du Congo. Ils ont représenté respectivement la Majorité présidentielle, l’opposition politique, les personnalités politiques et la société civile. Le Facilitateur a apposé également sa signature, fruit d’un travail laborieux qui aura duré 49 jours, partant  du jeudi 1er septembre 2016 au 18 octobre 2016.

Les délégués et composantes au dialogue ont surmonté la plus haute montagne de l’humanité pour enfin offrir au peuple congolais l’organisation des élections à tous les niveaux dont la présidentielle. Et cela, conformément au délai constitutionnel tout en tenant compte des impératifs et impondérables qu’a connus la Commission électorale nationale indépendante, sans violer l’esprit encore moins la lettre de la Constitution.

L’Accord politique a été sanctionné par la cérémonie de signatures sur le document devant lier l’ensemble de la classe politique, quand bien même une frange de l’opposition trainerait les pas pour joindre les délégués de la Cité de l’Union africaine. Une clause est prévue quant à ce.

La communauté internationale a salué le travail abattu par les Congolais qui sont capables de surprendre le monde, lorsque leur intérêt est mis en jeu. Même le délégué des Nations Unies n’a pas hésité de jeter fleures au Président de la République pour avoir vu de bon œil, l’organisation du dialogue, mais aussi tous les délégués qui ont pris part active à ces assises. La même communauté internationale invite par ailleurs, tous les acteurs politiques de la Rdc à souscrire au schéma de cet Accord, car un second dialogue est loin d’être envisageable.

Edem Kodjo recadre la pensée inique du Rassemblement

Dans un ton que d’aucun a qualifié de dure, le Facilitateur qui a connu les moments très difficiles pour être accepté par le camp des radicaux, n’a pas manqué, à la cérémonie de clôture de sortir de sa tanière, lorsqu’il affirme « Du début février 2016 à ce jour et pour ce qui me concerne, ce fut un parcours du combattant, semé d’embuches de toutes sortes «  full of sounds and fury but signifying nothing » (Shakespeare) plein de bruits et de fureur mais ne signifiant rien ». A travers vaines proclamations, récusation injuste et sans fondement, d’une totale et étonnante gratuité, bafouant et foulant aux pieds et d’exécrable manière, la dignité et l’honneur  d’un homme de bonne volonté, aujourd’hui comme hier, au seul service de l’Afrique. Oui, à travers ronces et épines, rodomontades et affirmations péremptoires, nous avons maintenu le cap, travaillant d’arrache-pied pour obtenir enfin, ce qui aujourd’hui est le fruit de ce labeur intense, l’Accord qui vient d’être signé par cette Auguste assemblée.

Que Dieu soit loué ! Notre marche prend fin devant tes portes Jérusalem, dit la Bible. La nôtre s’arrête sur les rives de ce fleuve Congo qui n’a cessé de nous inspirer  et de nous guider », a salué la clôture des assises.

Cependant, il a rappelé les vicissitudes de l’histoire tourmentée de ce dialogue : la longue période d’hésitation ayant suivi l’ordonnance du chef de l’Etat Joseph Kabila, sa nomination par Mme Zuma fin janvier 2016, sa prise de fonction hérissée d’injonctions, de reniements, de dénégations, d’injures de toute nature, et du refus obstiné de rentrer en contact avec le facilitateur, l’exigence répétée de l’inclusion de la communauté internationale, ce que nous fîmes sans grand résultat, la résolution 2277 qui fut un véritable soupir de soulagement et une soupape extraordinaire de  sûreté, mes nombreuses réunions et rencontres visant à convaincre la classe politique et la société civile, mes déplacements répétés à Bruxelles, l’obtention d’un accord en bonne et due forme à Paris, le 26 mars 2016 puis confirmé ici même à Kinshasa. Il a pris à l’occasion  M. Bruno Mavungu, présent dans la salle qui ne peux le démentir, c’est-à-dire sa récusation rendue vaine par le soutien renouvelé de Mme Zuma puis de toute la communauté internationale et la société civile congolaise, y compris l’Eglise catholique, l’incroyable succès du comité  préparatoire du dialogue dont les travaux ont été bouclés en trois jours au lieu de sept, a-t-il rappelé, mais tout en évoquant l’espoir revenu après que l’effroyable tragédie du 19 septembre 2016, intervenue en plein dialogue enfin convoqué et lancé, les vicissitudes de toutes sortes, ses impatiences affirmées, sa colère et sa fureur et enfin le succès du bout du chemin…au bout du petit matin.

Chapeau bas à Joseph Kabila

De toutes les vicissitudes connues, le Facilitateur n’a pas hésité de  remercier le Président Joseph Kabila en premier, lui qui suivait de près les méandres de ces négociations et qui n’a cessé de les encourager et de les soutenir, mais aussi  les chefs d’Etat des pays voisins, qu’il avait mentionné dans son allocution d’ouverture dudit dialogue. Il en va de même des organisations internationales, les Nations Unies en tête pour leur assistance multiforme, les organisations régionales comme la SADC, la CIRGL, la CEAC tout récemment, l’Union  européenne et l’Organisation internationale de la Francophonie. « Ma profonde gratuite vous est adressée, vous, membres de cette auguste assemblée, vous qui avez, contre vents et marées, persisté dans la voie du dialogue. Certains cherchent encore à minimiser votre action, surtout vous, les représentants de l’opposition. Vous n’êtes pas un « petit reste d’Israël », mus par des intentions personnelles et égoïstes. Vous êtes des femmes et des hommes courageux, déterminés, arc-boutés sur votre dignité, et fiers d’exprimer votre propre positivité. Vous êtes de vrais patriotes, vous tous ici réunis, majorité comme opposition, société civile, comme personnalités. Vous êtes la raison d’être de ce beau pays qui s’appelle le Congo. Gardez au front cette fierté d’avoir écrit l’Histoire, d’être partie de l’Histoire, d’être l’Histoire. Oui, l’Histoire de ce pays, tourmenté depuis si longtemps, envahi de docteurs de toutes sortes,  aux  thérapeutiques médicales douteuses qui se battent au chevet du malade à l’instar des médecins du XVII ième siècle immortalisés par Molière », mentionne-t-il.

La mise en garde aux fauteurs en eau trouble

Le Facilitateur a fait mention des tristes événements de septembre 2016 qui, selon lui, ont suffisamment prouvé que la Rdc a besoin d’être lui-même et de retrouver son  identité foncière que d’aucuns affirment que la masse critique qui n’aurait pas été atteinte par le dialogue. « Mais la masse critique des idées pour éviter les tueries et le bain de sang n’est-elle pas plus importante que la masse critique du nombre ? Les idées fortes, portées par des suggestions fécondes et valides, doivent triompher des vaines récriminations. Oui, le Tigre ne proclame pas sa tigritude, il tue sa proie et la mange », citant Wole Soyinka, tout en ajoutant ce qui suit : « Vous avez chers «  dialoguistes » ou «  dialogueurs », offert à la nation une piste, un chemin, même si elle n’est pas : une autoroute, elle ouvre néanmoins des perspectives pour construire et bâtir l’avenir. Vous avez décidé d’une date pour les élections présidentielle, législatives et provinciale pour avril 2018, étant entendu que le dépôt des candidatures est fixé pour octobre 2017. Vous avez adopté le fichier électoral, vous vous êtes entendus sur les réaménagements de la Ceni, vous avez marqué votre accord pour un respect scrupuleux de la Constitution. Vous optez pour un Gouvernement d’union nationale et un Premier ministre issu de l’opposition », a-t-il lancé à l’endroit des délégués au Dialogue, pour les encourager.

D’un enfantement douleur à l’accouchement heureux

La présente cérémonie marque le couronnement du processus du dialogue inclusif en Rdc qu’il a eu la lourde charge de conduire en qualité de Facilitateur. Il a indiqué que pour des raisons de commodité, l’on dirait  que ce processus a commencé dans ce chapiteau même, le 1er septembre 2016. Mais en réalité, cette date a plutôt marqué l’amorce de l’atterrissage d’un processus qui avait débuté des mois auparavant. Un processus né au Congo, discuté, et parfois disputé ; à Addis-Abeba, à Bruxelles, à New York, à Paris, etc. Pour Edem Kodjo, la Dame Béatrice l’a allaité, lui a donné une Feuille de route et eux tous, l’avaient nourri et entretenu dans les locaux magnifiques de la Cité de l’Union africaine et ceux de sa suite du haut du Majestueux Fleuve Congo, a-t-il clignoté en guise d’éloges, au boulevard naturel qui sépare les deux capitales les plus rapproches du monde.

C’est à juste titre que le Facilitateur précise en ces termes : « Ce jour est un jour historique pour le Congo, et je crois, pour la région des Grands Lacs dans son ensemble. Malgré les difficultés que nous avons connues tout au long de ce processus, vous avez tenu bon ! Vous avez traversé les zones de turbulences en rangs serrés et soudés, bravant les menaces à peine voilées et faisant valoir la sagesse et le sens du compromis. A travers cette cérémonie, vous prouvez votre engagement patriotique dans la voie de la paix et de la réconciliation dans votre pays. Je voudrais à cet égard, vous féliciter pour cet engagement et pour votre courage. Vous avez bien mérité de la Nation.

Néanmoins, il reconnait l’imperfection de l’Accord, comme d’ailleurs n’importe quel autre accord, il y a qu’à considérer les plus célèbres dans l’Histoire passée et contemporaine. « Devons-nous serrer les boulons par endroits ? Oui, sans doute. Pourrions-nous être plus explicites sur un point ou un autre ? Sûrement oui. Mais, il est vrai que cet Accord, nonobstant ses imperfections, est le résultat d’un compromis politique issu de négociations parfois âpres entre les parties. C’est le document et le compromis des Congolais, voulu par des Congolais et signé par des Congolais », renchérit-il.

L’optimisme à la réussite

Cependant, évoque le Facilitateur, les signatures apposées sur l’Accord doivent être considérées comme le coup d’envoi de l’étape la plus importante, celle qui doit traduire les termes de cet Accord dans la réalité. Une étape qui doit être impérativement guidée par le consensus  et un sens élevé des responsabilités. Le consensus que les délégués ont su tisser à la Cité de l’Union africaine doit être pérenne ; cela ne doit pas être provisoire, insiste le Facilitateur.

En effet, la beauté des formules langagières d’un accord ou sa  sophistication en matière juridique importe peu, s’il n’y a pas une mise en œuvre de ses dispositions. Pour ce faire, il a pris tout le monde à témoin : « Je reste pour ma part optimiste. Je suis encouragé par les engagements solennels des uns et des autres. Je suis persuadé que vous enterrerez vos différends, s’il y en a encore, que vous renforcerez les complicités que vous avez su tisser durant ces longues semaines de négociation. C’est à ce prix que vous surmonterez les difficultés en jouant chacun sa partition dans la mise en œuvre de l’Accord. Les populations congolaises ont placé en vous, leur confiance pleine et entière ; elles ont placé entre vos mains leur destin. Vous ne devez pas les décevoir. L’Afrique toute entière attend beaucoup de ses filles et fils du Congo ; vous ne devez pas trahir les attentes légitimes de tout un continent !

En outre, il a encouragé le Gouvernement à poursuivre les mesures de décrispation politique réelle qu’il a su prendre. Il a invité toute la classe politique à s’abstenir de tout acte pouvant être considéré, à tort ou à raison, comme une «  provocation » fait aussi partie de l’esprit de compromis qui est le soubassement de cet Accord. Leur engagement se fera s’ils se mettent au-dessus des sentiments ou des considérations symboliques au profit du réalisme et du pragmatisme requis dans la situation actuelle.

Enfin, il conclut par une formule encourageante lorsqu’il affirme la grandeur du  Congo, sa puissance jusqu’à la racine mais néanmoins fragile, et que les Congolais doivent le prendre en grand soin !  « Ce pays est cher à nos cœurs », sollicite-t-il la bénédiction du Seigneur pour accompagner le Congo et qu’il le bénisse et donne la force aux délégués, la force et la sagesse pour la mise en œuvre effective et fidèle de cet Accord.

(Pius Romain Rolland)

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