Goma: Des étrangers exercent le petit commerce, exclusivité des nationaux

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Le petits commerce, exclusivement réservé aux nationaux est de plus en plus exercé par les étrangers. Ces derniers détiennent boutiques, boucheries, papeteries, boulangeries,… où ils vendent en détail les produits comme les petits commerçants locaux. Ces derniers se plaignent d’avoir perdu la clientèle car dans des magasins des étrangers, les articles sont moins coûteux.

Les operateurs économiques « gomatraciens » s’indignent de la présence d’une marée de boutiques , boulangeries, boucheries, papeteries et stand tenus par les étrangers qui vendent en détail des produits comme des piles, lampes-torches, rame de papiers, ordinateurs, postes téléviseurs …, alors que la Constitution de la RD Congo dans son article 35 «…encourage l’exercice du petit commerce, de l’art et de l’artisanat par les Congolais et veille à la protection et à la promotion de l’expertise et des compétences nationales».

Ainsi, les détaillants congolais réclament que disparaissent des magasins des libanais, indiens, chinois, rwandais…car ils appauvrissent les nationaux: «les commerçants étrangers qui vendaient en gros il y a dix ans, commencent à vendre les produits en détail. Ce système est en train de nous appauvrir davantage car un même article vendu sur mon étalage est deux fois moins cher là-bas qu’ici », s’indigne John Musagalusa, petit détaillant des lampes torches, tondeuses, rallonges et autres articles vers le rond-point Rutshuru dans le quartier commerciale de Mapendo. A 5 m de son étalage, on trouve une grande société tenue par les libanais.

En effet, comme la plupart des busines tenus par les nationaux, John a perdu sa clientèle: « Désormais, je réunis difficilement 5$ alors qu’avant que ce magasin des libanais déménage ici je gagnais raisonnablement ma vie. Cette petite lampe-torche qui coûte 5$ chez moi est vendu à 2,5$ à côté», s’insurge si tristement ce jeune, demandant par la suite au gouvernement d’ordonner aux étrangers de cesser d’exercer le petit commerce.

Selon Kambale Tshongo, président de l’Association des petits commerçants de Birere (APCB, œuvrant dans le quartier Mapendo), notre comité a déjà exposé l’ingérence des étrangers dans le petit commerce auprès des autorités locales mais sans suite: « le dernier mémorandum disant non à l’exercice du petit commerce aux étrangers dans la ville a été introduit en janvier dernier, tour à tour à la Mairie de Goma et au Tribunal de commerce mais jusqu’à présent sans réponse», dénonce le Président qui met en garde les autorités locales : « notre comité se prépare à faire le sit-in à la Mairie et au Gouvernement provincial si d’ici mai, il n’ y a pas de résultat satisfaisant».

Etrangers taxés au même barème que les nationaux.

Contacté à son bureau, Roger Phongo, Président au Tribunal de commerce au Nord-Kivu, confirme avoir reçu le mémorandum de l’APCB «mais nous sommes chaque fois déçu, confirme-t-il, quand nous descendons sur terrain nous constatons que presque tous les étrangers et tenanciers des boutiques au centre-ville, possèdent les mêmes titres, documents d’autorisation de fonctionnement fournis par les établissements étatiques, les autorisant comme les congolais, d’exercer aussi les petits commerces».

Pour ce, John Chandranath, commerçant indien, assure qu’il est en ordre avec l’administration congolaise. Il tient une papeterie dans le quartier les volcans à la commune de Goma dans lequel il vend du matériel informatique, bureautique et scolaire: « mon business n’a jamais été inquiété car je suis un bon payeur. Chaque mois, les taxateurs défilent ici: ceux de la Direction Générale des impôts (DGI) déposent chaque fois les fiches de recouvrement de l’impôt sur les bénéfices et profits en charge des petites entreprises».Il poursuit qu’il a le plein droit d’exercer ses activités parce que « même la Division provinciale des petites et moyennes entreprises et artisanats et autres services….ne cessent de me recouvrer au même titre que mes amis congolais», rassure ce commerçant populaire de la place.

Sa clientèle et sa célébrité de John Chandranath, comme la plupart des étrangers est liée à un moindre prix. Ils  ont des contacts en Occident, en Asie ou au Moyen-Orient où les articles sont fabriqués : « Mon frère a signé un contrat avec une entreprise de fabrication des téléphones en Chine, c’est pourquoi nous avons les téléphones de bonne qualité à moins cher qu’ailleurs », dit Joice Serukundo, rwandaise et responsable d’un des shops tenus par ses compatriotes dans au centre-ville dans l’avenue.

Tout d’un coup, les nationaux qui vendaient aussi des téléphones dans l’avenue xxx l’avenue n’ont pas la clientèle : « Je viens de changer d’activité, désormais je suis revendeur de véhicules car je ne pouvais écouler mes téléphones à côté de celui qui solde ses appareils toute l’année », a fait savoir Jules Sumaili, ancien propriétaire de maison Smart Phone plus.

L’impuissance des autorités

Malgré les plaintes déposées à ce sujet, Roger Mpongo, précise que la loi N° 002/2001 portant création, organisation et fonctionnement des tribunaux de commerce dans son article 17 qui traite de compétence du tribunal de commerce, nous ne pouvons qu’agir que seulement si les actes commerciaux ne sont pas remplis, si oui, il y a pas de soucis pour cette entreprise : « en principe, nous on travaille beaucoup avec les grands commerçants, mais notre souci c’est de voir les étrangers quitter le petit commerce pour les industries afin de donner du travail aux congolais et non les concurrencer la vente en détail des marchandises », recommande-t-il.

Par contre, Dufina Tabu, Président de l’Association des volontaires du Congo (ASVOCO), parle de l’impuissance des autorités  : « l’Etat a été le premier à promulguer l’exclusivité du petit commerce aux enfants du pays, mais la désolation est le fait qu’il est encore le premier à piétiner sa décision, ne réglementant pas ce secteur qui héberge aujourd’hui de nombreux chômeurs de la nation », s’indigne ainsi cet activiste qui dénonce que les boulangeries étrangères vendent les pains porte-à-porte sans que leurs propriétaires soient inquiétés.

Rencontré, Nakatula Sanari, Chef des bureaux urbains Petits et moyens entreprises s’est refusé à toute déclaration s’agissant de ce dossier.

(Pascal Mulegwa/Cp)

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