Goma: artistes ”engagés” en danger !

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Ils sont nombreux, les artistes de la ville du Nord-Kivu qui dénoncent la situation politique et sécuritaire dans leurs œuvres. Mais la récompense n’est pas les awards, ni des coupes, mais les ennuies, les intimidations et parfois le coût de la vie.

Le dernier cas est celui de Black Man qui a été enlevé avec son ami et retrouvé neuf jours après avec des signes de tortures vers le quartier Nyiragongo. A la base, l’artiste engagé black Man a eu à produire une chanson indexant les agissements du pasteur responsable de l’Eglise Cité du Refuge, reconnu proche de la mouvance au pouvoir. Avant sa disparition, Black Man Bausi confiait à ses proches qu’il recevait des menaces téléphoniques. Et il a été introuvable depuis la nuit du jeudi 4 février avant de réapparaître le 12 février dernier abattu et moribond.  C’est aussi grâce aux alertes lancés par les membres de la société civile, journalistes culturels, amis et les organisateurs du festival Amani que ces deux artistes engagés ont été retrouvés.

” J’ai vécu un vrai calvaire (…)

Cette situation d’insécurité artistique ne désarme pas les autres. Par contre, ceux qui n’ont pas leurs langues dans la poche poussent le bouton toujours afin de réclamer une vie meilleure. Wanny S-King est une figure de proue de la musique reggae de la région. Habitant à Goma, Wanny a su à s’imposer grâce avant tout à son style reggae mêlé aux sonorités congolaises. Pour lui, dire la vérité dans la chanson est synonyme d’inquiétude.  ”On est inquiété, ça c’est sûr.  Après ce n’est pas la personne qui chante, mais c’est l’humain.  Il y a des problèmes dans ce que  nous produisons comme œuvre. Il y aussi  de moment où on est menacé, en sécurité. Récemment, j’ai sorti la chanson ” Wale wale”, j’ai vécu un vrai calvaire. J’étais même obligé de quitter le pays pour aller en Ouganda. Dieu nous aide aussi à rester en vie”, a fait savoir Wanny S-King qui a fait un featuring avec Werrason dans son tout prochain album ” Ngomba”, prévu au mois de mars 2018.

Caractérisé par des chansons sociales, la ville de Goma est aussi fier d’un jeune chanteur qui dispose sa voix pour exalter la beauté, la femme, l’amour. El Weezya Le Fantastico donne durant les secondes de ses œuvres le temps de penser l’amour, la gaité à travers son style d’afrobeat. Se considérant comme le précurseur de ce style dans la partie Est de la RDC, El Weezya ne veut pas faire partie de la classe des artistes gomatraciens engagés. Puisque, croit-il, même pendant la guerre, les gens ont droit à un sourire pour quelques minutes.

” Je n’aime pas trop m’intéresser à la politique dans mes chansons. Je ne suis pas artiste de tendance engagé. J’aime bien chanter l’amour, j’aime bien faire oublier qu’il y a eu des problèmes. Puisque que depuis longtemps plusieurs artistes d’ici chantent la guerre, le viol des femmes, … On nous le rappelle chaque jour, ça devient presque le slogan de la musique dans l’Est de la RDC. A un moment, les gens aussi ont besoin d’oublier, d’aller en boîte ou de se sentir au même pied d’égalité que les gens des autres villes du monde. La plus belle femme du monde ne donne que ce qu’elle a. Moi, je ne peux donner que cette musique là.  La personne qui a été traumatisée, qu’elle ait au moins l’espoir de vivre dans les 3 minutes de  ma chanson ”, a-t-il déclaré. Et d’ajouter qu’il a récemment organisé une tournée dénommé ” Béni 3X Polé” pour compatir avec la population de cette contrée. Pour El Fantastico, il est bien de chanter la guerre, mais il est mieux de compatir avec ceux qui sont en vie pour qu’il garde espoir.

(Onassis Mutombo)

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