Gestion de la chose publique en RDC: Pourquoi cette ruée vers la politique ?

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Ils ont été plus de 9.000 candidats pour 500 sièges en 2006. Lors des législatives de 2011, ils sont montés à 19.000 postulants pour le même nombre de sièges à l’Assemblée nationale. Combien seront-ils en 2018 ? Peut-être moins de 30.000 à cause de la caution qui est passée à 1000 dollars américains par candidat. De toutes les projections possibles, l’on se rend vite compte que les Congolais aspirent de plus en plus vers la politique. Chaque année, ils sont encore plus nombreux que les années passées à vouloir devenir politiciens, députés ou ministres. Quelles sont les raisons profondes de cette ruée vers la politique en RDC au moment où la population est de moins en moins satisfaite de la prestation de sa classe politique.

Augmentation du chômage

En l’absence d’une vraie politique de création d’emplois, les jeunes gens et filles qui terminent chaque année (plusieurs milliers produits par les vraies ou fausses universités) sont versés sur le marché d’emploi déjà saturé au possible. Ils n’ont plus de places ni dans l’administration publique, ni dans l’industrie (qui n’existe que de nom), ni dans les petites et moyennes entreprises qui ne sont pas soutenues par le gouvernement. Conséquence : le chômage est en hausse vertigineuse et entraine la misère et la précarité. A ce chômage classique, ajoutons le chômage déguisé de plusieurs millions de travailleurs mal payés, sous-payés et même impayés depuis plusieurs années. Tous ces hommes s’accrochent à un semblant d’occupation faute de mieux.

S’il y a un domaine qui devait préoccuper au plus haut point le gouvernement, c’est la création d’emplois. Des vrais emplois quantifiables et évalués chaque année. Que deviennent les ingénieurs, informaticiens, logisticiens, développeurs, enseignants, financiers et journalistes qui se saupoudrent chaque année ? En face de la lutte pour la vie ou mieux la survie, tous ces Congolais ne lorgnent que vers la politique. C’est ainsi qu’ils remplissent les vrais et faux partis politiques dans le but d’obtenir un poste et survivre en attendant les jours meilleurs.

Ces spécialistes qui auraient dû servir dans plusieurs domaines vitaux sont derrière les politiciens pour obtenir un morceau de pain. Une mendicité qui ne dit pas son nom. Du matin au soir, ils courent derrière ‘’le prezo’’ qui s’est positionné en politique au terme de plusieurs combines les unes plus compliquées que les autres. Beaucoup le font mort dans l’âme mais n’ont pas d’autres solutions. Ils sont dos au mur, le pays étant dans une situation plus que critique.

Enrichissement facile

Si tout le monde aspire à faire de la politique active, c’est aussi à cause de ce chemin raccourci qu’offre la politique congolaise et même africaine : l’enrichissement facile, fruit du détournement de deniers publics. Plusieurs ingénieurs congolais ont mis 10 à 20 ans pour acheter une petite maison qu’un collègue de classe, devenu député national s’est payé en une année de présence au Palais du peuple.

Pas étonnant que le plus gros morceau du budget national n’aille dans les salaires des politiques et le fonctionnement des parlements et gouvernements nationaux et provinciaux. Par leur train de vie, les représentants du peuple congolais exhibent leur prestige et donnent l’image d’une classe sociale à part en vivant dans un espace où coulent le lait et le miel, pendant que le peuple croupit dans la misère la plus noire.  Les ministres mènent également un train de vie qui contraste avec leurs déclarations auprès de la base. Ils s’enrichissent plus facilement que la classe moyenne. Ceci pousse naturellement tous ceux qui sont dans leur environnement à les suivre en politique pour accéder à la même manne. Voilà pourquoi le pays de Lumumba a atteint le chiffre fou de 19.000 candidats députés nationaux pour 500 sièges, rendant difficile le travail de compilation au niveau de la Ceni.

Si rien n’est fait pour créer des emplois et désacraliser les fonctions de ministre et député, les chiffres de postulants continueront à monter. Il est anormal de n’avoir qu’un seul secteur qui paie : la politique. Tout tourne autour des députés, sénateurs, ministres… Voilà pourquoi c’est le tour des musiciens et joueurs de foot de se plonger en politique, ayant constaté la mort lente mais sûre de leurs secteurs respectifs.

 

(Muntu Bualu)

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