Fustigeant le gros endettement de la Rdc, selon un rapport: La Société civile exige l’arrêt du projet Inga III

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D’après un nouveau rapport publié par l’organisation « International Rivers », la Rd Congo risque de subir d’énormes pertes financières, et continuer dans la pauvreté énergétique, si elle poursuit le développement du projet hydroélectrique Inga 3. Conséquemment à ce rapport, les Organisations membres du Collectif d’actions de la Société civile (CASC) fustigent et disent « non » à l’endettement à hauteur de 14 milliards de dollars américains pour exporter le courant vers l’Afrique du Sud.

L’Ong internationale « International Rivers » vient de publier le mardi 27 juin dernier, sa première analyse approfondie de l’économie du projet hydroélectrique Inga III basse-chute en République démocratique du Congo. Intitulé : « endetté et à l’aveuglette », ce rapport indique que le projet Inga III basse-chute risque de plonger le pays dans une situation de dette.

Ce, en exportant l’énergie indispensable à l’extérieur du pays, « alors que la population congolaise recevra ou pas d’énergie, toute en permettant aux investisseurs internationaux de récolter les bénéfices ». L’étude estime donc que ce nouveau barrage en préparation constituerait un énorme fardeau financier pour le gouvernement et le peuple congolais, et fournirait peu ou pas d’électricité.

D’autant plus que, selon l’étude, la Rdc pourrait perdre 618 millions de dollars par année sur le projet, soit près de 22 milliards de dollars au cours de la durée de vie de 35 ans du barrage. « Ces énormes pertes financières pourraient atteindre 1,5 à 2 milliards de dollars par année dans des conditions défavorables – jusqu’à 70 milliards de dollars sur la durée de vie du projet – en gonflant les niveaux d’endettement de la Rdc et en nuisant à sa santé économique à long terme ».

En réaction à ce rapport d’International Rivers, les organisations et mouvements congolais membres du Collectif d’actions de la Société civile (CASC) fustigent et disent « non » à cet endettement à hauteur de 14 milliards de dollars pour exporter le courant vers l’Afrique du Sud. Et par conséquent, ils exigent un arrêt immédiat des démarches en cours.

Aussi, en référence au communiqué diffusé par l’ADPI (Agence de développement et la promotion du projet Inga) en date du 13 juin 2017, annonçant la passation du marché de construction du barrage d’Inga III basse-chute aux consortiums sino-espagnols pour le développement du projet, ces organisations et mouvements de la société civile ont dénoncé hier au cours de la présentation du rapport, plusieurs faits concourant à leur prise de position sur du projet Inga III basse-chute.

Entre autres, l’endettement énorme de la Rdc sur le projet décrié par le rapport d’International Rivers ; la violation répétitive des droits des communautés locales d’Inga depuis le premier barrage ; l’absence d’études d’impact environnemental et social ; l’incertitude de la distribution du courant aux Congolais ; l’absence d’une politique nationale énergétique clairement définie ; l’opacité totale autour de ce projet Inga III basse-chute, la complicité constatée entre les deux gouvernements congolais et sud-africain ; la mégestion des ressources dans le secteur énergétique ; etc.

Parmi ces organisations et mouvements de la Société civile congolaise, il y a l’ACAJ, l’AETA, la VSV, le FCE, FESO, la LUCHA, les Amis de Nelson Mandela, UJCC, etc. Le secrétaire technique de la Coalition des organisations de la Société civile pour le suivi des réformes et de l’action publique (CORAP), M. Patrick Musuyu déclare que « le barrage Inga III appauvrira encore la Rdc sans fournir l’énergie dont nous avons tant besoin ».

Une idée du projet

La Rdc regorge une forte potentialité énergétique d’une capacité de 100.000 mégawatts (Mw), dont 40 % de cette capacité (40.000 Mw ou 40 gigawatts) sont concentrés dans le seul complexe énergétique d’Inga dans la province du Kongo central. Deux grandes centrales hydrauliques existent déjà dans ce site : les barrages Inga 1 (d’une capacité de 351 Mw avec six tribunes dont deux seulement fonctionnent) et Inga 2 (d’une capacité de 1424 Mw avec 8 tribunes dont 5 en fonction), construits pendant la deuxième République.

Selon des experts, pour utiliser toute la capacité de 40.000 Mw du site d’Inga, il faudrait continuer à ériger des barrages jusqu’à Inga 8. Voilà pourquoi, le Gouvernement de la République s’attèle-t-il, à travers le Partenariat public-privé, à réaliser d’autres centrales hydroélectriques en plus de celles qui existent déjà dans ce complexe énergétique d’Inga. D’où le projet Grand Inga (Inga 3 à Inga 8) pour plus de 100 milliards de dollars américains.

Et au jour d’aujourd’hui, l’Etat congolais est déjà à pied d’œuvre pour la construction d’une troisième grande centrale hydroélectrique sur le site d’Inga. Il s’agit du barrage d’Inga 3 basse-chute (il y aura également Inga 3 haute-chute), d’une capacité de 4.800 Mw. Selon le Gouvernement, c’est donc la première phase de l’aménagement du Grand Inga en une série de projets hydroélectriques.

Les travaux pour la construction de ce barrage Inga 3 Bc devraient en principe durer cinq à sept ans. Le projet comporte donc sept phases. Le coût pour la réalisation de ce projet oscille autour de 12 à 14 milliards de dollars américains. Deux consortiums privés chinois et espagnols se chargent de la construction du barrage ainsi que d’autres infrastructures sur le site.

(Lepetit Baende)

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