Fuite du rapport sur l’affaire Katumbi: L’Eglise n’est pas la justice

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Certains journaux de la place de Kinshasa ont publié un rapport sur l’affaire Katumbi, rédigé par la CENCO à l’intention de Monsieur le Président de la République.  Il va sans dire que la publication par la presse d’un document qui devrait être réservé au Chef de l’Etat n’est pas le fruit du hasard.

La fuite a été de toute évidence bien organisée et résulte d’une volonté délibérée de la part des auteurs mêmes du rapport. Que la divulgation de ces pages se fasse le même jour que la publication par l’UDPS de la date de l’arrivée à Kinshasa de la dépouille de son ancien leader et de l’information selon laquelle le nouveau  leader de ce parti, Monsieur Moïse Katumbi, accompagnera le corps, autorise les observateurs à s’interroger sur la marchandisation des événements autour de l’enterrement projeté entre les 12 et 13 mai 2017.

Il n’y a plus de doute, la simultanéité des informations émanant de l’UDPS, de l’Eglise catholique et de Moïse Katumbi fait penser à une stratégie concertée, tendant à affaiblir les Institutions établies. Il est indéniable que le centre d’impulsion de toutes ces actions se situe à Bruxelles. En effet, les libéraux belges au pouvoir ne dissimulent pas leur hostilité à l’égard des Institutions en place à Kinshasa.

Quel rôle l’Eglise catholique veut-elle donc jouer dans les événements que nous prépare l’UDPS pour ce milieu du mois de mai ?

D’abord, faut-il le répéter, ce rapport de la CENCO est une réponse à la demande des délégués du Rassemblement au Dialogue du Centre interdiocésain de Kinshasa. Ceux-ci en avaient fait une condition préalable pour leur participation aux discussions. La même exigence est revenue lors de la signature de l’accord qui en était issu. Il fallait, pour décrisper le climat politique congolais, éclaircir les cas de certaines personnalités dites emblématiques, concernées par des problèmes judiciaires.

Le rapport devait donc revenir au Président de la République ou, à la limite, à l’Assemblée qui l’avait sollicité ; or, il a été publié hors de ce cercle restreint.

Ce faisant, il n’a pas dû échapper à la CENCO que divulguer un document destiné à un Chef d’Etat ne participe pas de la décrispation souhaitée, mais constitue plutôt une pratique contraire aux règles et usages les plus élémentaires que devrait respecter quiconque est chargé « des bons offices » ou de toute médiation. Ainsi donc, en mettant ses conclusions sur la place publique, la CENCO ne pouvait que choquer plus d’un esprit démocratique.

En effet, les us et coutumes qui entourent les bons offices ou une médiation sont assez proches des règles du confessionnal, telles que, enfants, nous les avons apprises dans le cadre du catéchisme catholique. Le médiateur et le confesseur sont tous deux tenus par le devoir de discrétion et, dans une certaine mesure, à l’obligation de secret.

Un prêtre qui, fut-il Evêque, déroge à ces devoirs, trahit son serment à l’égard de la communauté chrétienne. Il affaiblit, par la même transgression, la relation de confiance qu’il se doit de cultiver à l’égard de tous ceux qui l’approchent et lui accordent la leur.

Par ailleurs, le mandat reçu du Chef de l’Etat par les Evêques ne faisait aucunement d’eux des substituts de la justice congolaise. Ils n’en ont ni les connaissances, ni la culture, encore moins, les compétences.

Pour mémoire, rappelons qu’il leur avait été demandé de tout mettre en œuvre pour réconcilier la classe politique en amenant les récalcitrants à rejoindre l’Accord du 18 octobre 2016. Etonnamment, les dirigeants de l’Eglise catholique congolaise se sont autorisés à élargir leur champ d’action jusqu’à initier un autre dialogue.  Dans son esprit de tolérance, le Président de la République a passé outre cette entorse concernant le mandat accordé, et c’est en démocrate que la Majorité Présidentielle a adhéré aux conclusions de ce nouveau dialogue, qui a abouti le 31 décembre 2016.

Voilà que non contents de prendre la main tendue du Chef de l’Etat, nos Evêques s’emploient maintenant à s’emparer de tout le bras et même à aller au-delà. Sans disposer d’une quelconque préparation judiciaire, mais plutôt avec une extraordinaire légèreté, nos Evêques se sont mués en juge d’instruction.

Comment les Evêques peuvent-ils alors porter un jugement de valeur aussi radical sur une affaire jugée seulement en première instance et à propos de laquelle le condamné a lui-même exercé les voies de recours non encore vidées ?

En outre, nos Evêques ignoreraient-ils que le principe de la séparation des pouvoirs en démocratie déconseille fortement à tout élément extérieur à la justice de  prendre position sur une affaire encore en cours.

Leurs conclusions hâtives, superficielles et non documentées prétendent contredire le travail fouillé des Magistrats professionnels. Nos pères, les Evêques ont-ils interrogé Monsieur Alexandros Stoupis qui, lui, documents à l’appui et à l’aide d’un argumentaire sensé, revendique l’immeuble ?

La charité chrétienne ne recommande-t-elle pas aux Evêques de privilégier l’intérêt du plus faible ? Dans l’affaire en question la faiblesse est manifestement du côté de Monsieur Alexandros Stoupis alors que la force est à Moïse Katumbi. Rappelons la sagesse du Révérend Père Catholique Henri Lacordaire « entre le fort et le faible, le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit ».

Les Evêques mesurent-ils le risque qu’ils prennent en optant de se faire les défenseurs d’une cause aussi troublante ? Comment dès lors fermer les oreilles lorsque certaines mauvaises langues prétendent que nos prélats ont, tel un avocat d’affaires, plaidé en faveur de la personnalité mise en cause en échange des espèces sonnantes et trébuchantes ?

Que sont-ils partis chercher à la ferme Futuka situé sur la route Kasenga et dont chacun sait qu’elle appartient à Moïse Katumbi ? La neutralité des enquêteurs ne leur exige-t-elle pas un peu plus de retenue et d’objectivité face aux parties en cause ?

Pour l’honneur du catholicisme et sa crédibilité l’Avenir avait, dans un précédent article, conseillé aux dirigeants de notre Eglise de quitter la politique et de revenir à la tradition séculaire de neutralité. On répète et on insiste sur ce conseil : l’Eglise doit demeurer au milieu du village.

 

L’Avenir

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