Formation d’un nouveau Gouvernement d’union nationale: La vraie date butoir

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L’Accord politique issu du dialogue de la Cité de l’Union africaine, signé le mardi 18 octobre courant, suscite pas mal de débats quant à son applicabilité, surtout de son article 25. Pour les uns, a en croire l’article 17, point C, « il sera procédé, dans les 21 jours de la signature du présent Accord, à la formation d’un nouveau Gouvernement d’union nationale. Sans préjudice des dispositions constitutionnelles et législatives nationales en vigueur, le Premier ministre est issu de l’opposition politique signataire du présent Accord ». C’est-à-dire, les 21 jours prennent fin le 09 novembre en cette date.

Pour les autres, la position officielle de la co-modération dudit Dialogue, les 21 jours se comptent à dater du jour où le Président de la République Joseph Kabila, a pris connaissance officielle de l’Accord politique inclusif.   A en croire le bureau de la co-modération au Dialogue d’une part, Vital Kamerhe (opposition) ; Alexis Thambwe Mwamba (Majorité présidentielle) et d’autre part, Maguy Kiala (société civile) ont tour à tour confirmé cette position officielle, dans une conférence de presse, hier mardi 8 novembre 2016, au Salon Virunga de Pullman Hôtel. Devant les acteurs politiques ayant pris part au Dialogue, mais aussi ceux qui ont signé ledit Accord après la clôture officielle des assises de l’Union africaine, les trois co-modérateurs cités ci-haut ont affirmé la thèse sous-jacente, en ce que le Chef de l’Etat ne pouvait pas appliquer un Accord dont il n’a pas pris connaissance, mais aussi, son applicabilité est respectée dans le sens que par l’article 24 dudit Accord, le Président de la République, Joseph Kabila, l’a mis en application en chargeant la Cenco de la mission de bons offices en pourparlers avec l’UDPS et ses alliés, en plus du Rassemblement de forces acquises au changement.

« En tant que Bureau du Dialogue, c’est comme ça que Vital Kamerhe, co-modérateur et Mme Maguy Kiala qui a assuré le secrétariat de la Société civile et moi-même nous venons pour vous parler. Parce que, toutes sortes de racontars ont été faites dans la ville, à savoir que l’Accord n’était pas respecté, que le Gouvernement était mis en place au plus tard ce mardi 08 novembre. Je voudrais vous confirmer que le Président de la République entend respecter cet Accord, entièrement, toutes les dispositions de cet Accord seront respectées par lui. C’est lui qui va assurer la mise en œuvre de cet Accord. Mais nous, en tant que bureau avec le facilitateur, nous lui avions remis cet Accord le lundi 24 octobre. A partir de ce moment-là, lui qui était chargé de faire la mise en œuvre, le délai de 21 jours commençait à compter à partir de ce jour-là », a précisé Alexis Thambwe Mwamba.

Malgré les protestations de la salle, le ministre de la Justice et Garde des sceaux a fini par convaincre les acteurs politiques présents à travers son information qualifiée de bonne source. Ce délai, argumente-t-il, sera respecté puisque c’est l’entendement qui a été fait, étant donné que le Facilitateur Edem Kodjo a le même entendement que le bureau, en ce que le communiqué avait été publié à l’issue de la rencontre avec le Président de la République. « Donc, dans un délai de 21 jours, à partir du 24 octobre, le Gouvernement sera mis en place », assure Thambwe Mwamba qui a relayé les promesses du Chef de l’Etat.

Pour un délai de 6 jours, on ne peut pas brûler la République

De sa part, le co-modérateur de l’opposition au Dialogue Vital Kamerhe a rappelé leur participation au dialogue, en vue de chercher une solution à la crise politique qui risquerait d’entrainer la République Démocratique du Congo dans le chaos. Cependant, à l’issue de ce Dialogue, il a été procédé à la signature de cet Accord pour organiser les élections apaisées et une alternance démocratique et pacifique au pays de Lumumba. « Dans l’Accord, c’est vrai, il est dit que cet Accord entre en vigueur à la date de sa signature. Mais, nous avons aussi déposé cet Accord entre les mains du Président de la République le 24 octobre. C’est ça aussi l’autre vérité. Nous n’allons pas demander au Président de la République, ce qui est tout à fait logique, d’appliquer l’Accord dont il n’a pas pris connaissance », a mentionné le Président national de l’UNC Vital Kamerhe. Et d’affirmer que le Président de la République a chargé la Cenco de faire la mission de bons offices auprès des compatriotes du Rassemblement de l’opposition politique qui n’ont pas pris part aux travaux du Dialogue. « Je pense que nous tous, nous sommes soucieux de l’inclusivité dans ce que nous faisons et que je pense la bonne foi, et le rôle du Président de la République en tant que Rassembleur, de donner l’occasion à ceux qui n’ont pas été à la Cité de l’Union africaine ; profitant de l’article 24 du même accord qu’il l’ouvre aux autres, et leur reconnait le même droit au cas où ils signaient l’Accord », a-t-il dit.

Par ailleurs, il a exhorté ses collègues politiques à éviter le débat sur les choses périphériques, en ce qu’on peut discuter pour six jours, pour un pays qui risque d’entrer dans le chaos, entrainant par la suite plusieurs années de guerre inutile. « Nous pensons que nous pouvons prendre acte tout simplement que le Président de la République, verbalement et par écrit par son Directeur de Cabinet a pris l’engagement non seulement d’appliquer l’Accord, mais de respecter scrupuleusement la Constitution. Ce sont les choses les plus importantes. Moi, je crois que nous devons rester dans ce qui est important, notamment que c’est le 24 octobre que nous avons déposé l’Accord ; ensuite le Président a dit que dans 21 jours, il va respecter à dater de cette date-là ; et enfin, le plus important c’est l’application de cet Accord et je viens de vous démontrer que cette application a commencé avec l’article 24 de l’Accord où la Cenco a été chargée de faire la mission de bons offices »,insite-t-il.

Dans la foulée, Mme Maguy Kiala s’est inscrite dans la même logique, tout en tirant l’attention des uns et des autres à ne pas mettre le pays à genou, en raison d’un délai, fut-il long ou court.

Dieu ne peut jamais se réunir avec le Diable

Au chapitre des réactions, le Président national de l’Alliance pour la République et la Conscience Nationale, Justin Bitakwira a indiqué que son point de vue revient à la sagesse de sa grand-mère. Celle-ci lui disait souvent : « Lorsque tu as une dette de dates, ou de délai, tu finiras par payer cette dette. C’est le cas du Président de la République aujourd’hui ».

Pour ce faire, l’élu d’Uvira a indiqué qu’il était vrai qu’à la sortie de la signature de l’Accord, les délégués devraient se rendre au Palais de la Nation pour rencontrer le Président de la République le même jour. C’est ce jour même qu’il fallait lui remettre l’Accord. Mais en raison de son agenda en tant que premier citoyen de la République qui a avait bougé, les délégués n’ont pas pu lui remettre l’Accord. Mais plutôt, le 24 octobre, les délégués ont informé leurs collègues dialogueurs que le chef de l’Etat a pris connaissance de l’Accord. Donc, c’est à cette date que le délai de 21 jours commence son compte à rebours. « Si on aurait déposé cet Accord après la clôture, on aurait le Premier ministre à cette date d’aujourd’hui et certainement le Gouvernement. Maintenant qu’il ne reste que six jours, c’est sera que des discussions sur le sexe des anges. Même une grossesse, les médecins, les gynécologues vous le diront : l’enfant n’est né que de neuf mois pile ! Mais, il y a des moments où l’enfant prend une semaine de plus. Mais, l’enfant finit par naitre. Laissons l’Accord être appliqué et le Président de la République a contracté une dette des jours, une dette de délai il finira par payer », a-t-il apaisé les esprits surchauffés.

S’agissant de la position du Rassemblement par rapport à la démarche de la Cenco, Justin Bitakwira indique que l’Accord est précis, puisque la Primature ne reviendra qu’à l’opposition signataire du présent Accord. « Nous avons échangé avec la Cenco pas plus tard qu’hier. La mission de la Cenco est délicate, certes. Il y a des gens dans ce pays dont on dit qu’il y aura une réunion avec Dieu. Dieu arrive, ils demandent où est le fils. Le fils arrive, ils demandent où est le Saint Esprit. Le Saint Esprit arrive, et ils demandent où est le Diable, comme s’il peut y avoir réunion entre Dieu et le Diable », a-t-il dit, faisant allusion à l’impossibilité du Rassemblement d’accepter l’Accord politique de la Cité de l’Union africaine.

(Pius Romain Rolland)

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