Fini les spéculations sur les vaches venues de l’Est: La Rdc opte désormais pour une réglementation des déplacements massifs des troupeaux

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Comme annoncée, la table-ronde autour de la problématique des vaches venues de l’Est de la Rdc vers l’ex-province du Bandundu s’est ouverte ce vendredi 16 mars 2018 à Kinshasa. Ces assises ont réuni dans la salle des Banquets du Palais du peuple, les responsables des éleveurs concernés, les chefs coutumiers et autorités traditionnelles, les élus des provinces du Kwilu et Kwango, les gouverneurs des deux provinces, les ministres provinciaux des deux provinces, les membres du gouvernement central concernés par la question, ainsi que les délégués de la Société civile.

Organisées sous l’égide du Bureau de l’Assemblée nationale, lesquelles assises étaient présidées par le speaker de la Chambre basse du Parlement, Aubin Minaku Ndjalandjoko, initiateur même de la table-ronde. Ainsi, a-t-il procédé au lancement officiel de ces travaux d’un seul jour.

Le premier des députés nationaux a pris le soin d’orienter le débat. Fixant les idées des uns et des autres, il a insisté sur l’identité républicaine de cette table-ronde qui s’est reposée sur les principes du respect de la Constitution dans cette affaire.

Dans son speech, il a appelé les participants à proposer, suggérer et lever des options à véhiculer auprès de la population congolaise dans le but de protéger les intérêts des populations des deux provinces du Kwilu et Kwango, et également ceux des éleveurs, qui sont aussi des Congolais.

Après le mot introductif de l’honorable Aubin Minaku, trois thèmes étaient ainsi soumis aux différents intervenants pour développer pour la première phase de la rencontre. Notamment ceux se rapportant à l’itinéraire du bétail et les problèmes rencontrés ; les contraintes administratives ; et l’impact socio-environnemental de la présence massive du bétail.

C’est confirmé, les vaches ne sont pas empoisonnées

La parole était accordée en premier lieu à M. Matumahini Mazibo Espoir, l’un des responsables de ces éleveurs venus de l’Est avec ces cheptels de bovidés. Il a d’abord affirmé qu’ils sont tous des éleveurs congolais. Et que ce dernier convoi à problème, est déjà le troisième du genre, et le plus important des deux précédentes vagues de 2013 et 2017.

Le représentant des éleveurs a donc rassuré que leurs bêtes ne sont pas du tout empoisonnées. Il a de ce fait dénoncé des discours malintentionnés et haineux de certains compatriotes congolais autour de ces cheptels de bovinés venus de l’Est du pays. Il a également démenti toutes les rumeurs suscitées autour de ces vaches et leurs éleveurs.

Ayant remercié le Président de la République Joseph Kabila Kabange pour son sens élevé de patriotisme, le représentant des éleveurs a conseillé aux Congolais de se procurer de ces vaches qui sont saines et de diverses races, en provenance du Sud-Kivu, et passant par le grand Katanga, la région du Kasaï, l’ex-Bandundu, à destination de la ville de Kinshasa.

Pour sa part, le gouverneur du Kwilu a affirmé que c’est un mouvement des Congolais. Il ne s’agit pas des étrangers, a-t-il rassuré. Aussi, a-t-il confirmé que ces éleveurs étaient en ordre et avaient des certificats attestant le bon état de leurs bêtes. Et que le Kwilu n’était qu’une province de transit.

Son collègue gouverneur du Kwango a de son côté informé que le cantonnement de ce cheptel de bovidés est reparti en cinq troupeaux sur cinq sites, dont quatre dans le secteur de Bukanga-Lonzo et un dans la chefferie de Pelende Nord. Lui aussi a affirmé que la destination finale de ce convoi des bêtes venues de l’Est était le marché de Kinshasa.

« La présence massive et brusque de ces vaches avait suscité des rumeurs, à la suite desquelles, la population du Kwango a développé une certaine hostilité vis-à-vis de ces vaches… Le gouvernement provincial du Kwango a pris des mesures nécessaires… La Société civile du Kwango a exigé la délocalisation de ces vaches et leurs éleveurs vers la capitale », a informé le chef de l’exécutif provincial du Kwango aux participants de la table-ronde.

Des solutions du Gouvernement

La mission du Gouvernement central a également fait part des informations recueillies par sa mission par rapport à cette même affaire. Le ministre d’Etat en charge de l’Economie nationale, M. Paul Kapika a d’abord félicité le président de l’Assemblée nationale pour l’organisation de cette table-ronde.

Dans ses explications, il a encore rassuré que les vaches ne sont pas malades ni empoisonnées. Et les éleveurs ne sont pas armés. Ils sont des Congolais. Ils ne viennent pas d’un pays voisin. Quant à la destruction des champs, les éleveurs ont accepté d’indemniser les victimes, a-t-il appuyé.

« Le Gouvernement va racheter ces vaches pour relancer le parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo… Ne détruisons pas l’unité nationale à cause des mensonges », a dit le ministre Kapika.

Quant à la commission parlementaire d’information dépêchée par l’Assemblée nationale, c’est le député national Théophile Mbemba qui était chargé d’intervenir. Après avoir levé certaines équivoques, il a souligné qu’à l’arrivée des éleveurs et leurs cheptels de vaches dans la province du Kwango, ils ont fait des arrangements avec les fermiers.

Lesquels arrangements ont eu quelques conséquences. Notamment, la destruction des champs et des problèmes sanitaires, ainsi que des difficultés de cohabitation. Théophile Mbemba a de ce fait recommandé la réparation des préjudices causés, et de faire respecter strictement la législation en la matière.

Le représentant des chefs coutumiers, s’exprimant en sa langue maternelle, a déploré le fait que ces éleveurs à leur arrivée, ne sont pas entrés en contact au préalable avec les chefs des terres. Il a martelé que la conséquence de ces vaches, c’est d’abord la destruction des champs, l’incompréhension, et la difficile cohabitation.

Ce chef coutumier de Bukanga-Lonzo a enfin remercié le Gouvernement de la République pour les mesures prises. Et le délégué de la Société civile a aussi déploré la cohabitation difficile et de la dévastation des forêts.

Le président de la communauté Banyamulenge du Sud-Kivu à Kinshasa, M. Mukiza Charles, prenant la parole, a remercié les autorités qui se sont investies dans la recherche d’une solution pacifique à cette affaire. « Ces éleveurs sont membres de la communauté congolaise. Que les esprits soient apaisés pour permettre des échanges libres… Ce ne sont pas des clandestins, ils évoluent avec l’Etat congolais », a-t-il indiqué.

La seconde phase de cette table-ronde était consacrée aux échanges et débat. L’occasion pour les autres participants de se prononcer et d’apporter leurs contributions sur cette affaire. Globalement, l’on déduit que dans cette affaire des vaches venues de l’Est de la Rdc avec leurs éleveurs dans les provinces du Kwilu et Kwango, il y a plus de peur que de mal. Et ce n’est qu’une guerre psychologique et politique.

Pour conclure le débat, le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku Ndjalandjoko, est revenu à la charge pour inviter les participants à considérer le respect des principes constitutionnels, les dispositions réglementaires urgentes et l’indemnisation par l’Etat, très rapidement, des victimes des dégâts. Cela pour permettre de bien peaufiner les résolutions de cette table-ronde.

Différentes résolutions prises

C’est le professeur Bruno Lapika, député national et président du Caucus des parlementaires du Kwango (CPK), aussi facilitateur de la table-ronde, qui a livré la teneur des résolutions prises par les participants à cette table-ronde. Dans les lignes qui suivent, la quintessence de ces résolutions.

Les participants ont échangé sur les voies et moyens de régler la situation découlant de la présence signalée des grands cheptels des vaches zébus en transhumance d’affaires dans les deux provinces attenantes du Kwango et du Kwilu. Les participants ont fait le constat suivant :

Les éleveurs sont venus des provinces du Sud-Kivu et de Tanganyika. Aucun d’entre eux n’a été trouvé étant porteur d’une arme de guerre, ni de chasse. A l’occasion de ce mouvement de transhumance, l’on a néanmoins enregistré des cas de destruction des cultures, imputable aux troupeaux des vaches venues de l’Est. Aux dires des experts des services compétents, la viande de ces vaches en transhumance n’est pas empoisonnée. A l’occasion de cet incident de société, aucune communauté des deux provinces n’a fait montre d’attitude de xénophobie. Avant de lever des options de solution, les principes ci-après ont été rappelés :

L’unité du peuple congolais telle que proclamée dans le préambule et à l’article premier de la Constitution. Au terme de l’article 30 alinéa 1 de la Constitution, toute personne qui se trouve sur le territoire national a le droit d’y circuler librement, d’y fixer sa résidence, de le quitter et d’y revenir dans les conditions fixées par la Loi.

En vertu de l’article 12 de la Constitution, tous les citoyens de toutes les communautés nationales sont égaux devant la Loi ont droit à une égale protection de loi.

En guise des voies de solution, les recommandations ci-après ont été formulées par les participants :

  • Que le Gouvernement central et les notabilités des deux provinces rachètent le reste des vaches non encore écoulées et concentrées sur les sites de Bukanga-Lonzo ;
  • Que les propriétaires des champs et cultures ravagés par les vaches soient recensés et équitablement indemnisés par le gouvernement central ;
  • Que les déplacements massifs des vaches fassent l’objet d’une réglementation, voire aussi d’une information et d’un bon encadrement par les services étatiques compétents ;
  • Que tout déplacement des vaches sur une longue distance fasse l’objet d’une gestion administrative en veillant à ce que les autorités locales et provinciales en soient responsabilisées ;
  • Pour le développement de l’élevage, que soient créés des mécanismes et des voies de collaboration entre les éleveurs de l’Est et ceux des deux provinces du Kwango et du Kwilu ;
  • Que les élus locaux ainsi que les leaders et autres notabilités des deux provinces communiquent davantage et positivement sur les pistes de solution trouvées ;
  • Qu’il soit constitué un comité de suivi.

(Lepetit Baende)

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