Financement des élections en Rdc: La société civile invite la communauté internationale au réalisme

De gauche à droite, Mme Desy Furaha, M. Jeff Pambi et au centre M. Dieudonné Mushagalusha, suivi de Mme Chantal Kidiata et M. Nzamba Gabriel, tous experts de la société civile/Ph. Pius Romain Rolland

C’est dans une des salles de la Paroisse de Fatima à la Gombe, que le Panel des Experts de la Société civile a, dans une déclaration publique dénoncé le non-respect des engagements financiers de la Communauté internationale au processus électoral, en République Démocratique du Congo. Une situation embarrassante pour ce panel Panel qui, en toute franchise a reconnu la délicatesse, la sensibilité et la fragilité de la Rdc à la veille des élections. A l’occasion, il a invité les professionnels des médias, du fait de leur influence dans l’opinion à œuvrer  pour la paix, la concorde et la cohésion nationale. Sans quoi, il y a risque réel que la Rdc s’effondre dans les gouffres, si on prend en compte les multiples agitations, les menaces et complots interne et externes. « Sachant que le cœur de tout congolais et l’esprit de notre population ne font que vibrer au rythme du processus électoral, il est de notre droit, société civile partie prenante au processus électoral, d’une part, et d’autre part, il est de notre devoir en tant que citoyen de pouvoir s’arrêter un peu et s’interroger où allons-nous et qu’attendons de ce processus ? » s’est interrogé Dieudonné Mushagalusha.

Il sied de noter que la plus grande et pertinente question reste celle de savoir : avec qui faire route ensemble pour arriver à cette destination, qui n’est autre que la tenue de bonnes élections, justes, transparentes, apaisées, démocratiques et crédibles », a-t-il dit.

Pour le Panel des experts de la société civile, peu importe les lunettes que chaque acteur peut apporter, le processus électoral avance surement vers les élections, malgré les nombreux impondérables. Si ce processus avance, c’est grâce à la vigilance, à l’engagement et la détermination du peuple congolais, en plus de la volonté de Dieu.

A cet effet, le Panel a reconnu l’appui logistique et financier du Gouvernement de la République, seul levier qui permet aux animateurs de la Centrale électorale de pousser cette machine vers l’avant, et à ce jour, la Ceni a déjà atteint près de 32 millions d’enrôlés sur le 42 millions attendus. « Cependant, ce succès que tout homme scientifique et intellectuel doit reconnaitre sportivement suscite un certain nombre de questionnements pour savoir, parmi les partenaires de la Ceni, qui a fait quoi pour qu’on en arrive à ce résultat », s’interroge le porte-parole Dieudonné Mushagalusha.

Des partenaires fiables pour la Ceni

Sur quel partenaire la Centrale Electorale doit-elle compter et s’assurer de son accompagnement dans le processus électoral ? Question difficile à répondre mais facile à discerner. Il faut noter cependant, que la Ceni dispose de trois partenaires  principaux, notamment le Gouvernement de la République, la Communauté internationale, les partis politiques et la société civile.

A cet effet, le Panel des experts de la société civile note avec satisfaction et de manière rationnelle et positive l’appui du gouvernement de la République dans le respect de l’échéance du décaissement effectué en faveur de la Ceni. C’est grâce à cet appui, dit le Panel des experts que nous avons le résultat de 32 millions d’enrôlés.

Quant à la société civile et aux partis politiques, les uns comme les autres étant à la fois bénéficiaire et acteurs jouent pleinement leur rôle avec la volonté manifeste de mobiliser, sensibiliser et éduquer la population congolais à s’approprier du processus électoral et au-delà de tout cela, ils vont de l’observation et accréditation de témoins.

Au lieu de financer, la Communauté internationale joue au double jeu

Le Panel des experts de la société civile a fait savoir à l’assistance, que selon les Nations Unies, la Communauté internationale avait pris des engagements de fournir non seulement des moyens nécessaires au processus électoral tant au niveau de la Ceni que de leurs organisations, mais aussi d’accompagner ce processus jusqu’à son aboutissement heureux qui n’est autre que la tenue des élections justes et crédibles. « A voir de plus près, tout observateur averti ne peut s’empêcher de conclure aujourd’hui que la communauté joue un double jeu. D’une part, elle fait pression et exige coute que coute la publication d’un calendrier électoral, du reste, qui est une bonne chose pour éviter à ce que les politiciens continuent à se maintenir au pouvoir en dehors des élections, mais aussi nous éviter que ceux de l’opposition qui ont perdu la confiance du peuple accèdent à des postes par voies non démocratiques au travers des conciliabules qui vont à l’encontre du peuple congolais », a-t-il fait cette mise au point.

D’autre part, le Panel des experts de la société civile n’arrive pas à comprendre que cette même communauté internationale qui sait pertinemment bien les défis qu’il faut surmonter pour la tenue rapide et effective des élections ne disponibilise pas les moyens prévus quant à ce, pour qu’enfin ce calendrier auquel elle tient coute que coute soit rendu publique, une fois ces obstacles surmontés. « Au lieu d’aider la société civile dans sa globalité, la communauté internationale privilégie d’amener les organisations de chez elle pour venir consommer l’argent en République Démocratique du Congo au nom du processus électoral. Les quelques organisations qui bénéficient de miettes de ses partenaires, les reçoivent dans le cadre d’une orientation claire qui rentre dans la politique générale de leur pays vis-à-vis de ce qui veulent de la République démocratique du Congo et non par amour à notre pays et moins encore à nos enfants. Il est clair que cette manière d’agir contribue à petit feu à créer un désordre dans notre pays pour que la Communauté internationale continue à bénéficier et à tirer du lait chaud dans cette vache laitière qui n’est autre que la RDC », ont déploré les experts du Panel de la société civile.

C’est alors, que le Panel des experts de la société civile exhorte à comprendre bien que le processus ne pourra aboutir aisément que si les Congolais travaillaient pour sa consolidation et sa protection, étant donné que la Communauté internationale y tire beaucoup de millions de dollars. Le cas de la contradiction de Maman Sidikou de tout le temps en dit plus, a insisté le porte-parole Dieudonné Mushagalusha.

Des chiffres prévus non décaissés en faveur du processus électoral

Dire et faire, deux choses rarement à respecter par la communauté internationale elle fait croire qu’elle soutient le processus électoral en RDC, en réalité elle ne dispose d’aucun moyen quant à ce, son objectif étant de faire de la République Démocratique du Congo, la seconde Libye ingouvernable, en vue de tirer les dividendes des matières précieuses tant recherchées pour soutenir leurs économies en ailes de papillons

A cet effet, le Panel des experts de la société civile a indiqué chiffre à l’appui que de la logistique et du déploiement de la Monusco, il est prévu une somme de 73.000.000 de dollars, et qu’en réalité sur terrain, le cas de l’ancienne province de Bandundu, le constat est tout autre.

Quant à l’appui technique à la Ceni, 10.226.361 dollars sont prévus et repartis entre le Canada (3.500.000$ pour le compte du Pacec) ; l’Union Européenne (1.657.950 pour le compte du Pacec, et 1.215.830 pour le compte de  l’expertise directe à la Ceni) ; l’Usaid (2.400.000$ pour le compte du Pnud) ; la Suède (426.246 pour le compte du Pacec), le Pnud (2.000.000 pour le compte du Pacec.

Quant à l’éducation civique et électorale, le Panel des experts de la société civile relève  que le Canada devrait disponibiliser 7.001.557 dollars au développement et Paix ; tandis que l’Union européenne 2.763.250 dollars et le Dfid 4.340.000 dollars pour le compte de couterpart international enfin l’Usaid 15.186.005 dollars.

Par contre la Suède a prévu dans son enveloppe une somme de 3.400.000 dollars : 1.100.000 dollars sont consacrés au Centre Carter ; 800.000 à la Fondation Hirondelle et 1.500.000 dollars à diakonia Rdc

Par ailleurs, la Belgique dans son enveloppe, il est prévu une enveloppe de 1.077.667 dollars, repartie entre 221.060 pour la fondation Hirondelle ; 353.696 $ recic ; 265.272$ aeta via et 237.639 aeta via cncd, aucune somme d’argent n’est décaissée. Si elles le sont, elles ne sont pas arrivées à destination prévue, sinon gérées par les organisations mises en place par la communauté internationale elle-même.

Du côté du Genre et élections, il a été prévu 4.669.125 dollars pour le compte de la Suède, une partenaire dans le processus électoral, réparties en quatre rubrique, dont 458.525 $ pour le compte de la Monusco ; 500.000$ pour le compte du Centre Carter ; 1.00.000 $ pour le compte de Diakonia RDC et 2.210.600$ pour le Compte de l’Onu Femmes conformément à la Résolution 13-25.

Quant au jeune et élection, le Dfid/Ukaid prévoyait 310.000 dollars pour le compte de la Fondation Hirondelle ; et l’appui juridique quant à la gestion des contentieux par  Freedom House une somme de 200.000 $ enfin la communication institutionnelle 250.000 dollars pour le compte de Pacec.

De toutes ces prévisions, aucune des organisations de la République démocratique du Congo en bénéficient. Ces enveloppes prévues par la communauté internationale sont gérées par les organisations mises en place par elle-même. D’où, la grande mobilisation de dénonciation du non-respect des engagements financiers de la Communauté internationale qui joue au double jeu : faire pression à l’organisation des élections d’une part, et d’autre part le non-financement dudit processus électoral. Une situation qui déplait le Panel de la société civile qui recommande au gouvernement de la République de doubler d’efforts pour continuer à donner de moyens à la Ceni, étant donné que cette question est d’ordre de la souveraineté nationale, mais aussi pour ne pas prêter le flanc aux ennemis de la RDC.

Et pour crédibiliser le processus électoral, la société civile va bientôt mettre sur terrain plus de 300 observateurs dans la ville de Kinshasa pour toute fin utile, une occasion qui mérite d’être saisie au bon pour tout ce qui aime le processus électoral en apportant un appui financier, logistique et matériel nécessaire.

(Pius Romain Rolland)

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