Financement des élections en Rd Congo: P. Kangudia alerte la Communauté internationale

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Au cours d’un point de presse tenu hier mercredi 15 février à l’Hôtel du Gouvernement, le ministre d’Etat en charge du Budget, Pierre Kangudia, accompagné de son adjoint Willy Ngoopos, a lancé un signal fort à l’opinion tant nationale qu’internationale sur la problématique du financement du processus électorale en République Démocratique du Congo. Cette problématique qui consiste à réunir 1 milliards 800 millions de dollars pour mettre à la disposition de la Commission électorale nationale indépendant (CENI), d’ici décembre 2017. Malheureusement, dit-il, le gouvernement de la République, vue la situation économique actuelle, dominée par la baisse sensibles des recettes, se voit dans l’impossibilité d’atteindre ce montant à la fin de cette année.

« Même si les perspectives semblent s’améliorer, il sera difficile de penser que nous puissions mobiliser les 1 milliards 800 millions de dollars cette année. C’est notre souhait, mais à ce stade, je préfère tenir le langage de sincérité. Les perspectives ne semblent pas pouvoir me permettre de dire que nous allons rencontrer en totalité cette exigence cette année», a expliqué le ministre d’Etat en charge du budget, Pierre Kangudia. Et d’ajouter : « Je ne suis pas contre les élections ;il y en aura, mais le gouvernement de la République ne saura réunir toute l’enveloppe de 1.800.000.000 de dollars américains telle que demandée par la CENI, d’ici décembre 2017 ».

Cette mise au point de Pierre Kangudia  constitue une alerte vibrante à la Communauté Internationale qui ne cesse de crier jour et nuit à la tenue des élections avant décembre 2017. Ce, oubliant qu’il s’agit là d’un processus qui ne doit pas se limiter seulement à l’appui logistique à la Centrale Electorale, comme le fait si bien la Monusco, qui a mis à la disposition de la CENI des hélicoptères et avions. Cet appui n’a pas d’effet sur la grosse enveloppe de 1 milliards 800 millions de dollars que le gouvernement ne saura réunir à la fin de cette année 2017.

« Ne comptez pas sur moi pour venir faire de la politique politicienne. Je vous parle comme un technicien par rapport à ce qui est réalisable. Maintenant, ça va certainement énerver ceux qui voudraient que nous ayons les 1 milliards 800 millions pour organiser les élections. Je n’y peux rien. Notre économie génère des revenus et le niveau de recettes est celui-là. Je ne vois pas comment nous allons rencontrer cette exigence avec ce que nous réalisons. C’est impossible », a dit le ministre d’Etat Pierre Kangudia.

Une autre interpellation va à l’endroit des politiciens congolais qui doivent lever l’option sur le séquencement des élections devant avoir lieu avant décembre 2017. Par ailleurs, le ministre précise qu’il y a eu paiement et qui s’est escompté. « Il y a eu un début de paiement au regard de nos moyens limités. Quelque chose a été payée à la CENI au mois de janvier. Si la situation générale s’améliore, nous allons aussi améliorer notre position vis-à-vis de la CENI », a fait voir le ministre d’Etat.

Pour un budget plus ambitieux en 2017

Peu avant d’aborder la problématique des élections, le ministre d’Etat en charge du budget, Pierre Kangudia, a notamment fait l’état des lieux des finances publiques, tout en notant une légère amélioration de la mobilisation des recettes. Il compte par ailleurs défendre la loi des finances à la session parlementaire de mars.

Disons que les prévisions budgétaires de la loi des finances 2017 sont basées sur une projection d’un taux de croissance économique à 3,6%. Et de rappeler que le point de presse avait tourné sur les points relatifs aux finances publiques depuis son entrée en fonction. Ensuite, expliquer la démarche du gouvernement qui avait consisté à soutenir la gestion sur base des crédits provisoires jusqu’à l’adoptiondu Budget 2017, et enfin comment le gouvernement se prépare à élaborer ledit Budget. Sur l’évolution de la situation financière de l’Etat, le ministre d’Etat en charge du Budget a soulevé qu’en fin novembre 2016, le déficit cumulé s’élevait à -347,7 milliards des Francs congolais. Mais, il va faire un bond très important, en quelques jours, pour atteindre 512,2 milliards des Francs le 23 décembre 2016. Pour l’orateur,la première réaction du gouvernement à cet effet, avait consisté à ralentir cette tendance. « C’est ainsi que nous avons clôturé l’exercice 2016 à -503,9 milliards de FC. Et il faut rappeler que 2015 s’était soldé par un déficit de -259,3 milliards de FC », poursuit-il.

Quant à l’inflation, l’orateur a souligné qu’elle s’est située à 11,24% à fin 2016, alors qu’elle n’avait été que de 0,82% en 2015. « Pour renverser totalement la tendance, de concert avec la Banque Centrale du Congo (BCC) qui, de son côté, était intervenue sur le marché avec 50.000.000 de dollars Us, nous nous sommes convenus, M. le ministre des Finances et moi-même, de nous concentrer sur le volume des dépenses à exécuter, en nous conformant au Plan d’Engagement budgétaire, harmonisé avec le Plan de Trésorerie. Ici, il faut préciser qu’il ne saurait en être autrement car, les dépenses ne peuvent être payées que sur base caisse », renchérit-il.

De poursuivre qu’il s’agit d’une des mesures de gestion rigoureuses rappelées au cours de deux réunions de la Commission économique et financière que le Président de la République a eu à convoquer et à diriger au cours du mois de janvier dernier. « C’est ainsi qu’à la fin de ce mois de janvier, le solde du Compte Général du Trésor a affiché un léger excédent de 5,9 milliards de FC. Et tout le monde peut constater l’accalmie sur le marché de change. La pression sur les prix des biens de consommation et services courants s’est réduite, se traduisant par le taux d’inflation mensuel de 1,4%. Malgré cette nette amélioration, la situation reste très fragile. Et nous comptons poursuivre la politique d’encadrement des dépenses publiques, afin de préserver ces acquis et les consolider », lance le ministre d’Etat en charge du Budget.

De l’ouverture des crédits provisoires

« Nous sommes entrés au Gouvernement dans un contexte particulier où le Gouvernement sortant n’avait pas pu défendre le projet de Budget qu’il venait de déposer à l’Assemblée Nationale, alors que l’année civile qui, chez nous, correspond à l’exercice budgétaire, touchait déjà à sa fin », a fait voir le ministre Kangudia.

D’ajouter qu’il y avait ainsi pour le Gouvernement de la République, la menace de se retrouver dans un blocage total. Ce qui aurait porté un handicap sérieux au fonctionnement de l’Etat.

« Si pour le mois de janvier, l’exercice paraissait simple, il fallait résoudre l’équation pour les mois qui suivaient jusqu’à l’adoption du Budget proprement dit 2017 », a-t-il indiqué.

Enfin, concernant l’élaboration du projet de Budget 2017, le ministre d’Etat a affirmé que des hypothèses qui doivent sous-tendre de projet ont été proposées. « Nous sommes encore à l’étape des discussions pour lever l’option finale. Nous sommes en train de relancer tous les intervenants pour que cela soit fait au plus tard la fin de cette semaine. Il y a une chose que nous pouvons vous fixer dès maintenant, c’est que nous partons de ce constat depuis plusieurs années, notre Budget souffre de la modicité de recettes. Nous avons déjà proposé des mesures incitatives pour maximiser la mobilisation des recettes, en concertation avec le ministre des Finances. Et nous comptons arriver à un rendement meilleur par rapport aux prévisions présentées par le Gouvernement qui nous a précédés », a-t-il conclu.

(Bernetel Makambo)

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