Festival Amani 4 : Entre tristesse et allégresse !

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Les rideaux de la 4ème édition du Festival Amani se sont baissés sous les notes musicales envoutantes du groupe kenyan Sauti Sol dimanche 12 février dernier. Une Édition particulière puisque les shows se poursuivaient jusque tard la nuit dans les after-Parti au Kivu Club.

Si particulière, si différente, l’édition IV du Festival Amani vient de marquer sans doute le tournant de ce rendez-vous culturel, qui a été érodé par l’incertitude de sa tenue cette année vu le contexte politique. L’envie et la détermination sont là les maîtres-mots qui résument l’organisation qui a débuté le 10 février sous une fausse note.

Une incompréhension sanguinaire

Tout commence par une mauvaise nouvelle de la mort du jeune Djo Paluku. Artiste et volontaire pour la sécurité des Festivaliers, Djo est tombé suite à une balle d’un policier dans la nuit du jeudi 9 février, pendant les check-son des musiciens invités, après « une incompréhension avec l’homme en tenue», à en croire le communiqué du festival. C’est sous cette psychose que Goma a lancé sa journée du vendredi 10 février, jour de l’ouverture. D’ailleurs, une Agence de Nations Unies sur place, a-t-on appris d’une source sûre, «a interdit à ses membres de se rendre au festival Amani pour cause d’insécurité ». Pour lui rendre hommage, d’ailleurs, les organisateurs ont presque prolongé le festival d’un jour supplémentaire pour pleurer Djo Paluku au même endroit.

« Le Nord-Kivu a fait parler de lui beaucoup plus en termes de violences, de morts, de  guerres. Mais avec le Festival Amani, 36 mille personnes se retrouvent ensemble,  40 médias pour la couverture, les jeunes rassemblés pour un apprentissage dans l’entrepreneuriat. C’est-à-dire au-delà du recrutement dont ils  ont toujours été victime dans les groupes armés, le festival va leur apprendre des métiers qui vont leur rapporter.

Donc le Festival Amani offre à la province du Nord-Kivu une autre image en mettant en avant les atouts que nous disposons en termes culturels, touristiques. Imaginez-vous que les enfants du Burundi, du Rwanda, de la  Tanzanie, de l’Ouganda, de la RDC vont rentrer chez eux en disant qu’il est possible de vivre au Nord-Kivu. Et mettre de côté les messages qui circulent sur le réseaux sociaux que chaque nuit le sang coule “. Le festival Amani est une occasion pour nous de vendre notre image autrement. Je salue le courage de Éric de Lamotte qui participe à cette vente d’une autre image de la province du Nord-Kivu », a déclaré Julien Paluku, Gouverneur de la province du nord-Kivu, devant la presse.

Timidement, la journée du vendredi 10 prenait le rythme. Jusqu’à 13 heures passées, certaines structures débutaient à installer. Le gouvernorat, après une réunion avec le comité d’organisateur, a renforcé la sécurité pour rassurer les festivaliers dont les jeunes constituent 95% des personnes qui font le déplacement depuis la première édition en 2014. En effet, le gouverneur Julien Paluku est intervenu pour rassurer les uns et les autres dans une conférence de presse à coté du promoteur du festival,  Eric De la Motte.

Fabregas prêche l’amour du prochain !

Les choses sérieuses sur les deux podiums ont débutées vers 15 heures. Tour à tour, des groupes musicaux, de danses traditionnelles et modernes sont montés sur le podium. Orchestre Life Stor, Moov dance, Arsenic Franck Isa Le rossignol (le Petit Papa Wemba), Groupe Monusco, Mani Martin (célèbre jeune artiste du Rwanda qui a rendu un hommage à Papa Wemba en interprétant l’une de ses chansons), ont  précédés la montée de Fabregas Fabros qui cédera la place, à son tour,  au Dj Amaroula.

De blanc vêtu, le groupe du jeune Fabregas a envahi la scène pour enchainer des tubes surtout ce qu’il a chanté pendant son passage au Wenge Musica Maison mère. Devant une forêt des têtes qui  scandaient et réclamaient « Ya Mado, Ya mado …». Belle prestation du « Métis Noir » en 40 minutes qui n’a raté de faire passer son message de l’amour du prochain, qui pour lui, est une solution efficace pour lutter contre toutes les violences.

Dj Amaroula a assuré. Il a allumé Goma. En 25 minutes, l’ambiance se passait à 100 à l’air. Une sélection des chansons d’ailleurs et du Congo a constitué son répertoire devant un public en délire qui est sorti de l’enclos du collège Mwanga en mode « fimbu, fimbu, chicotte».

Sauti Sol rend hommage à Franco Luambo !

Le deuxième jour, Jean Goubald a marqué son temps de scène. Lui, qui était le clou de la journée après des jeunes tels que Mughongo, Matakiyo, Alfred Bernard, U-Min Robot, a présenté une nouvelle version de sa chanson fétiche « bayibi nga bomwana » l’hymne de la lutte contre les enfants soldats,  tant réclamé par le public, sans compter ses vannes humoristiques. DJ Boddhi Satva de la Belgique, l’a remplacé pour sa production.

« Le dernier jour : venir au festival ou jamais », lançait une fille gomatracienne de taille gracieuse. Une foule immense. Les gens se frottaient comme en Chine. La poussière  embellissait les pieds, chaussures, et les visages séchant les lèvres. Madame la pluie, elle aussi, après plusieurs grimaces, a fait sa messe avec ses cordes sur les festivaliers qui ont brisés le mythe de la pluie pour voir le célébrissime groupe kenyan Sauti Sol. Qui pouvait manquer  cette occasion à 1000 Franc congolais ? Le collège Mwanga a refusé du monde.

Le spectacle de ces jeunes mouvementés d’Afrique a été beau à voir. Chantant en Swahili, Anglais, avec des mots isolés de Lingala, les artistes musiciens de Sauti Sol ont rendu un vibrantl hommage à Franco Luambo en interprétant dans une langue qui ressemble au  Lingala « Bandeko y’a basi ». Pour clôturer le festival Amani, ces quatre jeunes dont un d’eux a chanté sur une chaise avec sa jambe fracturée, ont appelés les jeunes africains.

A part la musique et la danse, le village humanitaire et le message de paix, ce Festival Amani réserve aussi une part non négligeable à l’entrepreneuriat où 10 projets des jeunes obtiennent des bourses.

Le public de Goma, à travers les réactions pendant la prestation de Sauti Sol,   a réclamé Fally Ipupa, pour la prochaine édition. Après cette édition, on constate que Amani grandit. Le volet sécuritaire doit être repensé en mettant en avant la franche collaboration entre la Police Nationale congolais et les autres corps de sécurité dont les volontaires.

(Onassis Mutombo, depuis Goma)

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