Femme et automédication: Les raisons d’une pratique nuisible à la santé

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On ne le dira jamais assez, l’automédication est un risque inconsidéré pour la santé humaine. S’octroyer des médicaments sur base des symptômes ressentis peut s’avérer fatale dans certaines circonstances. Plus d’une fois, des hommes sont morts d’overdose, alors qu’ils avaient l’intention de se soigner. Cette automédication qui n’est nullement à confondre à la pharmacie familiale, s’accompagne généralement de l’achat de ces médicaments de la rue. N’importe qui s’improvise médecin et pharmacien en prescrivant souvent verbalement tel médicament et telle cure pour le mal de tête et tel autre produit contre la fièvre. Ces médecins improvisés ne connaissent rien de particularités de fièvres ni les origines de divers maux de tête. On se retrouve à acheter les médicaments comme on achèterait les bananes au coin de sa rue. En dépit des avertissements du corps médical, cette pratique qui a la peau dure et qui persiste en Rdc s’explique néanmoins par quelques raisons :

La pauvreté

Il est facile de demander à quelqu’un d’aller dans un centre médical viable pour se faire examiner. Mais il est difficile de mettre à sa disposition les moyens financiers exigés. Le peuple est pauvre et même très pauvre. Vivant avec moins d’un dollar par jour et par habitant, il est difficile, sinon impossible pour la majorité des Congolais de s’offrir les soins qu’il faut en suivant les règles de l’art médical. Faisons remarquer que dans notre pays, les soins médicaux coutent les yeux de la tête.

Une simple consultation tourne à Kinshasa autour de la moyenne de 15.000 Francs congolais. Que dire des examens et des médicaments ? C’est vraiment intenable au regard de ce que gagne le congolais-moyen et surtout la fréquence des maladies courantes comme la fièvre typhoïde, la diarrhée, la malaria… Coincée par ces circonstances difficiles, une bonne partie de notre peuple n’a pas d’autres choix que de recourir à ces médicaments de la mort, sachant pertinemment à quoi elle s’expose.

L’absence d’une assurance-santé

Les soins médicaux étant un casse-tête, l’existence d’une assurance-santé pouvait pallier à certaines failles. Dans la mesure où l’on n’a pas d’argent chaque jour, la prise en charge par une mutuelle de santé par exemple, pouvait permettre à chaque citoyen malade, de se faire soigner correctement dans une institution hospitalière responsable. C’est le cas du Rwanda où la population, moyennant sa quote-part, accède aux soins de santé régulièrement. Abandonnée à la cupidité des médecins véreux, la population est une proie, qui n’intéresse le corps médical que dans la mesure où elle dispose des moyens. Voilà pourquoi l’on assiste presque toujours à l’abandon des malades sans moyens à l’hôpital.

L’indisponibilité d’un corps médical

Kinshasa n’est pas la Rdc, dit-on. Il y a des villages et territoires où le corps médical est un produit rare. La plupart d’infirmiers et médecins produits par les institutions d’enseignement congolais préfèrent prester dans les villes (Kinshasa, Lubumbashi, Goma, Mbuji-Mayi, Kananga, Matadi, Likasi … et même l’étranger) pour des raisons évidentes. Ainsi, les campagnes sont dépourvues du corps médical et la population se bat toute seule.

Dans ces conditions, il est difficile de passer par la consultation avant la prise d’un médicament. Les villageois s’approvisionnent au petit vendeur du coin dont les connaissances médicales sont souvent embryonnaires. Pas étonnant qu’un médecin passe dans un village, une fois par trimestre pour opérer certaines maladies et s’occuper des centaines de malades à la file indienne. Le corps médical est inégalement réparti en Rdc et cela cause du tort à la grande partie de notre population qui doit se contenter des informations de la rue.

L’absence de la culture de consultation

Aller à l’hôpital est une culture. Il arrive à des citadins ayant un peu de moyens de prendre des médicaments à la maison durant plusieurs semaines, voire des mois sans penser à consulter un corps médical. Combien de Congolais ont-ils chacun un médecin personnel ou même de famille ? Trop peu.

Au-de là des moyens et des procédures, cela relève de l’absence de la culture. Dans la tête de beaucoup, il faut aller à l’hôpital lorsque la situation s’aggrave. C’est ainsi que les médecins sont souvent en face des cas inespérés car la société ayant tardé à emmener le malade dans un hôpital.

Le check-up médical est considéré comme un prestige que seuls les nantis peuvent s’offrir sur le vieux continent, alors qu’en principe, même localement, chacun devait passer cet exercice, ce bilan de santé, au moins une fois l’an. La sensibilisation sur le rôle d’un hôpital dans la vie du Congolais est encore importante. Il est plus facile pour le Kinois d’acheter un nouveau pantalon que d’aller se faire examiner en bonne et due forme dans un centre de santé viable. Tout est fonction de notre mentalité.

(Simon Kabamba)

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