Faute de moyens ou d’espace pour se loger

par -
0 574
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

Des familles bâtissent des maisons sur des tombes

Des tombes, des bananiers et des maisons. Des dizaines de familles vivent illégalement dans cet environnement macabre depuis de longues années. Dans le périmètre du cimetière de Kinkole, on peut voir autant de maisons bâties et dont les habitants côtoient les morts s’exposant ainsi à des risques sanitaires certains.

Malgré les immenses richesses naturelles de la RDC, les deux tiers de la population si pas plus végète dans la pauvreté.

Faute de moyens ou d’espace pour se loger convenablement, des dizaines de familles disent s’être résolues à bâtir illégalement des maisons en terre cuite ou non, en briques ou en tôles dans cet étrange voisinage en détruisant parfois des tombes.

Ce fait est une infraction qui peut coûter à ses auteurs de un à six mois de prison, alors que l’occupation sans titre d’un terrain est passible d’un mois à un an de détention, selon le code pénal.

Quelques gens ayant acheté des parcelles à Kinkole, se rendent finalement compte qu’ils sont voisins des cimetières et ne savent que faire. Le cimetière de Kinsuka par exemple, construit en 1978, abrite les dépouilles de personnalités, comme le père de la Première dame de la République démocratique du Congo, Olive Lembe Kabila, explique Jean-Pierre, percepteur adjoint des taxes d’enterrement.

Mais de larges étendues sont colonisées par les vivants, et, au milieu des bananiers et des détritus semés par endroits, mangés par des herbes folles, seuls de rares vestiges de tombes rappellent le cimetière.

La vie y semble presque normale. Les ruelles terreuses sont bordées d’étals de bois présentant aliments et biens de première nécessité. Munies de seaux, des femmes puisent de l’eau ou vont en chercher à la pompe.

Une école protestante privée a même été ouverte dans le cimetière il y a trois ans. Dans une cour, des enfants jouent au football dans leur traditionnel uniforme bleu et blanc. “Elle compte aujourd’hui environ 150 enfants. Les parents paient 78.000 francs congolais (environ 80 dollars) par an, contre 300 ou 400 dollars ailleurs”, résume le directeur.

En RDC, d’autres cimetières abritent des civils – et même des policiers et militaires – qui affirment n’avoir pas les moyens de vivre ailleurs.

– “Peur de dormir près des tombes” –

Thérèse, une veuve de 57 ans, qui habite au cimetière de Kinsuka depuis cinq ans, avait acheté quatre terrains “à un chef coutumier” grâce à l’aide de ses enfants. “Ils ont coûté entre 2.500 et 4.000 dollars chacun (1.800 à 2.950 euros)“, raconte cette commerçante. Dans son deux-pièces, la chambre a une moustiquaire, mais pas de matelas.

En novembre, les policiers sont venus détruire les maisons, ils m’ont pris des affaires. Ils ont cassé, sans offrir une solution à la place. J’ai reconstruit ma maison, mais je n’ai pas eu le courage de reconstruire sur mes autres terrains”, explique-t-elle.

Ça fait peur de dormir près des tombes… Mais on n’a  plus de maison“, confie Bibiche, 23 ans, qui vit depuis deux ans à Kinsuka. “Le cimetière, ce n’est pas bien, on n’a pas de courant“.

D’autres disent avoir de la lumière et payer une “facture” à la Société nationale d’électricité (Snel).

– “Ça sent le cadavre” –

Pour M. Ngoie, conseiller au ministère de l’Urbanisme, l'”installation sauvage” dans les cimetières est la faute de “fonctionnaires de l’Etat (…) tout à fait irresponsables” qui vendent des parcelles “de façon frauduleuse“.

Et dangereuse: il faut cinquante ans après le dernier enterrement pour que le cimetière soit considéré comme désaffecté.

Parfois, les gens voient des sources d’eau, mais quand vous sentez, ça sent le cadavre”, commente le Dr Benjamin Mavard Kwengani, directeur de l’hygiène au ministère de la Santé publique.

Nous n’avons aucune étude, mais il survient des phénomènes anormaux dans les communautés: des diarrhées et des malformations que l’on ne sait pas expliquer.”

Le modeste centre de santé dit de “médecine naturelle” du cimetière n’a pas constaté de problème.

Mais pour Peter renseigne l’AFP/Kinshasa, un maçon dont le père et le grand-père sont enterrés à Kinsuka, tout cela risque de mal finir. “Un jour, un tracteur (de l’Etat) va venir arracher leurs maisons, et ils vont tout perdre.

L’histoire lui a donné raison: quelques jours plus tard, des militaires sont venus détruire certaines des maisons construites sur les vestiges des demeures de défunts. Certains habitants sont partis, d’autres sont restés.

 

RTM)

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse