Facebook et commerce d’images de la morgue

par -
0 718
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

La Police inquiète les trafiquants d’images posthumes de Marie Misamu  

La Police locale a procédé, la semaine dernière, à l’interpellation des agents commis à la morgue de l’hôpital de l’Amitié sino-congolais de N’Djili. Des sources qui ont relayé l’information, ont rapporté que le numéro un de la Police urbaine, le général Célestin Kaniama se serait impliqué personnellement à cet effet.

Il nous revient que cet établissement est situé au quartier VII, et c’est là où la chanteuse chrétienne Marie Misamu avait été reçue aux urgences.

Dans les minutes qui ont suivi sa mort clinique, des images ont circulé à grande échelle, présentant la dépouille mortelle prête à être emmaillotée pour la morgue. Quand bien même un grand nombre d’utilisateurs de téléphones portables, dans le contexte kinois, auraient l’option « Bluetooth », il convient de reconnaître que les bonnes consciences ont largement désapprouvé cet empressement des chasseurs d’images.

Une tradition qui s’installe à Kinshasa    

Depuis quelque temps, une tradition s’installe à Kinshasa, sans mettre tout le monde d’accord. Et c’est à ce niveau qu’intervient la Police, qui a compétence d’arbitrer des conflits. C’est que la mort d’une personne qui jouissait de la notoriété, donne lieu à un déploiement quasi viscéral de chasseurs d’images. Parmi les artistes qui ont rendu leur dernier souffle localement, un certain nombre n’a pas échappé à cette campagne d’images. C’est le cas de Madilu Multisystèm, Sans Souci d’Afrique, Mumbata Djo Poster dit le grand Muyaka, Matumona Debaba, Bimi Ombale dit Mwana Wabi, Alain Moloto, etc. La même vague avait été constatée le mercredi 3 avril 2013, lors de la sortie des corps de trois joueurs du Daring Club Motema Pembe, DCMP/Kinshasa. Ceux-ci, pour rappel, ont trépassé accidentellement sur 13ème rue Limete.

Il s’observe que les chasseurs d’images en toutes circonstances, se contentent de basses images de la personne : le dernier soupir ou pendant que le corps est allongé sur une civière, et prêt à être emmailloté pour la morgue. Ces images que beaucoup d’utilisateurs reçoivent sur leur téléphone comme un cheveu dans la soupe, alimente la chronique, sans toutefois répondre à quelque nécessité. Ayant observé pendant un temps, la Police nationale a constaté que les chasseurs d’images opéraient dans le cadre d’un réseau. Dans cet ordre d’idée, leur accorder le temps de s’amender, équivaudrait à leur offrir l’opportunité d’accroître de cas.

Quand « facebook » s’en mêle, des balayures du genre humain se gargarisent

Les Kinoises et Kinois qui se sont « spécialisés » dans le trafic d’images sont généralement en quête du sensationnel. Et cet empressement est alimenté notamment par leur appartenance collective au réseau social « facebook ». « Qu’est-ce que ces trafiquants d’images perçoivent de leur ardeur ? De qui sont-ils au service ? Faut-il comprendre à travers leur empressement un signe de dédain ou une passion d’informer ? », s’est interrogée une mère de famille.

En effet, le déferlement de trafiquants d’images mortuaires des vedettes de la musique et des sports, intervient dans un contexte où l’initiation à la nouvelle citoyenneté et la lutte contre la corruption se sont ancrées dans le programme politique congolais. L’une et autre se veulent un mode de vie à intérioriser, en vue de l’émergence d’un type d’hommes responsables, et voués aux engagements citoyens à travers l’hymne national, le «Débout Congolais » : « Levons nos fronts, longtemps courbés… ».

Dans le contexte kinois, le « facebook » revêt l’image d’un fourre-tout, où sont entrées en scène des balayures humaines. Un musicien avait déploré de l’ambiguité dans le chef des Kinois : « esika moto azali kokufa bango batiye mbonda » (pour dire : là où un homme trépasse, c’est là que (les Kinois) festoient. Dans la première partie de la décennie quatre-vingt, Ndombe Opetun a déploré les déséquilibres d’une société en perte de solidarité. C’était dans la chanson « Masha », dans le TP OK Jazz du grand maître Luambo Makiadi. Dans les écrits bibliques, le rédacteur de l’Ecclésiaste tranchait : « Mieux vaux aller dans une maison de deuil que dans un lieu de festin ; car c’est là la fin de tout homme, et celui qui vit prend la chose à cœur ». « Mokolo nakokufa, nayebi ndenge bakolela ngai. Ebembe na ngai na mbeto Mimi o feti ya moto nionso. Kinshasa ekoma façon esika ya liwa ekoma feti o. Bayeli nde mibali o, mibali bayeli nde ba chéries. Mokolo na kokufa e, ekozala bongo, baye bakufa liboso tomonak’ezalaka bongo o ». (Traduire : Le jour de ma mort, je pressens ce que seront mes obsèques. Car nous voyons comment sont traités ceux qui nous ont précédés dans la tombe. Ma dépouille mortelle au lit, tout autour, c’est une ambiance de fête. Kinshasa a perdu la pédale, car le lieu du deuil a été mué en celui des jouissances populaires. Des femmes, filles, hommes et jeunes gens sont venus s’illustrer, les uns et les autres en quête d’intimité passagère…).

(Payne)

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse