Face au mutisme du législateur Veuves et filles-mères en quête de leurs intérêts juridiques

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Les filles-mères deviennent vite une charge à leurs parents qui estiment que leur investissement dans la scolarisation s’arrête à mi-chemin. Aussi perçoit-on qu’à Kinshasa, des ONG et des centres de formation qui recueillent des filles-mères et leur proposent deux formations à l’affiche : l’Esthétique et la coupe et couture, pour un minimum de six à neuf mois. Ceci dans un contexte où le système d’enseignement formel ne propose plus le cycle-court. Lorsqu’une fille-mère ne se réinsère pas en profitant de l’enseignement qu’offrent les centres de formation qui sont bon marché à Kinshasa, elle se lance dans le petit commerce.  Les marchés et les coins de rues les absorbent en quantité. Un observateur a fait le constat suivant : « Leur destin subit le contrecoup de leur perversion ; elles seules peuvent rendre vivable leur nouvel état et la condition dans laquelle elles se trouvent », a-t-il dit.

En effet, les filles-mères sont de trois ordres dans le contexte kinois : il est des parents tenaces, qui tiennent à l’éducation de leur fille, bien au-delà de l’incident survenu. Les moyens étant, la fille et le nouveau-né sont alors pris en charge. Une autre catégorie est celle des filles-mères issues de familles modestes, et dont le père de l’enfant ne peut booster une réinsertion décisive de la conjointe. Cette dernière endure, elle n’a que sa famille pour « base- arrière », toutefois, sa vie est mise à rude épreuve, ainsi que celle du bébé. La troisième catégorie est constituée  de filles plus d’une fois mères. Ce sont celles qui se laissent emporter dans une nouvelle aventure, parce que la bonne foi des parents ou des tuteurs a été mal interprétée. Certaines alignent jusqu’à trois enfants pour trois pères différents, ne sachant lequel pourrait s’affirmer.

Des lois en faveur des filles-mères et des veuves  

Les filles-mères ont nettement besoin d’un encadrement psychologique soutenu, pour se sortir de l’engrenage de maternités hors-mariage. Dans bien des cas, celles qui ont assimilé les conseils des parents après le premier incident, ont pu se relancer dans la vie et même réussir leur réinsertion  en termes d’union conjugale officialisée. Pendant ce temps, beaucoup aussi ont été des criminelles, en se débarrassant fâcheusement du bébé (babwaki mwana : enfant jeté) ou du fœtus (avortement). Pour ce dernier cas, quand  la mère a survécu, la charge d’élever un enfant a été évité, certes, mais l’organisme de la mère aura encaissé les transformations   biologiques de l’après- enfantement.

Dans le présent contexte du genre, il est souhaitable que le législateur sorte de son mutisme et arrête des dispositions contraignantes qui amèneraient l’auteur d’une grossesse à indemniser l’autre, en cas de non mariage conclu. A cause de l’absence de  disposition légale contraignante, ceux qui s’aventurent à rendre des filles-mères ne sauraient être dissuadés, alors que l’article 14 de la Constitution fait figurer le principe du genre. C’est tout comme le conflit entre le  droit commun et le droit coutumier ne saurait émanciper les veuves dans le contexte congolais. Comme quoi, veuves et filles-mère, sont embarquées dans un même navire, dont le quai (le droit) s’éloigne du regard à cause des brouillards (le mutisme du législateur).

(Payne)

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