Face au cycle de profanation, l’église catholique opte pour la stratégie du silence

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La profanation des paroisses se poursuit de plus belle. Après St Dominique, St Kizito a été mercredi dernier, la cible d’attaque. A leur suite, un séminaire à Kananga et une église à la cité de Dibandisha dans l’ancienne province du Kasaï occidental.

Selon des témoignages, pas grand-chose ne reste du secrétariat de la paroisse St Kizito. Les assaillants ont mis du feu, après avoir tout foutu en l’air sur leur passage.  En effet, les deux paroisses sont établies dans la commune de Limete. L’une sur la  13ème rue au quartier résidentiel, l’autre au quartier Kingabwa.

Pendant ce temps, la hiérarchie de l’église catholique en RD Congo vient d’adopter la stratégie du silence, pour laisser ceux qui  complotent contre le sacré assouvir leur envie. C’est, en effet, ce qu’a laissé comprendre aux journalistes, un responsable ecclésial que ces derniers ont approchés, samedi, à la paroisse St Kizito. « Dorénavant, la paroisse ne fera pas de déclaration après un éventuel passage de profanateurs. De telle sorte qu’officiels, journalistes, fidèles de la paroisse et toutes les bonnes consciences se fassent, chacun de leur côté, une idée dans un silence méditatif,  pas nécessairement sur l’ampleur du dégât mais sur la signification que donnent les profanateurs à leur dessein. (…) », a-t-il fait remarquer.  Cette prise de position corrobore la déclaration de l’évêque auxiliaire de Kinshasa, Mgr Donatien Bafuidinsoni, dans le contexte du saccage de la paroisse St Dominique.  « Le Seigneur se chargera d’eux, car ils ne savent pas ce qu’ils font », a-t-il rassuré.

Quid de la profanation des paroisses

Les négociations politiques pilotées par la Conférence nationale épiscopale du Congo, CENCO auront accompli, de l’avis de beaucoup, un travail d’apaisement, en élevant et en œuvrant pour l’inclusivité.  Contre toutes attentes, des groupes incontrôlés livrent un triste spectacle, à la nation et au monde, de profanation des services et lieux de cultes s’identifiant à l’église catholique.  Pour l’heure, aucune source n’apporte de précisions sur les motivations, réelles ou supposées des assaillants.  En effet, le cycle de profanation font penser aux temps bibliques où Gamaliel, un Pharisien influent et docteur de la loi, avait lancé une mise en garde sévère aux siens :  « …Et maintenant, je vous le dis, ne vous occupez plus de ces hommes et laissez-les aller. Si cette entreprise ou cette œuvre vient des hommes, elle se détruira ; mais si elle vient de Dieu,  vous ne pourrez la détruire. Ne courez pas le risque d’avoir combattu contre Dieu » (Actes des apôtres 5, 38)

« Ils ont saccagé l’autel… », a rapporté, médusé, l’abbé  curé

L’abbé curé de St Dominique a promené le gouverneur de la ville province de Kinshasa, avec sa suite, à l’intérieur de l’église où les bancs, sens dessus-dessous, traduisaient le degré de courroux des assaillants. L’autel a été saccagé, les hosties éparpillées sur le pavé, suscitaient la curiosité et un choc émotionnel bouleversant  de profanation. La croix et les calices défoncés, avaient probablement reçu des coups du bois noir du meuble de l’autel, sous la hargne d’une action préméditée. Les étoffes qui font la parure de l’autel, détachées et froissées ci et là, sentaient de l’inflammable, et leur blancheur sapée par des empreintes de pieds qui agissaient dans la précipitation. En effet, tout l’ornement de l’autel a été dérangé de fond en comble jusqu’à laisser un vide,  comme si l’église allait se délocaliser. Au fond, la statue en porcelaine de la Sainte Vierge Marie, renversée et défoncée. Face à ce qui est advenu, la première messe matinale  s’est déroulée à la grotte, et la deuxième dans la grande salle. Des témoignages recueillis sur place indiquent qu’en voulant tenter une action similaire chez les Oblats, 10ème rue Limete, un groupe d’inciviques a été mis en déroute, et deux de ses membres capturés. « La paroisse St Raphaël a reçu des menaces verbales, en plus des tracts répandus sur son site », a indiqué l’abbé Bula.

La cité de Dibandisha : la désolation

C’est vers 11 heures d’hier jeudi que les miliciens, au nombre de 11, ont fait irruption dans la cité de Dibandisha. Ils ont profané l’église, cassé les chaises, les bancs et le tabernacle. Ils ont incendié les ornements et les livres. Ils se sont introduits à la  Cure en cassant et en incendiant tout ce qu’il y avait. (Lire L’Avenir n°6572 du vendredi 24 février 2017, p.6).

(Payne)

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