Face au contexte international morose: Le FMI se dit prêt à fournir son appui financier à la Rdc

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MM. Nicholas Staines et Emmanuel Gbadi, respectivement Représentant Résident et fonctionnaire du FMI
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Dans le contexte actuel où le Gouvernement de Bruno Tshibala doit être mis en place, celui-ci aura besoin des ressources pour non seulement financer le développement du pays, mais aussi organiser les élections, conformément à l’accord de la Saint-Sylvestre. Et ce, dans un contexte où les recettes sont très faibles, parmi les plus bas en Afrique. Ce Gouvernement n’aura son salut qu’en simplifiant le régime fiscal et en élargissant l’assiette fiscale. De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) se dit prêt à fournir son soutien financier à la Rd Congo, une fois que la situation politique sera clarifiée et stabilisée.

M.Nicholas Staines, Représentant Résident du Fonds monétaire international a échangé hier avec les journalistes économiques, sur le thème : « Rd Congo : Développement économique récent et défis en moyen-terme ». C’était au bureau de cette Institution de Bretton Woods à Kinshasa, en présence de M. Emmanuel Gbadi Masiokpo, qui a aussi exposé sur : « Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne : une croissance à plusieurs vitesses ». Une présentation faite sur base de l’édition d’octobre 2016 des perspectives économiques de l’Afrique Subsaharienne.

Premier à prendre la parole, M. Emmanuel Gbadi a présenté le contexte mondial, dominé par une croissance mondiale modérée en 2016. Selon lui, la croissance économique mondiale en 2016 a ralenti par rapport à 2015 de 0,1 point de croissance ; la croissance économique devrait rebondir en 2017 et en 2018. En termes des perspectives de croissance dans les économiques les plus riches du monde, il a souligné qu’aux USA, la croissance économique est passée de 2.6 en 2015 à 1.6 en 2016. En Chine, premier pays de destination des exportations de la Rdc, il y est constaté un ralentissement à court terme suite à la poursuite de la réorientation de l’économie de l’investissement et de l’industrie vers la consommation et les services pour une expansion plus durable à long terme. Le taux de croissance de la Chine est estimé à 6.7 en 2016 contre 6.9 en 2015.

Concernant le contexte régional, le FMI épingle la sécheresse de ces 35 dernières années : forte réduction de la production agricole causant ainsi de l’insécurité alimentaire dans les pays concernés ; la Guinée, le Libéria et la Sierra léone qui sont confrontés aux défis du redressement économique après la pandémie d’Ebola ; l’insécurité : les attentats de Boko Haram, les activités des rebelles dans la région du Delta du Niger, la précaire sécurité à l’Est de la Rdc, du Burundi, du Soudan du Sud ; le climat politique tendu, notamment au Zimbabwe.

Quelles perspectives pour la Rdc ?

Pour sa part, M. Nicholas Staines a, en ce qui concerne la Rd Congo, indiqué qu’elle dépend des exportations des ressources naturelles, en particulier le cuivre (60% des recettes d’exportation) et le cobalt (20%). Dans ce contexte, la Rdc a connu un choc externe prolongé avec des implications sur le budget et le secteur financier compliqué par l’incertitude politique. Pour sa part, le Gouvernement s’est focalisé sur le maintien de la stabilité macroéconomique. Sa stratégie a été celle de soutenir le taux de change contre la dépréciation du Franc congolais à cause de son impact social, accroitre les recettes publiques propres, et réduire les dépenses pour contrôler le déficit. Et ce, même si les pressions ont été et restent très importantes.

Ainsi, l’économie a été touchée par la baisse des recettes d’exportation, la réduction des dépenses budgétaires et l’incertitude politique. La stabilité macroéconomique a été remise en question en 2016 et son maintien en 2017 constituera un défi. Mais le moyen terme semble peut-être plus positif en raison d’une modeste reprise d’augmentation de prix des produits d’exportation, une hausse de la production minière et Inga 3.

Mais pour s’adapter à une baisse prolongée des recettes d’exportation et la pression sur la solde de la balance des paiements, le FMI conseille l’usage temporaire des économies, soit à travers les réserves internationales, pour faciliter l’ajustement. Et pourtant, les réserves ont sensiblement baissées en Rdc. Il y a aussi la nécessité de réduire les importations, grâce à un ajustement des prix (taux de change) soutenu par la compression de la demande (politique budgétaire), avec différents impacts économiques et sociaux. « Mais la dépréciation de taux de change est finalement inévitable, soit un ajustement d’un niveau à un autre peut prendre du temps, entrainant une hausse du prix en Franc congolais des importations par rapport aux autres biens. L’ajustement est compliqué par la dollarisation et l’indexation des prix en Franc congolais avec le taux de change », explique le Représentant Résident.

Pour s’adapter à une baisse prolongée des recettes budgétaires, le Gouvernement devrait faire usage temporaire des économies (ses propres dépôts ou des épargnes des autres). D’autant plus que les arriérés sont des prêts forcés qui endommagent le secteur privé et puis le système bancaire et doivent être évités. De même, le Gouvernement est confronté à des contraintes dans sa capacité d’emprunter sur le marché intérieur ou étranger. Il y a donc la nécessité de mobiliser les recettes ou réduire les dépenses. Cependant, l’augmentation des recettes prend du temps et la réduction des dépenses est difficile et pénible. Enfin, le financement d’un déficit par des dépôts propres à la BCC ou de prêts de la BCC a un impact monétaire important très différent de celui des emprunts domestiques ou étrangers ou celui des dons.

Des revenus augmenteront à la fin de l’année

Dans exposé, M. Nicholas Staines, parlant de pressions de dépenses en 2017, a précisé que les revenus diminueront en 2017, mais augmenteront à la fin de l’année. Le déficit restera important sans réduction des dépenses et est susceptible de rester élevé. Entre-temps, le salaire et la dette représentent plus de 50% des dépenses. Toute réduction des dépenses devra venir de la moitié restante, peut-être de 25%. Mais il y a une pression à dépenser. Les dépenses ont considérablement diminué en termes réels (notamment les salaires) et les élections sont coûteuses.

Toujours en ce qui concerne la Rd Congo, le FMI a révélé que les besoins de financement budgétaire en 2016 ont été financés par les dépôts à la BCC et enfin par des avances de la BCC avec le même impact monétaire important. Cela a alimenté une forte expansion de la base monétaire de la BCC. L’injection des liquidités découlant de l’excès des dépôts bancaires à la BCC alimente la dépréciation et l’inflation.

Au regard de tout ce qui précède, pour stabiliser le taux de change et les prix en Franc congolais, la priorité doit être maintenant de réduire le déficit budgétaire et son financement par la BCC. Le Gouvernement fait déjà face au choix difficile entre réduire les dépenses ou continuer avec le déficit et l’inflation ainsi que la dépréciation de taux de change. Ou encore, le Gouvernement pourrait solliciter un soutien financier de la part des partenaires au développement sous forme des dons ou des prêts à faible taux d’intérêt. Et si le Gouvernement cherche, le FMI est prêt à fournir un soutien financier une fois que la situation politique sera clarifiée et stabilisée. Et ce, entendu qu’en dehors de son mandat qui est celui de maintenir la stabilité, le FMI a aussi des actionnaires qui ont un mot à dire.

Comme leçons à tirer, le FMI pense que c’est inutile et un gaspillage de réserves internationale de protéger le taux de change contre un choc prolongé de la balance de paiement. La pression sur le taux de change de la politique budgétaire est mieux traité par une baisse du déficit ou de son financement par des emprunts, leçon 1. Leçon 2, construire et maintenir un niveau adéquat des réserves de change de la BCC. Mais cela coûte cher et il y a un compromis avec les dépenses d’investissement. Mobiliser les ressources domestiques du Gouvernement (revenu et dette domestique) et améliorer l’efficacité des dépenses, leçon 3. Comme 4ème leçon, améliorer la coordination entre politique fiscale et politique monétaire. La BCC doit être capitalisée pour mettre en œuvre la politique monétaire. Il faut renforcer le système bancaire et améliorer sa supervision, réduire la dollarisation afin de faciliter la politique monétaire et l’ajustement en face d’un choc, et approuver un budget plus réaliste et crédible.

(Jean-Marie Nkambua)

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