Face à la grogne dans plusieurs entreprises Tshisekedi

Pour les Etats-généraux du portefeuille de l’Etat

Le coup de maître de Félix Tshisekedi, du reste salué par tous les Congolais, car il aura permis la reprise du trafic des bus Transco essentiels pour le déplacement des Kinois, ne devrait pas être un effet déclencheur de tous les mouvements sociaux dans les entreprises ou établissements publics en général et dans celles du portefeuille en particulier. Dans ce sens, la suspension du Directeur général de Transco ne devrait pas servir de cas d’école pour tous ceux qui veulent se débarrasser de leur équipe dirigeante.  C’est néanmoins le signe que le mal est profond, et qu’il appartient au Président de la République de ne pas porter les gants et de mettre le doigt partout, surtout là où ça fait mal, afin de redresser ces entreprises qui sont l’ombre d’elles-mêmes. Le mal est si profond qu’elles (ces entreprises) ne contribuent plus au développement de la République démocratique du Congo.  Sinon, en scrutant de près les raisons de la suspension du Directeur général de Transco, il n’est nullement établi des faits réels certifiés par un audit indépendant et crédible. Au contraire, sa suspension relève de la clameur publique, soit de certains agents qui ne voulaient plus de sa tête et qui étaient déterminés à lui faire payer certains problèmes réels de Transco, bien que ne relevant pas nécessairement de lui.

Car, après que les agents de Transco ont tout obtenu (payement des arriérés de salaires et de primes, suspension du Dg Michel Kirumba), le même mouvement  s’est transmué dans d’autres entreprises du portefeuille de l’Etat. C’est le cas de la SCTP (l’ex-Onatra), la SCPT (l’ex- OCPT) ou la SONAS. Ici, les agents ont durci le ton, exigeant le payement soit de 50 mois de salaires, soit de 4 mois, sans oublier la suspension de leurs Directeurs généraux. Mais étant donné que depuis le 24 janvier, un nouveau pouvoir issu des urnes s’est installé en République démocratique du Congo, il est de l’intérêt de tout le monde que les questions soient traitées globalement, pour arriver à l’adoption des mesures qui s’appliqueraient à tout le monde et à tous les niveaux. Car, dit-on, un chef écoute, analyse avant de prendre une décision. On ne cessera jamais de le dire, même s’il faut dorloter l’opinion à travers quelques mesures spectaculaires, il est de l’intérêt général que les choses ne soient faites dans la précipitation ou sur coup des invitations. C’est ici que certains proposent les Etats-généraux du portefeuille de l’Etat. Une occasion pour lui permettre de passer au peigne fin toutes les entreprises de l’Etat ou celles d’économie mixte, en vue de l’adoption des mesures de portée générale et procéder au changement de mandataires, le cas échéant.

Pour examen approfondi des entreprises : Transco, SCTP, SCPT, SONAS, etc.

Nombreux sont les Congolais qui estiment que la situation de chaque entreprise devrait être analysée au cas par cas. Une telle démarche permettrait d’aboutir à une feuille de route que le pouvoir actuel devrait conduire. Ce qui évitera des solutions ponctuelles comme chez Transco. En prenant l’exemple de cette entreprise, Transco est un établissement public de l’Etat dont la tutelle est assurée par le Vice-Premier ministre et ministre des Transports et voies de communications. Elle éprouve un problème sérieux, celui de renouvèlement de son charroi automobile et d’approvisionnement en pièces de rechange. L’Etat Congolais qui s’est engagé là-dessus, s’exécute tant bien que mal au prorata de sa trésorerie. En plus, Transco qui roule sur les mêmes routes que tous les Congolais, assiste impuissant aux pannes et autres accidents causés par l’état de routes en délabrement très avancé. Le challenge ici, c’est de réhabiliter les routes exploitées par Transco et pourvoir à l’approvisionnement des pièces de rechange.

Pour la SCTP, la SCPT et la SONAS, ce sont les entreprises du portefeuille de l’Etat qui souffrent des maladies connues de tout le monde et qui avaient justifié la réforme initiée par le Gouvernement de la République via le Copirep. Toutes ces entreprises souffrent de la mauvaise gouvernance qui les empêche de pouvoir atteindre des performances. La réforme qui devait les aider à avoir entre autres les états financiers assainis, a été foulée aux pieds, au profit de certains intérêts obscurs et certains positionnements politiques. Ainsi, un mandataire de l’Etat pouvait facilement s’empêcher appliquer la réforme, sans pour autant être inquiété. Surtout que sa tutelle, qui doit être un ministre, n’en sort pas toujours renforcée. En plus, certaines entreprises sont considérées comme des mères nourricières pour une catégorie de Congolais. Comme conséquence, la majorité de Congolais qui doivent bénéficier des services de ces entreprises, demeurent dans leur soif. Comment expliquer par exemple que la réforme prévoyait que l’ex-poste soit scindée en deux structures distinctes dont l’une s’occupant de la poste et l’autre de la télécommunication. Malheureusement, cette réforme n’a jamais aboutie suite au refus de différents mandataires. De même à l’ex-Onatra, la réforme a été stoppée net, parce que certaines autorités voulaient la privatiser et la confier au Groupe Bolloré. Que dire alors de la Sonas qui a vu la naissance de l’ARCA, sans oublier la promulgation de la loi sur les assurances ! Cette entreprise n’a pas réussi à se confirmer, mieux à adapter sa gestion au modèle des privés. En conséquence, elle demeure une charge pour l’Etat et qui exige des mesures spécifiques et urgentes.

Comme il a été démontré dans ce papier, il n’est pas question pour le nouveau président de la République de traiter individuellement la situation de chaque entreprise, mais d’organiser des Etats- généraux où des mesures communes seraient adoptées, pour le redressement de ces unités de production. Il y en a parmi ces entreprises qui sont à ce jour des tombeaux blanchis. Même si les agents ne réclament rien, ce n’est pas pour autant qu’elles soient bien gérées. Raison pour laquelle il faut des mesures qui vont rassurer une gestion orthodoxe de ces entreprises. Si cela n’est pas fait, il y a risque qu’on s’occupe de la surface et que les fondamentaux demeurent titubants. Il est de l’intérêt de tout le monde que le mandat de Félix Tshisekedi réussisse, en améliorant le quotidien des Congolais. Cette amélioration n’interviendra que lorsque toutes ces entreprises auront réformé la fourniture de leur service au profit des congolais. En plus, Félix qui a battu campagne à l’intérieur du pays, sait bien qu’il y a certains coins où il était constaté l’absence de l’Etat. Il devra alors s’investir pour l’y réhabiliter, en assurant et en fournissant des services de qualité aux Congolais.

Jean-Marie Nkambua

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