Exploitation aurifère dans le Haut-Uélé

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Un rapport de l’Ong Pax et CERN/CENCO s’attaque à Kibali Gold

Présenté au public Kinois le vendredi 02 octobre dernier, ce rapport est le résultat d’une étude menée suite à des enquêtes, dans l’objectif de mieux s’enquérir des risques sécuritaires dans le contexte de l’opération de Kibali Gold, première société minière de la nouvelle province de Haut-Uélé. Il dénonce ce qu’on qualifie d’« un état répressif au sein d’un état failli ». A toute fin utile, le rapport formule un certain nombre de recommandations à l’Etat, à la société en question ainsi qu’à la population riveraine.

« Géant minier Kibali : ôter les impuretés pour que l’or soit pur ». C’est l’intitulé de ce rapport que vient de publier conjointement l’Ong Pax et la Commission épiscopale pour les ressources naturelles de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CERN/CENCO). Lequel donne un aperçu de l’ensemble d’incidents et de facteurs marquants qui résultent d’une « insécurité structurelle » pour une grande partie de la population dans la concession de Kibali Gold, première société minière de la nouvelle province de Haut Uélé.

L’objectif de cette étude était de mieux cerner les risques sécuritaires dans le contexte de l’opération de Kibali Gold en tant que première mine industrielle aurifère de l’ancienne Province Orientale. Cette société qui est entrée en phase d’exploitation à partir de septembre 2013, après une relocalisation de 14 villages, constitués de 4216 foyers et 16.277 personnes.

Dans leur rapport présenté le vendredi 02 octobre dernier à Kinshasa, la CERN/CENCO et l’Ong Pax affichent une liste et analyse des incidents sécuritaires survenus lors des manifestations et d’autres moyens d’expression populaire concernant des évacuations des chantiers miniers après cette période de délocalisation. Elles estiment que, l’activité d’orpaillage, bien qu’elle soit illégale dans une concession privée, mais les forces de l’ordre étatiques utilisent trop souvent la force dans leurs tentatives de garantir la sécurité des opérations de Kibali Gold.

« De plus, les mêmes forces de l’ordre étatiques sont souvent fortement impliquées dans la tracasserie des orpailleurs », affirment les auteurs du rapport. Concernant cette situation de l’orpaillage dans la concession de Kibali Gold et les évictions, le rapport dénonce le manque de connaissance de la Loi congolaise et des plans de Kibali Gold et une situation floue par rapport aux responsabilités.

Le rapport accuse que « Kibali Gold a l’intention de faire évacuer tous les chantiers artisanaux, entre autres, en cas d’exploration. L’interdiction de l’orpaillage (qui est d’ailleurs conforme à la Loi) par Kibali Gold et les autorités, crée de fortes tensions au sein de la société locale. L’orpaillage est l’économie informelle dont vit la population locale. Même si les autorités publiques prennent clairement partie de Kibali Gold, elles reconnaissent toutefois les besoins de l’économie locale et les risques de ne pas encadrer ces besoins ».

Du manque de communication

Selon le rapport, un autre facteur important est le manque de communication efficace entre les parties prenantes (la société Kibali, les autorités publiques et la Société civile qui représente les communautés). Selon le rapport, ce manque de communication ouverte et d’informations fiables contribue aux tensions locales. Et que ces faiblesses sur le plan de la communication font pression sur les relations entre toutes les parties prenantes et incitent à provoquer des attentes irréalistes.

 

Le rapport fait également noter que malgré des avantages et des investissements substantiels apportés par la société minière Kibali Gold, la population riveraine de Watsa/Durba estime que ces avantages sont encore insuffisants. « Il semblerait que les emplois offerts par Kibali Gold soient insuffisants. Le manque total de redevance minière aggrave la situation. Les évictions des orpailleurs ont des résultats socio-économiques très négatifs, outre les craintes sécuritaires déjà mentionnées », dit le rapport de la CERN/CENCO et l’Ong Pax.

Le rapport a formulé des recommandations

Ce rapport accuse également le pouvoir public de s’aligner sur Kibali Gold. Aussi, l’administration publique dans la concession de Kibali Gold ne respecte pas suffisamment la liberté d’organisation et de manifestation de la population locale et de sa société civile.

Force de tout ce qui précède, la CERN/CENCO et l’Ong Pax formulent dans leur rapport conjoint des recommandations sur trois volets : sécuritaire, de la communication, et de la cohabitation. Notamment à l’endroit de l’Etat congolais, de la société Kibali Gold, à la population affectée par le projet ainsi qu’aux organisations de la société civile.

Une seule recommandation conjointe à l’endroit de l’Etat congolais et de la société Kibali Gold sur le plan de la communication est de communiquer les engagements mutuels et le rôle de chacun en général et surtout lors des opérations d’éviction ainsi que les procédures de plaintes pour chaque partie. A l’issue des échanges après la présentation du rapport, le directeur général de Kibali Gold, M. Cyrille Mutombo, a pour sa part, démenti tous les faits reprochés à son entreprise et s’est même attaqué à certaines recommandations.

(Lepetit Baende)

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