Evaluation du processus électoral: La CASE remet en cause le rapport de la CENCO

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La Commission Africaine de Supervision des Elections (CASE) demande à la Conférence Episcopale Nationale du Congo de réévaluer son rapport d’observation qui souffre de faiblesse et de manque de professionnalisme. Il en est de même de la population qui devrait se soustraire des débats relevant exclusivement du domaine des élections, domaine strictement réservé aux experts électoraux telle est la quintessence de la déclaration nous parvenue à la Rédaction du Quotidien l’Avenir.

Nul n’ignore que la CENCO est l’une des structures d’observation du processus électoral national en République Démocratique du Congo. Partant, elle est celle qui a mis la poudre au feu dans la contestation des résultats des élections présidentielle et législative nationales.

Depuis lors, la machine électorale va de contestation en contestation, de remise en cause en remise en cause par la simple volonté d’une curie hostile au régime en place.

C’est le jeudi 17 et vendredi 18 décembre 2015, que la Commission Africaine pour la Supervision des Elections a réuni ses 74 réseaux et organisations partenaires, afin de faire une évaluation objective de la situation électorale de la République Démocratique du Congo.

La déclaration d’observation n° 5115 de cette dernière, tient à alerter les forces vives de la Nation sur le danger que court la RDC à 11 mois de la date prévue pour l’organisation des élections législatives nationales et présidentielle. Pour la CASE, 11 mois prévus est raisonnablement trop court pour couvrir les différents défis techniques qui s’imposent au processus électoral au pays de Lumumba, indique le document nous parvenu à la Rédaction.

Le Parlement, les politiques et les médias rappelés à l’ordre

Dans la même optique, la CASE déplore la sourde oreille observée par les élus du peuple ainsi que les sénateurs qui ne se préoccupent pas à vider les questions législatives qui minent le processus électoral. La Case s’insurge par ailleurs que les représentants du peuple au Parlement se soient précipités à aller en vacances parlementaires, sans se préoccuper du délai dit Constitutionnel.

La même déclaration met en garde tous les acteurs politiques tant de la Majorité que de l’opposition qui instrumentalisent médiatiquement la population par de déclarations tendant à nuire le processus électoral. Ceci dit, la CASE invite toute la population à se désolidariser des acteurs politiques du débat relevant exclusivement du domaine des experts électoraux. Question d’éviter à la nation des campagnes de manipulation qui risquent, à la longue, de jeter la RDC dans la torpeur et l’angoisse.

La même déclaration appelle tous les opérateurs des médias à infliger une interdiction aux acteurs politiques de communication technique sur les questions électorales puisqu’ils sont visiblement profanes en la matière, ajoute la déclaration.

Les observations relevées par la CENCO ne reflètent que des faits imaginaires et non fondés

Les inquiétudes de la CASE sont manifestes du fait que le rapport d’observation de la CENCO pour la période d’août à décembre 2015 étonne par ses graves faiblesses de forme, d’approche méthodologique et d’affirmations gratuites. Ce rapport, indique la Commission Africaine pour la Supervision des Elections, mérite d’être réévalué.

La Case relève qu’à la page 28 ce rapport fait mention de ses observateurs rencontrés sur terrain. Ce qui donne droit à la Case de porter à l’attention de l’opinion publique que ses Observateurs Long Terme n’ont jamais signalé un quelconque entretien à l’initiative de leurs collègues de la Cenco. « Concrètement, sans chercher à verser dans une quelconque polémique d’association du domaine de l’Observation électorale, la plateforme CASE qui prend acte du rapport, a procédé à une analyse technique dudit rapport et rappelle à l’opinion publique qu’elle est la seule et unique structure désignée par ses pairs de la société civile plurielle pour appuyer la grande Commission Education Civique et Observation Electorale représentative de toutes les organisations en charge de l’observation des élections en RDC », fait mentionner la déclaration de la CASE. La Commission souligne une fois de plus que le travail d’observation n’a pas couvert 4 mois comme prétend le rapport de la CENCO plutôt, 3 mois indique-t-elle.

A en croire la CASE qui s’inquiète du fait que, la CENCO n’a jamais observé les opérations pré-électorales d’envergure telles que : fiabilisation du fichier électoral, les cartographies, la publication des calendriers électoraux, l’animation des cadres de Concertation, le recrutement du personnel administratif par le CADICEC, l’audit du fichier l’électoral, l’enregistrement des candidatures aux élections provinciales et les nouvelles mises en place des membres de la CENI », précise la déclaration.

De ces faits, la CASE craint que les observations relevées par la CENCO ne reflètent que des faits imaginaires et non fondés. Elle prétend, souligne la déclaration avoir observé une campagne électorale qui n’a jamais eu lieu, le calendrier électoral global du 12 février 2015, ayant souffert d’applicabilité. « Plus grave, ce rapport prend en charge les élections urbaines, municipales, locales, provinciales, législatives et présidentielle de 2015 et 2016, alors que tous ces scrutins prévus ne sont pas encore au rendez-vous », indique la déclaration.

Recommandations de la CASE

En somme, eu égard aux graves faiblesses de forme, de fond, d’approche méthodologique et de manque de vérité vérifiée ; la CASE recommande à la CENCO de réévaluer sans délai son rapport d’observation et de présenter des excuses à la nation et aux partenaires pour ce manquement de professionnalisme ; de soumettre les 102 observateurs Long Terme qui ont travaillé dans cette enquête à un renforcement des capacités en observation électorale et s’ouvrir aux autres organisations du domaine pour bénéficier de leur expérience.

A la CENI de tirer la leçon du rapport et inviter la CENCO à procéder à des corrections profondes dudit rapport ; appuyer la CENCO par une formation de spécialisation en observation électorale et exploiter les différents rapports d’observation avant de prendre acte desdits rapports.

Quant aux bailleurs de fonds et ceux qui ont financé la mission d’observation de la CENCO il leur est demandé d’évaluer en profondeur les forces et faiblesses du rapport et d’en tirer toutes les conséquences, d’exiger un rapport détaillé des différentes affirmations énoncées par ledit rapport afin d’en cerner avec exactitude les forces et les faiblesses et enfin d’évaluer les réalisations concrètes de toutes les structures bénéficiaires de financement afin de mieux orienter la suite du travail des observateurs.

Au Centre Carter, à l’Union européenne et à la Société civile de la RDC de ne pas hésiter de faire observer aux observateurs électoraux congolais, quelle que soit leur posture, les qualités appréciables ou non de leur travail de terrain ; appuyer les missions domestiques d’observation des élections pour améliorer leur niveau de professionnalisme ; de ressaisir vis-à-vis des partenaires et aider la CENCO à renforcer son dispositif d’observation électorale et approfondir le niveau de formation des OLT afin d’améliorer l’image des élections congolaises.

De ce fait, la CASE se met à la disposition de toutes les organisations du domaine de l’observation électorale pour apporter sa part de contribution afin que ces missions d’observation obéissent au standard internationalement requis.

(Pius Romain Rolland )            

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