Etienne Tshisekedi, un énième rendez-vous manqué

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Ses échecs sont ses victoires ! Alors qu’en politique c’est le résultat qui compte et non la confrontation. Les pères historiques fondateurs de l’UDPS l’ont compris, 34 ans de lutte acharnée contre la dictature, doublé de celle contre la libération de l’AFDL, l’UDPS n’a jamais exercé le plein pouvoir au regard de son poids politique et de son ancrage populaire. Un seul individu a déjoué tout le plan de ce parti, longtemps dans l’opposition. Est-ce une opposition constructive ? Une opposition destructive ? Une opposition haineuse ? Ou seulement opposition de facette ? L’opinion nationale est en droit d’être édifiée  sur la problématique de Rendez-vous manqué de ce grand parti, réduit à une boutique familiale et tribale par la volonté expresse de son président déchu doublement, par les pères fondateurs historiques du parti ; puis par les pionniers de l’UDPS. Le dernier épisode est la confrontation entre les partisans de Bruno Mavungu, Secrétaire Général limogé, et ceux de Félix Tshilombo Tshisekedi. Ce dernier est au cœur de tout drame qui survient dans ce parti avec la nomination d’un proche du richissime haut-Katangais Moïse Katumbi Chapwe, sociétaire et propriétaire de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, aile Etienne Tshisekedi. Ce dernier, ayant abdiqué le parti au regard de ses ennuis de santé d’une part et d’autre part faisant le bilan de son parcours politique soldé par un échec, n’en voulait plus compétir au scrutin de 2011. Ce, après avoir privé bon nombre des congolais, ses sympathisants du moins de droit de vote en 2005, lorsqu’il les invita aux boycottes d’enrôlement.

Somme toute, étant un grand parti de l’opposition, crois-t-on implanté sur le territoire national, l’UDPS n’a trouvé mieux que d’avoir une trentaine d’élus nationaux. Ceci est la conséquence de la boycotte de s’être enrôlé par les militants, laquelle conséquence est la résultante des résultats à la présidentielle croit-il, être élu président de la République avec un électorat moins enrôlé à l’ouest plutôt qu’à l’Est de la République. Au faite, pour l’UDPS et son président déchu, l’impérium tant réclamé est une victoire pour ce parti, alors n’étant pas à la gestion au quotidien de la Rex-publica.

Dans son parcours, Etienne Tshisekedi est l’homme au rendez-vous manqué dans l’histoire politique du pays. Depuis son divorce avec le Maréchal Mobutu pour des raisons propres à lui, muées dans la politique selon qui veut l’entendre de changement du système politique, de son compagnon Joseph-Désiré Mobutu lors de son premier coup d’Etat, le 05 septembre 1990 ; puis le second le 24 novembre 1965 jusqu’à la création de l’UDPS par les trois rédacteurs de la fameuse lettre de 52 pages (Joseph Ngalula Mpandanjila ; François Lusanga Ngiele et Lumbu Maloba), puis l’élargissement aux 13 parlementaires, le Sphinx de Limete ne s’est jamais assumé politiquement depuis qu’il a basculé dans l’opposition au régime qu’il a conçu, consolidé, (MPR) cimenté ; puis combattu.

Cela se vérifie par le fait que l’UDPS qui a réduit son combat politique à la volonté d’un individu à accéder au pouvoir, se voit vider de ses cadres, au point qu’Etienne Tshisekedi reste seul maitre à bord ; falsifiant et violant les statuts du parti, dénoncent les pères fondateurs historiques de l’UDPS.

Faudrait-il se poser la question : Pourquoi, tous les compagnons de l’UDPS se sont séparés d’Etienne Tshisekedi, au point qu’aujourd’hui, leurs veuves et enfants se rallient aux pères fondateurs historiques de ce parti ?

Pour certaines indiscrétions, ils avancent l’argument de la prophétie dite en son temps par Etienne Tshisekedi, que tout le monde va le quitter, dans sa constance, il va tenir bon.

Pour certains, le Sphinx a été au cœur de la guerre ouverte contre ses compagnons, dont certains n’ont pas pu supporter le culte de la personnalité, en ce que, tous les chants, animations, messages se disaient dans une des langues du pays, « Tshiluba ». Malgré les dénonciations de cette forme de culte personnalisé, rien n’a changé en son sein. D’ailleurs, Marcel Lihau l’avait dénoncé en son temps lors qu’il déplorait « La coterie tribale ». Ainsi, les compagnons se sont rendus compte qu’ils accompagnaient un seul homme dans ses ambitions démesurées et acharnement contre le Maréchal Mobutu, plutôt de se focaliser sur la promotion de leur projet de société, de la social-démocratie. Tout le combat de l’UDPS, n’en déplaisent aux septiques, s’est limité au combat personnifié et personnalisé. Le cas de le dire, même méthode utilisée contre Mobutu, est la même contre M’Zée Laurent Désiré Kabila et Joseph Kabila.

Le rouleau d’étranglement qui avait déplu tous ses compagnons est la bourde commis au Palais de Marbre, après moult négociation avec le Maréchal Mobutu au poste de premier ministre. Etienne Tshisekedi biffa la mention constitutionnelle de Garant de la Nation, déniant cette qualité au Président de la République, fut-il Mobutu.

L’opinion et les analystes politiques ne cessent de s’interroger sur cette attitude, si jamais Etienne Tshisekedi serait élu et/ou désigné Président de la République un jour, serait-il capable d’admettre et/ou rejeter la qualité lui reconnue par la Constitution de Garant de la Nation ?

Outre cette erreur monumentale qui lui a valu les réprimandes de ses collègues sur l’avenue des écuries dans la commune de Ngaliema, l’opinion n’a cessé de le déifier comme celui qui a affronté Mobutu, rejeté sa proposition et lui manqué du respect. Politiquement, l’homme s’est enterré au point que le Sénégal s’est impliqué avec Abdoulaye Wade. L’ancien président de la République Sénégalaise, alors opposant à Abdou Diouf s’était résolu dans ses conclusions après consultations avec la classe politique identique à celles que font Edem Kodjo, dire : « Il n’y a pas d’homme politique au Zaïre ». Cette conclusion a abouti à la désignation et nomination de Jean de Dieu Nguz-A-Karl-I-Bond comme premier ministre. Du coup, l’Union Sacrée de l’Opposition Radicale s’est transformée en l’Union Sacrée de l’Opposition Radicale Libérale, à la tête les déçus du comportement d’Etienne Tshisekedi qui a laissé filé le pouvoir tant convoité. Rendez-vous manqué !

Le même scénario risque de se reproduire au lendemain du Dialogue. Après avoir donné les assurances de sa participation, malgré sa lecture biaisée de l’Accord Cadre d’Addis-Abeba et de la Résolution 2277, Etienne Tshisekedi qui en a appelé plusieurs à l’arbitrage de la Communauté internationale au point d’exiger la présence des Etats Unis au dialogue national politique de la RDC, tous les signaux étaient on n‘en peu plus clairs, que l’homme au rendez-vous manqué multipliait les échappatoires à ne pas prendre part au dialogue, puisque ses contraintes en déplaisaient même ses protégés de la Communauté internationale. Dans ce même chapitre, l’opinion ne cesse de se demander comment un homme qui veut accéder au pouvoir en appliquant le Droit de l’Homme comme crédo de son combat, exigé de la justice la cessation de poursuites des gens qui sont dans son entourage alors, en conflit réel avec la justice ? Comment exiger de la même justice la libération des acteurs politiques poursuivis pour faits infractionnels de droit commun ? Quelle est la lecture de la communauté internationale sensible à la violence sexuelle et viol sur mineure puisse accorder du crédit à un homme qui va à l’encontre même de son état de Droit ?

De la même chose qu’Abdoulaye Wade n’avait pas trouvé d’homme politique au Zaïre, de la même manière, nous ne sommes pas loin qu’Edem Kodjo en arrive à la même conclusion, surtout avec l’audience accordée aux Pères fondateurs historiques de l’UDPS qui ont donné leur accord de principe de prendre part au Dialogue ce, après avoir déchu Etienne Tshisekedi de son poste de président national, l’accusant de falsification et violation des statuts du parti, en plus des actes de mauvaise gestion des fonds du parti. Ainsi, le Sphinx est interdit d’engager le parti, ni d’en utiliser les symboles.

Ne craignons-nous-t-il pas, qu’un autre rendez-vous manqué dans le parcours politique d’Etienne Tshisekedi se confirme ?

Aux oreilles bien sensibles et aux yeux clairvoyants de suivre la marche politique du pays, le temps ne se trompe jamais.

(Pius Romain Rolland)

 

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