Etienne Tshisekedi: combattant ou opposant ?

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Nombreux sont ceux qui croient au combat politique d’Etienne Tshisekedi, depuis l’époque où il s’était séparé de son meilleur ami, Mobutu Sese Seko. Le Maréchal qui avait pris le pouvoir au lendemain de son premier coup d’Etat, le 05 septembre 1960, en écartant Patrice Emery Lumumba. Il l’a réédité le 24 novembre 1965, avec son tout premier Gouvernement dit des Commissaires généraux. Parmi les membres, Etienne Tshisekedi, Commissaire général à l’intérieur, (Ndlr Ministre de l’intérieur).

De tout le temps, le Sphinx a évolué aux côtés du Maréchal Mobutu, du 05 septembre 1960 jusqu’en 1982, soient 22 ans de partage du pouvoir. Savourant le délice du pouvoir, jusqu’en 1966 lorsque le Maréchal avait pendu les conjurés de la Pentecôte (Emmanuel Bamba, Jérôme Anani, Alexandre Mahamba, Evariste Kimba, respectivement Sénateur et dignitaire de l’église Kimbaguiste ; Ministre de la Défense et Ministre des affaires foncières dans le Gouvernement Adoula et Premier ministre jusqu’en novembre 1965).

Au lendemain de la pendaison, Etienne Tshisekedi dans une interview, déclarait : « Le même sort et châtiment seront réservés à quiconque oserait troubler le pouvoir ». Ce scenario, avait choqué l’humanité entière, six ans après l’assassinat de Patrice Emery Lumumba, en ce que, ces propos d’Etienne Tshisekedi sont ceux d’un démocrate qui se bat pour la justice, l’Etat de Droit et respect de la Constitution aux différents régimes qui se sont succédé. A quand ces familles ont-elles été remises dans leur droit après avoir perdu leurs êtres chers au régime d’Etienne Tshisekedi ?

A en croire le Maréchal Mobutu qui parlait de son opposant Etienne Tshesekedi, il affirmait lors d’une interview dans son luxueux bureau « L’opposition selon vous c’est quoi ? Ne dites pas est-ce que les aigris ont un certain droit au Zaïre ? Je vous dirais Oui ! Les aigris, ça existe dans mon pays. Lorsque Tshisekedi a été mon ministre de l’Intérieur ; mon ministre de la Justice ; lorsqu’il a été pendant 7 ans vice-président de notre Assemblée nationale ; Président Délégué général d’Air Zaïre ; Ambassadeur. Depuis qu’il a perdu tous ces titres il devient aigri et pour vous c’est un opposant ? », avait déploré le Maréchal Mobutu en son temps. Parlant des 13 parlementaires, le défunt Président disait que leur statut maintenant (pendant ce temps-là) est celui que les juristes appellent « une mort civile », en quelque sorte. « C’est à eux de se conduire pendant cette période convenablement. C’est tout ! C’est le même Mobutu qu’on chantait hier, avant-hier qu’on le traine dans la boue. Non ! Ne confondez pas les choses », avait-il défié. Et d’ajouter, qu’il n’avait pas besoin qu’Etienne Tshisekedi revienne comme chantre de son régime, car, soutient le Maréchal, il a besoin de 27 millions de Zaïrois qu’il dirige et non de quelques aigris. « Le chien abois, la caravane passe. C’est de la caravane de 27 millions que j’ai besoin et non d’un aigri », avait-il juré.

Le radicalisme fondamentaliste et/ou vents multiples ?

56 ans après l’accession à la souveraineté nationale et internationale de la République démocratique du Congo, bon nombre de ses fils se comportent comme les enfants s’allaitant aux mamelles des leurs mères. Pourtant, disposant de 32 dents, ils ont toujours besoins du lait fermenté. Cette situation s’observe davantage dans la classe politique congolaise. Certains ont choisi la voie de recours au colon à chaque fois qu’un différend surgit entre eux. En homme mature, ils sont incapables de le résoudre sans aide extérieure.

C’est le cas de le dire, lorsque l’équation avait été résolue à Genval, banlieue belge avec la présence simultanée des anti et pros dialogue.

Ceux qui prônent la mobilisation et/ou soulèvement populaire sans en avoir les ressources et ceux qui sont favorables à la transition destinée à mettre de manière consensuelle en place un processus électoral apaisé.

Aussi, pensons-nous que les assises de Genval avaient pour principal enjeu de bâtir l’unité de l’opposition. Seulement, la question que les analystes et observateurs avertis ne cessent de se poser est de savoir sur quelle base, lorsque l’opposition est traversée par les vents multiples et contraintes, alimentés par des luttes de positionnement querelles de leaderships. Ceci s’est vérifié avec l’attitude du Président national de l’UNC. Vital Kamerhe a boudé l’axe Etienne Tshisekedi-Moïse Katumbi Chapwe qui marginaliserait ses ambitions politiques à la présidentielle, lorsque tout le monde convoite le fauteuil présidentiel à la succession de l’actuel Chef de l’Etat.

Les analystes et observateurs soutiennent par voie de conséquence qu’au regard du dernier score réalisé aux échéances électorales de 2011, Vital Kamerhe a perdu 5 années durant entrain d’alimenter des querelles, au lieu de se constituer une base électorale solide et susceptible de le rendre capable d’affronter la présidentielle, au cas où il en aurait l’ambition.

L’imprévisible capable de balayer n’importe quel deal…sans état d’âme

Reste que les vents contraires, on les sent dans le discours de certains membres du G7 réticents à la stratégie de Moïse Katumbi Chapwe qui consiste à ligoter et coller le G7 à l’Udps et, pour certains de ses acolytes qui ne dédaignent pas de négocier avec le pouvoir en coulisse sans avoir résolu l’écueil de l’imprévisibilité légendaire du leader maximo de l’Udps, Etienne Tshisekedi, capable de balayer n’importe quel deal d’un revers de la main, et sans aucun état d’âme.

Qu’on s’en félicite, ou qu’on le déplore, les mêmes réticences sont observées au sein de l’Udps. Nombreux sont les cadres qui boudent l’axe avec Moïse Katumbi. Au-delà des rumeurs qui sont vérifiables sur les fonds touchés par des cadres soupçonnés d’un activisme excessif en faveur de l’ancien gouverneur de l’ex province du Katanga, des questions continuent à alimenter la chronique sur l’origine du financement des assises de Bruxelles de l’opposition.

Il faut dire que l’Udps ne semble toujours pas avoir défini de stratégie définitive et cohérente sur les enjeux en cours, au point que des télescopages se multiplient entre cadres, sur les options à lever.

C’est le cas des stratégies et décisions qui se prennent sur le dos du Secrétaire Général de l’Udps, devenu une caisse de résonnance sans initiative, lorsque deux membres de l’Udps ont été envoyés prendre contact quant à la mise sur pied du comité préparatoire auprès d’autres partis de l’opposition.   L’imbroglio c’est que, la famille biologique a l’ascendance sur les décisions du parti, pourvu que le Sphinx joue sa dernière carte politique à la proche des échéances électorales de 2016. Que dira-t-il de l’enrôlement des nouveaux majeurs ? Va-t-il les inciter à l’enrôlement ou rééditer son appel de 2005, lorsqu’Etienne Tshisekedi invita ses sympathisants à ne pas s’enrôler ?

Dialogue, voie royale

Au cœur de tous les vents contraires qui traversent la scène politique nationale, la question qui se pose finalement à l’Udps est celle de savoir ce que va faire Etienne Tshisekedi. Cet opposant à tous les régimes est tout de même celui qui a réussi à faire l’offre d’un dialogue à l’ensemble de la classe politique nationale comme voie royale de sortie de la perspective d’un processus électoral apaisé. C’est aussi le même Tshisekedi qui a réussi à mobiliser presque toute l’opposition à Bruxelles.

Tout le problème ce que le dialogue est toujours incompris aussi bien dans le propre camp de l’Udps qu’au sein même d’une certaine opposition en retard de radicalisation et qui n’a jamais été en mesure d’offrir une solution de rechange crédible. Ici, il s‘agit d’enlever tout prétexte aux opposants désireux de boycotter le dialogue, alors que la communauté internationale comme oreille de l’opposition l’a facilité à obtenir tout ce qu’elle a désiré. Cependant, l’on constate que dans le chef de l’opposition et d’Etienne Tshisekedi, les revendications se succèdent jusqu’à aller au-delà du tolérable, estimant par voie de conséquence que l’opposition est en droit de tout réclamer er l’obtenir.

Attention à ces revendications qui énervent parfois la communauté internationale qui se lasse, puisque la Majorité dans ses réserves, n’a à l’heure actuelle ni revendiqué ni posé ses préalables.

Attention au spectre de que voleur ni crie pas au voleur. Quelle garantie Etienne Tshisekedi offre-t-il à ceux qui proposent une mobilisation tous azimuts et face à l’absence de garanties de bonne fin du dialogue national inclusif ?

(Pius romain Rolland )

 

 

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