Etienne Tshisekedi à Kinshasa: Un retour dans la douleur

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A bord de son jet qui l’a transporté pour Kinshasa, Etienne Tshisekedi en compagnie de son épouse Marthe Tshisekedi. Ph/Pius Romain Rolland
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C’est un Tshisekedi extrêmement affaibli, à la fois par le poids de l’âge et les effets de lourds traitements médicaux qu’il suit, qui a atterri, comme prévu, hier mercredi 27 juillet à 14h00, à l’aéroport international de N’Djili. Les terribles inquiétudes étalées dans la presse nationale et internationale sur son état de santé, ont été malheureusement confirmées lorsque les portes de l’appareil médicalisé qui le transportait se sont ouvertes. Le président de l’UDPS a mis 50 longues minutes pour sortir de l’appareil. Etait-ce 50 minutes pour l’apprêter, pour le shooter ? En tout état de cause, l’équipe médicale belge qui l’accompagne est restée aux aguets et ne l’a point quitté d’une semelle, afin de l’assister à la moindre baisse de forme. Dans ces conditions où son corps de 83 ans, qui a tant donné pour la démocratisation de notre pays et qui demandait, à juste titre plus de repos que de longs trajets- déconseillés d’ailleurs par ses médecins, il est permis de se demander pourquoi et pour qui son entourage l’expose à un tel calvaire.  Le retour de Tshisekedi est tout sauf une partie de plaisir.

Viendra ne viendra pas! Finalement Etienne Tshisekedi est de retour sur son sol natal, après deux ans passés en Belgique, pour raison de soins médicaux.

Son retour a été massivement salué par les militants de son parti et une infime partie du peuple, qui a accouru, par curiosité, vers le boulevard Lumumba, artère qui relie l’aéroport de N’Djili au centre-ville. Les forces de police ont sécurisé l’opposant historique et lui ont permis d’exercer une de ses libertés fondamentales, le droit d’aller et de venir. Et de surcroit, celle d’exprimer une opinion contraire à celle du pouvoir en place sans crainte d’être arrêté. La Rd Congo a, en cela, faut-il le rappeler, fait du chemin.  Mobutu n’aurait sans doute pas laissé Etienne Tshisekedi prendre un bain de foule   de la manière dont on l’a vécu hier à Kinshasa. On aurait déploré des milliers de morts, des blessés et des arrestations arbitraires. Autre temps, autres mœurs: Le Président Joseph Kabila est profondément différent. Hier, malgré des insultes proférées sur le Chef de l’Etat, la police a fait preuve d’un grand professionnalisme. Aucun incident, aucune victime. Toute tentative de débordement a été rapidement maitrisée pour la sécurité du Sphinx de Limete et de tous ses partisans.

Dès lors, en dépit des analyses faites à l’emporte-pièce prétendant, à tort, qu’il n’existerait pas d’Etat de droit, la démocratie en République démocratique du Congo est une réalité vivante. Encore une fois, le retour d’Etienne Tshisekedi en est une parfaite illustration. De même, l’acharnement récurrent contre l’actuel Chef de l’Etat, venant de l’Occident, qui l’accuse de restreindre la liberté d’expression, la liberté de mouvement est sans objet et donc imaginaire.

On a beau affublé la Rdc de tous les péchés d’Israël, il est indéniable qu’elle est le seul pays en Afrique où les opposants au régime en place vivent librement et bénéficient de l’espace médiatique pour forger l’opinion.

Le retour, sans heurts d’Etienne Tshisekedi a donné l’occasion à Joseph Kabila de prouver à la face du monde qu’il est réellement le père de la démocratie en République démocratique du Congo.

L’Occident, en complicité avec certains fils du pays, s’est évertué pourtant à discréditer l’image de ce pays, au motif erroné que les droits de l’homme n’y seraient pas respectés.

Ce fut exemplaire. Tout compte fait, Etienne Tshisekedi n’avait pas fui le pays en raison de démêlés politiques et/ou judiciaires. Il est parti en Belgique pour des soins médicaux appropriés. Il souffre de plusieurs pathologies : glaucome, diabète, prostate et hypertension. Ce sont toutes des affections de longue durée. Certes, il n’en est visiblement pas guéri. Pis, il est plus affaibli qu’il y a deux ans. Mais puisque, semble-t-il, son entourage l’a forcé à revenir au pays, il l’a fait. Et personne, dans ce pays démocratique, ne pouvait l’en empêcher. Quoi de plus normal qu’un accueil, digne de celui réservé à un fils qui a échappé à la mort lui soit manifesté, en tant africain.

L’Avenir

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