Etalage des aliments à même le sol: Des vendeuses du marché Delvaux témoignent

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Le marché à même le sol, une scène courante à Kinshasa (ph tiers)
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Dans les marchés de Kinshasa, l’insécurité alimentaire est une réalité éprouvante. A ce sujet, des témoignages divergent sur l’insalubrité au marché, source de l’insécurité alimentaire : l’exposition de marchandises à même le sol (comme le démontre la photo ci-contre) et l’écoulement des produits avariés, sont autant de facteurs qui contribuent à l’insécurité alimentaire au marché Delvaux dans la commune de Ngaliema. Des vendeurs et vendeuses désertent les tablettes pour exposer leurs marchandises à même le sol, et généralement à l’entrée et à l’extérieur du marché. Les aliments sont ainsi exposés à la poussière et aux microbes. Pendant ce temps, des tablettes sont inoccupées à l’intérieur du marché. D’autres vendeuses, par motif de conscience, se justifient: « toutes les tablettes sont déjà occupées, c’est  pour cela que nous nous retrouvons entrain de vendre au sol. Mais cela ne nous empêche pas de payer la taxe journalière comme tous les vendeurs », disent-ils.

Cette situation est devenue familière à la population kinoise, si bien que les ménagères n’hésitent même pas pour la santé de leurs enfants, elles s’approvisionnent auprès de ces vendeurs qui exposent des marchandises à même le sol. En effet, toutes les catégories de marchandises sont ainsi traitées, même les produits alimentaires.

Des vendeuses du marché Delvaux se confessent

Mme Ida (mère de famille, vendeuse de légumes). Selon son témoignage, elle est à sa 5ème année dans la vente de ces aliments. Quant à savoir pourquoi elle expose sa marchandise au sol, elle a évoqué l’insuffisance de tablettes au marché. « Il n’y a pas assez d’espaces au marché, et nous n’avons pas d’autre choix que d’exposer les légumes au sol. Si je ne fais pas comme cela, je ne saurai pas m’en sortir avec mes charges. D’ailleurs, toute ménagère sait bien qu’avant de préparer, il faille très bien laver les légumes. Notre souci est que les autorités nous construisent un grand marché ici à Delvaux. Il existe déjà un marché dans cette partie de la commune de Ngaliema. Seulement, cela n’est pas assez vaste pour offrir des espaces à toutes les demandes.

Mme Adèle (mère de deux enfants, vendeuse de bananes-plantains). Elle aussi expose sa marchandise à même le sol. Dans son témoignage, elle a fait comprendre que la situation devenant intenable, elle n’a pu continuer à rester à la maison. Même sans disposer de tablette au marché Delvaux, elle expose sa marchandise à même le sol. Il n’y a pas assez de places pour entrer dans le nouveau marché. Les gens vont consommer nos marchandises, et nous les protégeons bien. Nous étalons un sac, et c’est sur cela que nous plaçons les plantains.

Viviane (une jeune vendeuse de poissons salés). Elle n’est pas ancienne dans ce domaine. Etant l’aînée de sa famille, elle exerce cette activité pour prendre soin de sa mère, et de ses frères et sœurs. Elle aussi est dépourvue de tablette, a-t-elle témoigné. Pour étaler sa marchandise, a-t-elle confié, elle balaie d’abord sa place puis pose un sac vide au sol. Après, elle étale les poissons salés. En plus, elle se munit d’un éventail dont elle se sert pour chasser des mouches. 

L’insalubrité appelle l’insécurité alimentaire  

En effet, une infirmière a démontré que vendre à même le sol, c’est contre l’hygiène. Il y a beaucoup de microbes dans notre capitale, liés à une forte présence de tas d’immondices. Il est donc impérieux de bien protéger les aliments qu’on vend au marché, pour la santé des gens.

Un père de famille a, lui, lié la dégradation courante de l’environnement à l’apparition et la montée de maladies d’origine alimentaire, comme la typhoïde, le choléra, la diarrhée.

(Jackie Bueya, stagiaire UPN)

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